Société

Paris : les crises cardiaques sont 5 fois plus nombreuses dans les gares

Par Martine Bréson, France Bleu Paris mercredi 8 avril 2015 à 12:21

 La gare de Lyon (Paris)
La gare de Lyon (Paris) © Jourjcommunication

Le risque d’avoir un accident cardiaque dans les grandes gares de la capitale est 5 fois plus important que dans les lieux touristiques, c’est ce que révèle une étude de l’Inserm publiée en mars 2015.

Où avez-vous le plus de risque d’avoir une crise cardiaque ? Réponse : dans les grandes gares parisiennes. A la gare de Lyon, la gare du Nord, la gare de l’Est, la gare Montparnasse et la gare Saint-Lazare , le nombre de crise cardiaque est cinq fois plus élevé que dans les musées alors que la densité de population est semblable. C’est ce qui ressort de l’étude des chercheurs de l’Inserm (l’Institut national de la santé et de la recherche médicale) sur la répartition géographique des accidents cardiaques publiée en mars. Les chercheurs ont étudié les attaques cardiaques qui ont eu lieu dans les rues de Paris entre 2000 et 2010.

Les accidents cardiaques concentrés dans les gares

Pour mener à bien leur étude, les chercheurs, grâce aux données des pompiers, ont localisé avec précision les 1255 accidents cardiaques déclarés durant ces dix ans sur la voie publique parisienne. Avec l’Atelier parisien d’urbanisme, ils ont ensuite reporté leurs données sur une carte de Paris où les gares, les musées ou encore les centres commerciaux étaient indiqués ainsi que les équipements urbains et la densité de population. C’est donc dans les gares qui représentent moins de 1% de la surface de la ville que se concentrent près de 20% des arrêts cardiaques . Il semble que ce sont les mouvements de foule plus que le nombre de personnes présentes au même endroit qui entraîne des arrêts cardiaques chez des personnes fragiles.

Le stress certainement à l’origine des arrêts cardiaques

Les chercheurs ne savent pas avec précision pourquoi les crises cardiaques sont plus importantes dans les gares. Ils soupçonnent quand même le stress physique et psychologique produit par les déplacements et les transports d’être un facteur aggravant.

Davantage de défibrillateurs dans les gares

Suite à leur étude sur les lieux parisiens où se produisent les arrêts cardiaques, les chercheurs recommandent l’installation d’un plus grand nombre de défibrillateurs dans les gares . Depuis 2007 si les défibrillateurs sont de plus en plus nombreux dans la ville, le choix de l’endroit où ils sont placés est aléatoire indique le rapport de l’Inserm. C’est pour que le maillage soit plus efficace que les chercheurs ont mené cette étude. Le responsable de l’étude, Eloi Marijon, indique également qu’il faut "continuer à sensibiliser le grand public à l’utilisation des défibrillateurs encore trop rarement utilisés en cas de problème".

En France, les arrêts cardiaques, font environ 40 000 victimes par an. Ils touchent surtout des personnes plutôt jeunes. Le taux de survie ne dépasse pas actuellement 3%, alors qu’il atteint 15 à 20% à Seattle par exemple. Dans 90% des cas, la mort subite a pour origine un trouble cardiovasculaire. En Ile-de-France, 3 500 personnes sont concernées chaque année et sur les 450 personnes qui sont prises en charge dans les services de réanimation, seules 150 survivent.