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Société DOSSIER : Paroles de mineurs

PAROLES DE MINEURS - Jean Meyer, un parcours exceptionnel

mercredi 28 novembre 2018 à 17:36 Par Olivier Roché et Denis Souilla, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu

ÉPISODE 8 - Dix portraits, dix vies, une mine. France Bleu Saint-Étienne Loire a rencontré Jean Meyer. Itinéraire exceptionnel d'un mineur. Il a commencé à la base pour finir à la direction du bassin minier de la Loire.

Jean Meyer est entré à la mine à un peu plus de 14 ans
Jean Meyer est entré à la mine à un peu plus de 14 ans © Radio France - Alexandre Czuczman

Saint-Étienne, France

"Je suis parti de zéro pratiquement et je suis arrivé au poste le plus élevé". Voilà comment Jean Meyer résume en une phrase sa carrière unique. Né en mars 1925, il est entré dans les mines le 19 décembre 1939, "j'avais 14 ans et neuf mois quand je suis entré à la mine". Il a commencé par trier le charbon. 

Jean Meyer est entré à la mine à La Talaudière à un peu plus de 14 ans

  - Radio France
© Radio France -

D'abord le travail de manœuvre et de tri puis l'école d'électromécanique 

Il a débuté à la compagnie minière de La Chazotte à La Talaudière. "Comme tous les jeunes de mon âge, je suis entré à la mine", explique Jean Meyer. "Je faisais le petit travail de manœuvre au début, entre autre trier les pierres, ce qu'on appelle les clapeurs".

"Comme tous les jeunes de mon âge, je suis entré à la mine" - Jean Meyer, ancien mineur

"Au cours de l'année 1941, l'associations des houillères, des compagnies minières, a voulu créer une école pour former des électromécaniciens, en vue de l'utilisation au fond de l'électricité." Jean Meyer a donc suivi ces formations d'électromécanicien. "J'ai été désigné avec plusieurs autres. Pourquoi ? Je ne sais pas." Il va y rester pendant deux années scolaires complètes.

  - Radio France
© Radio France

L'école des Mines puis la Lorraine

"Le directeur de la mine où j'étais, monsieur Durand, m'a dit 'Mais vous êtes sorti major, il faut continuer à faire autre chose'. En 1946, je me suis présenté au concours d'entrée de l'École des Mines de l'Est. J'ai été recalé. J'ai continué et en 1947, je me suis présenté aux écoles techniques et j'ai réussi à Douai."

Jean Meyer va ainsi évoluer rapidement. Du bassin stéphanois, au Nord, il va alors changer de région et choisir une autre terre industrielle, minière et ouvrière : la Lorraine. Il y travaillera comme adjoint à un ingénieur électromécanicien pendant quelques années après la guerre. "J'ai été accepté aux Houillères de Lorraine, juste à la frontière allemande. J'ai travaillé là en 1949, 50, 51."

"Je ne connaissais pas ma femme à l'époque et en 1952, je me suis marié" - Jean Meyer, ancien mineur

Jean Meyer, témoigne de sa vie de mineur - Radio France
Jean Meyer, témoigne de sa vie de mineur © Radio France - Alexandre Czuczman

Le retour dans la Loire

Au début des années 50 il rentre chez lui dans la Loire. "Comme j'avais 26 ans et que je ne voulais pas me marier en Lorraine, je suis revenu dans la Loire et j'ai été repris où j'étais comme agent de maîtrise. En Lorraine, j'étais technicien. Quand je suis revenu, je gagnais exactement le double que ce que je gagnais en Lorraine." Jean Meyer s'est ensuite marié en 1952.

  - Radio France
© Radio France

Il devient ingénieur

À La Talaudière, il deviendra chef électromécanicien. Toujours avec des envies d'évoluer, Jean Meyer part à Roche-la-Molière en juillet 1959, où il est muté, pour continuer à s'occuper d'électromécanique "en tant qu'agent de maîtrise supérieur voire ingénieur", explique-t-il. Cela ne durera pas longtemps puisque l'exploitation minière est alors rattachée à une autre.

On lui propose alors de refaire de l'exploitation. Il devient alors "gouverneur du fond" au Puits Verpilleux. Ce poste c'est un "second ingénieur, chargé du fond, pour s'occuper de l'exploitation".

  - Radio France
© Radio France

Jean Meyer a continué sur sa lancée. Il occupe de nouvelles fonctions, "ingénieur de quartier, ingénieur divisionnaire, ingénieur principal et ensuite ingénieur en chef" des Houillères de la Loire et ce jusqu'en 1983 à la fermeture du dernier puits, le puits Pigeot à La Ricamarie. 

"Je me dis que j'ai fait une belle carrière. Je n'aurai jamais pensé faire une carrière comme ça." - Jean Meyer, ancien mineur

En haut de l'échelle

À la fin de sa carrière, Jean Meyer aurait pu encore aller plus haut en acceptant un poste d'ingénieur en chef. "En 1983, à ce moment-là à la fermeture, on m'a proposé d'aller en Auvergne pour être ingénieur en chef. Je me suis dit 'Je suis à deux ans de la retraite, il va falloir encore déménager', alors j'ai refusé."

"Je me dis que j'ai fait une belle carrière. Je n'aurai jamais pensé faire une carrière comme ça", reconnaît Jean Meyer. "La classification du personnel va de zéro, ça finit à 22. Je suis parti de zéro, parce qu'il n'y vait pas plus bas comme poste, et je suis arrivé au poste le plus élevé, au poste classé 21,5, par ce que je n'ai pas voulu aller en Auvergne".  

  - Radio France
© Radio France

La fermeture douloureuse

Le destin du puits Pigeot s'est scellé dans les années 60. À l'époque, on sait déjà que le site sera le plus profond puits d'extraction de la Loire. "En 1968, on avait changé la machine d'extraction, le beau chevalement avec la machine. Elle a été abattue en 1984 je crois. Quand j'ai vu dynamiter la base et que l'ensemble est tombé avec la belle machine, ça a été un bon coup au cœur"

Jean Meyer sera resté vingt-trois ans au puits Pigeot, jusqu'à la fin. Une vraie douleur. "Pour moi, c'était quelque chose que j'avais vu évoluer au cours des années."

Jean Meyer face à Saint-Étienne - Radio France
Jean Meyer face à Saint-Étienne © Radio France - Alexandre Czuczman
  - Radio France
© Radio France
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"Paroles de mineurs" est une série de dix portraits de mineurs. À travers des témoignages et photos, découvrez l’histoire de la mine dans la Loire, celles des hommes qui y travaillaient ainsi que leurs proches. Une série créée par  Alexandre Czuczman, Olivier Roché, Elsa Piquet, Sandrine Morin, Marion Aquilina."