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Société
Dossier : Paroles de mineurs

PAROLES DE MINEURS - Antoine Piras, mineur de fond

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Par , , France Bleu Saint-Étienne Loire, France Bleu

ÉPISODE 1 - Dix portraits, dix vies, une mine. France Bleu Saint-Étienne Loire vous propose pour cette première rencontre de découvrir Antoine Piras, un mineur de fond. Quelle était sa vie à plusieurs centaines de mètres de profondeur ?

Antoine Piras, mineur de fond
Antoine Piras, mineur de fond © Radio France - Alexandre Czuczman

"C'est difficile de parler de ça, car vous, vous ne savez pas ce que c'est le charbon." Antoine Piras a commencé la mine à 14 ans, à la fin de l'année 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale. "J'ai toujours travaillé à la mine depuis ça, j'avais quatorze ans à l'époque." 

Plus de trente-deux ans au fond

Après avoir commencé dehors au Puits de la Loire, il a ensuite fait tous les métiers du fond. "J'ai mené les chevaux. Ils servaient à tirer des bennes qui transportaient soit du charbon, soit des chariots qui transportaient du bois. Toutes des matières qui servaient pour les mineurs du fond. J'ai boisé (les tunnels), j'ai piqué le charbon, j'ai fait un peu tous les métiers."

"Parce qu'on se chauffait au charbon"

Les traces du passé dans le corps

La mine a des conséquences sur les mineurs bien après leur départ en retraite. Des marques physiques, des problèmes de santé et encore beaucoup de souvenirs. Trente-deux ans d'une vie au fond de la mine, avec autant de temps au contact du charbon et de la silice, cela laisse des traces : la silicose. Antoine Piras est silicosé à 55% et vit toujours avec sa "maladie"

"La silicose, c'est une maladie évolutive. Enfin, il ne faut pas dire que c'est une maladie, c'est un accident du travail" - Antoine Piras, ancien mineur de fond

La silicose ne se transmet pas. "C'est de la poussière qu'on avale, et dans cette poussière il y a plus ou moins de silice. Cela bouche les poumons. Ce sont des accidents de travail. Cela a été reconnu bien après. L'endroit où l'on prenait le plus de silice, c'est là où j'ai travaillé, c'était au puits de la Loire, là où le charbon était très très poussiéreux. Quand le charbon tombait par terre, il y avait une poussière d'un centimètre. On ne pensait pas à tout ça, on était jeunes."

La salle des pendus du Puits Couriot à Saint-Étienne - Radio France
La salle des pendus du Puits Couriot à Saint-Étienne © Radio France - Olivier Roché

La cage

Lors de la descente vers le fond, Antoine se souvient des gestes, des objets. "Le matin, on prenait sa lampe. On allait au lavabo. On se changeait en tenue de travail. Et on descendait au fond de la mine."

"La sensation de la cage qui nous descendait au fond... La vitesse qu'elle prenait... Quand elle arrivait au milieu, on avait l'impression de remonter. On voyait la vitesse et puis le ralentissement. Comme quelqu'un qui saute en parachute, c'était cette sensation. Pour d'autres c'était la peur."

"Le fond c'est très très dur. Le premier jour au fond, je ne me suis pas levé. Je m'endormais en mangeant, j'ai été me coucher et je me suis levé quand mes parents m'ont appelé le matin pour aller travailler." - Antoine Piras, ancien mineur de fond

Des photos, des souvenirs du fond - Radio France
Des photos, des souvenirs du fond © Radio France - Elsa Piquet

Être un bon mineur

"Pour être un bon mineur, pour être mineur, il faut y être né dedans, il faut y être entré tout jeune à la mine. Autrement, on ne s'y fait pas. Il faut être entré à quatorze ans..."

"On travaillait à quatre pattes, on travaillait à plat ventre, on travaillait sous l'eau, dans l'eau, dans la chaleur. Il faisait chaud, très chaud." - Antoine Piras, ancien mineur de fond

Les lampes de mineurs - Radio France
Les lampes de mineurs © Radio France - Olivier Roché

La dureté et la fierté

Antoine Piras a le souvenir d'un métier extrêmement difficile. Cela n'était pas pour le gros salaire, non. "À l'époque, on n'était pas très riche. On faisait huit heures par jour. Je gagnais vingt-huit francs à l'époque. Oh, c'est-à-dire que pour nous-autres mineurs, on ne peut pas dire que c'était des sommes énormes mais on avait quelques avantages." 

Antoine Piras a aussi la fierté voire "une gloire" de l'avoir exercé car il a eu la sensation d'être utile à la société. Le charbon est utilisé partout : dans les maisons, les industries, etc. "On avait le charbon gratuit, et puis on avait le logement gratuit aussi. Il y en a qui vivaient dans des corons."

"C'est difficile de parler de ça. Maintenant, vous vous ne savez pas ce que c'est le charbon, parce qu'avant il y avait les fourneaux... On se chauffait au charbon." - Antoine Piras, ancien mineur de fond

Antoine Piras, ancien mineur de fond - Radio France
Antoine Piras, ancien mineur de fond © Radio France - Alexandre Czuczman
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"Paroles de mineurs" est une série de dix portraits de mineurs. À travers des témoignages et photos, découvrez l’histoire de la mine dans la Loire, celles des hommes qui y travaillaient ainsi que leurs proches. Une série créée par  Alexandre Czuczman, Olivier Roché, Elsa Piquet, Sandrine Morin, Marion Aquilina, Frédéric Bœuf.

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