Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société DOSSIER : Paroles de mineurs

PAROLES DE MINEURS - Fernand Fraisse, la Sainte-Barbe et le Musée de la Mine

vendredi 30 novembre 2018 à 20:56 Par Olivier Roché et Denis Souilla, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu

ÉPISODE 10 - Dix portraits, dix vies, une mine. France Bleu Saint-Étienne Loire a rencontré Fernand Fraisse, créateur des événements de la Sainte-Barbe à Saint-Étienne. L'occasion de mieux connaître cette fête pas comme les autres.

Fernand Fraisse, ancien mineur
Fernand Fraisse, ancien mineur © Radio France - Alexandre Czuczman

Saint-Étienne, France

Cette série "Paroles de mineurs" a vu le jour à l'occasion de la fête de la Sainte Barbe. Nous terminons avec l'homme qui est à l'origine de l'événement de la Sainte-Barbe à Saint-Étienne. En effet, chaque premier week-end de décembre est dédié à la sainte patronne des mineurs et des métiers liés au feu. 

Le point d'orgue est le samedi soir avec une procession derrière la statue de Sainte Barbe, depuis le parvis de la cathédrale Saint-Charles jusqu'au Musée de la Mine. Dans le cortège figurent les amis du Musée de la Mine, l'École des mines, les pompiers, et les harmonies de mineurs notamment, et bien sûr, les Stéphanois qui souhaitent y prendre part. Ensuite, le feu d'artifice clôt la déambulation et c'est ensuite l'heure de la brioche avec un verre de vin blanc.

Fernand Fraisses, la Sainte-Barbe et le Musée de la Mine

Fernand Fraisse, ancien mineur au puits Couriot - Radio France
Fernand Fraisse, ancien mineur au puits Couriot © Radio France

La création de la fête de la Sainte-Barbe à Saint-Étienne

Fernand Fraisse a été mineur et fils de mineur, né 1939. "J'ai commencé à la mine vers l'âge de 17 ans et j'y suis toujours resté, jusqu'à la fermeture" nous raconte-t-il. Il a terminé sa carrière au puits Couriot "le 6 avril 1973" se souvient-il précisément.

"En 1996, c'est moi qui ai créé la fête de la Sainte Barbe. Cela fera vingt-deux ans cette année que je la fais. C'est la patronne des mineurs, des pompiers, des artificiers, des artilleurs, enfin toutes les corporations qui touchent le feu. C'est le 4 décembre." 

"Il n'y avait pas d'école. Et même les agents municipaux avaient droit à un jour férié alors qu'ils n'étaient pas mineurs." - Fernand Fraisse, ancien mineur

Les mineurs avait leur façon de célébrer la Sainte Barbe lorsque les mines étaient encore en activité. Ils faisaient exploser des boîtes de poudre au pied des terrils. "On faisait péter les boîtes vers les cinq heures et demi, six heures du matin. On réveillait la population du matin pour dire 'aujourd'hui c'est la fête !'" En effet, la Sainte Barbe était un jour férié. "Il n'y avait pas d'école. Et même les agents municipaux avaient droit à un jour férié alors qu'ils n'étaient pas mineurs. Mais c'était une grande fête."

Fernand Fraisse, ancien mineur stéphanois, dans le reflet de son horloge - Radio France
Fernand Fraisse, ancien mineur stéphanois, dans le reflet de son horloge © Radio France

Après la messe, la tradition de la brioche

Une des traditions, toujours d'actualité, est la distribution de brioches bénites à la sortie de la messe. Cette brioche symbolise le pain gagné. "Ceux qui avaient droit à une médaille du travail, ils allaient dans les locaux des houillères. Il y avait un vin d'honneur. Les autres allaient manger la traditionnelle salade de pieds de veau, qui était commandée dans les bistrots.

Au retour, en début d'après-midi, Fernand Fraisse se souvient que tout le monde était plutôt guilleret après le repas bien arrosé. En dessert ensuite, les mineurs et leur famille mangeaient des choux à la crème. La Sainte-Barbe, c'était l'occasion de se retrouver. Elle se faisait en famille et avec les voisins. 

"C'est le plus grand feu d'artifice de la région à l'heure actuelle" - Fernand Fraisse, ancien mineur

"Il y a un grand défilé. C'est moi qui ai décidé du trajet.". La procession, avant comme aujourd'hui, allait du parvis de la cathédrale de Saint-Étienne jusqu'au puits Couriot en passant la rue Michel-Rondet, du nom d'un homme important dans les luttes sociales des mineurs. La procession se termine aujourd'hui par le feu d'artifice au Musée de la mine. "Je ne sais pas si vous savez mais c'est le plus grand feu d'artifice de la région à l'heure actuelle."  

Fernand Fraisse, ancien mineur - Radio France
Fernand Fraisse, ancien mineur © Radio France

Les loisirs des mineurs

"Les principaux loisirs, c'étaient les amicales. En loisir, on avait la pêche. On prenait le train des pêcheurs à cinq heures du matin à la gare du Clapier pour aller à Retournac. On avait les gosses et tout le barda. C'étaient des journées conviviales. Pour ceux qui aimaient, il y avait les boules, les cartes, et la sarbacane créée spécialement pour les mineurs, pour souffler." 

La création du musée de la mine

Fernand Fraisse n'avait pas trente ans de fond, donc à la fermeture de la mine il a dû se reconvertir. Il est entré à la CFVE, l'ancien nom des transports en commun de Saint-Étienne, devenu la STAS. 

"J'étais encore en activité que je travaillais déjà au musée. En 1988, la végétation avait pris le dessus, le site (du Puits Couriot ndlr) a été abandonné pendant quinze ans. On a dit 'faut pas laisser tomber tout ça et faire un musée. Il faut que les municipalités nous aident, nous tous seuls, on ne pouvait pas tout faire'. (...) On a ouvert au public en 1991. (...) Il n' y avait rien, c'était tout cassé, la végétation était rentrée, c'était désolant. Maintenant, on est classés. On est fiers." 

"Moi, je dis c'est un devoir de mémoire de Saint-Étienne, pour conserver tout ça, pour tous ceux qui sont décédés." - Fernand Fraisse, ancien mineur

"Sur le site, là-bas, il devait y avoir le musée d'art moderne, le musée d'art et d'industrie et le musée de la mine. Les deux autres musées n'ont pas voulu se mettre avec la mine. Et maintenant c'est le musée de Saint-Étienne qui fait le plus d'entrées. Moi, je dis c'est un devoir de mémoire de Saint-Étienne, pour conserver tout ça, pour tous ceux qui sont décédés. C'est un devoir de mémoire, donc j'espère que ça continuera assez longtemps."

  - Radio France
© Radio France
  - Aucun(e)

"Paroles de mineurs" est une série de dix portraits de mineurs. À travers des témoignages et photos, découvrez l’histoire de la mine dans la Loire, celles des hommes qui y travaillaient ainsi que leurs proches. Une série créée par  Alexandre Czuczman, Olivier Roché, Elsa Piquet, Sandrine Morin, Marion Aquilina."