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Société

Pays Basque : des victimes témoignent lors du Forum pour la paix

samedi 7 avril 2018 à 6:31 Par Oihana Larzabal, France Bleu Pays Basque

Un an après le désarmement d'ETA, les artisans de la paix et Bake Bidea organisent un forum pour la paix tout au long de ce week-end. Parole aux victimes lors de la première table ronde.

La première table ronde était consacrée aux victimes du conflit basque
La première table ronde était consacrée aux victimes du conflit basque © Radio France - Oihana Larzabal

Bayonne, France

Il y a un an, l'ETA rendait tout son arsenal : 120 pistolets, 3.5 tonnes d'explosifs et des milliers de munitions. C'était le 8 avril 2017, une journée historique qui avait réuni près de 20 000 personnes à Bayonne. Une initiative de ceux que l'on appelle "les artisans de la paix", moins de quatre mois après les arrestations de Louhossoa

Si le passé nous a divisé, l'avenir nous unira — Michel Berhocoirigoin artisan de la paix

"Le désarmement, la question des prisonniers, c'est la première des trois étape de la justice transitionnelle" explique Jean-Pierre Massias, professeur de droit et spécialiste du conflit basque. "Il faut ensuite prendre en compte les souffrances et les traumatismes pour pouvoir construire une nouvelle société".

Parole aux victimes

Deux personnes ont pris la parole pour porter la voix des victimes ce vendredi soir à l'auditorium de la CCI de Bayonne devant plus de 250 personnes. Pas de haine ou de colère dans la voix de Carmen Galdeano Prieto. Elle avait 19 ans le jour où son père fût assassiné par le GAL, commando para-policier espagnol. C'était à Saint Jean de Luz le 30 mars 1985. 

"Personne au gouvernement espagnol n'a jamais avoué que de l'argent public avait été utilisé pour financer le GAL et l'assassinat de nos  proches" regrette Carmen Galdeano qui tenait à faire part de "sa vérité".

Nous ne souhaitons pas que les commanditaires de l'époque pourrissent en prison. Non, on veut la vérité — Carmen Galdeano, fille d'une victime du GAL

Carmen Galdeano Prieto

A côté d'elle, Jexux-Mari Mujika. Il a longtemps hésité avant de venir témoigner. Lui qui a perdu un ami proche, Jose-Mari Korta, chef d'entreprise tué par l'explosion d'une voiture piégée de l'ETA le 8 août 2000. Il refusait de payer l’impôt révolutionnaire. 

Même celui qui a été bourreau devient victime, lorsqu'il subit la torture — Jexux-Mari Mujika, ami proche d'une victime d'ETA

Jexux-Mari Mujika, ami proche d'une victime d'ETA

Tous deux défendent le vivre ensemble et cela passe par la reconnaissance des victimes du conflit basque.

Carmen Galdeano, fille d'une victime du GAL et Jexux-Mari Mujika, ami proche d'une victime d'ETA - Radio France
Carmen Galdeano, fille d'une victime du GAL et Jexux-Mari Mujika, ami proche d'une victime d'ETA © Radio France - Oihana Larzabal

Bilan, enjeux et perspectives

Un an après le désarmement effectif d'ETA, les artisans de la paix et Bake Bidea veulent faire un bilan d'étape, réfléchir aux enjeux et perspectives. Certes, un espace de négociation s'est ouvert avec le ministère de la justice. Trois rendez-vous depuis le  mois de juillet ont permis la suppression du statut de DPS (détenu particulièrement signalé) pour sept prisonniers basques et le rapprochement d'autres au centre pénitentiaire de Mont de Marsan. "Mais il reste encore beaucoup à faire" admet Anaïs Funosas, présidente de Bake Bidea "et notamment faire bouger l'attitude de Madrid. Aujourd'hui la politique pénitentiaire en Espagne est inacceptable et criminelle."

Samedi, trois tables rondes sont organisées au Bellevue à Biarritz autour de la question des prisonniers basques.

Dimanche, une sculpture commémorative de la journée du désarmement sera inaugurée sur l'esplanade Roland Barthes à Bayonne. "Arbolaren egia" une oeuvre en acier de Koldobika qui crée la polémique.

250 personnes ont assisté à la première table ronde organisée dans le cadre du Forum pour la paix, un an après le désarmement d'ETA - Radio France
250 personnes ont assisté à la première table ronde organisée dans le cadre du Forum pour la paix, un an après le désarmement d'ETA © Radio France - Oihana Larzabal