Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Pau : quelle place pour les filles dans la cour d'école?

mercredi 8 mars 2017 à 6:00 Par Axelle Labbé, France Bleu Béarn

Une BD pour lutter contre les préjugés. À l'occasion de la journée internationale pour les droits des femmes, des petits palois participent à des ateliers avec une autrice de bandes dessinées pour réfléchir à la répartition de l'espace dans la cour de récréation.

Marie Gloris Bardiaux Vaïente à l'école des Lilas ce lundi
Marie Gloris Bardiaux Vaïente à l'école des Lilas ce lundi © Radio France - Axelle Labbé

Pau, France

Pour la journée internationale des droits des femmes, ce 8 mars, l'agglomération Pau Béarn Pyrénées organise une série d'expositions, de rencontres et de spectacles sur la place des femmes dans l'espace public, au travail et à la maison. Un thème décliné aussi pour les enfants, à qui la ville propose de réfléchir sur cette question: "quelle place pour les filles dans la cour d'école?"

Depuis lundi et jusqu'à mercredi, des élèves palois participent à des ateliers, sur le temps périscolaire, à la MJC des Fleurs, à l'école des Lilas et au centre social du hameau. Une autrice de bandes dessinées, Marie Gloris Bardiaux Vaïente, scénariste, ancienne professeur des écoles, leur propose de créer une bande dessinée pour raconter pour leur quotidien.

À l'école primaire des Lilas par exemple, ce lundi après-midi, il y a d'un côté les trois garçons, de l'autre les deux filles. Et visiblement, c'est autour du terrain de foot que tout se joue. C'est ce que raconte Liloye, elle est en CE1. Elle commence à expliquer qu'un jour, avec ses copines, elle a voulu s'approcher du terrain de foot. Immédiatement, l'un des garçons lui coupe la parole, et lui demande de préciser la date. Ce qu'elle fait, agacée.

"Je m'approchais du terrain de foot, et un grand a pris un élastique, les petits en plastique" poursuit-elle, avant d'être à nouveau interrompue par un des garçons, qui explique que "c'est faux", que "les garçons n'ont pas d'élastique", mettant immédiatement sa parole en doute alors qu'il n'était manifestement pas présent au moment de l'incident. Liloye se justifie, doit expliquer que "le grand" était rentrer déjeuner à la maison, d'où il a rapporté le fameux élastique.

Elle continue son histoire : "Il voulait nous le lancer dessus parce qu'on approchait du terrain. Sauf qu'on ne faisait rien". Marie Gloris Bardiaux Vaïente l'écoute attentivement, demande aux garçons de ne pas l'interrompre, et relance : "est-ce qu'il a arrêté quand ça a été dit à la maîtresse?" "Non, parce qu'on n'est pas revenues. On est passées par un autre côté". "Pourquoi les filles ne vont-elles pas sur le terrain?" La question est posée à tous. Réponse d'un des garçons : "parce qu'elles ont peur".

Liloye, élève de CE1, raconte son histoire

Cet échange entre les enfants n'est pas si anodin, explique Marie Gloris Bardiaux Vaïente. À 8 ans à peine, "certains garçons coupent déjà systématiquement la parole aux filles, remettent leur parole en doute, et trouvent normal d'occuper l'espace de la cour, qui pourtant appartient à tous, et d'exclure les filles de certains endroits comme le terrain de foot".

Les élèves ont ensuite élaboré un scénario à partir de cette histoire, qu'ils ont retranscrite en bande dessinée.

Marie Gloris Bardiaux Vaïente sera notre invitée mercredi 8 mars.

Autrice de BD, ancienne professeure des écoles, docteure en histoire, scénariste, elle est membre du collectif des créatrices de BD contre le sexisme créé à Angoulême en 2015.