Société

300 personnes manifestent contre l'état d'urgence à Perpignan

Par Benjamin Rieth, France Bleu Roussillon samedi 30 janvier 2016 à 15:18

300 manifestants contre l'état d'urgence à Perpignan
300 manifestants contre l'état d'urgence à Perpignan © Radio France - Benjamin Rieth

Ils s'étaient donnés rendez-vous au pied du Castillet, ce samedi, à l'appel de plusieurs organisations, partis, associations et syndicats. Comme un peu partout en France, les manifestants ont défilé pour dire non à l'état d'urgence instauré depuis les attentats de novembre.

"Etat d'urgence = abandon des libertés". Sur sa pancarte passée autour du cou, le message de Mélodie est très clair.  Pour cette manifestante, l'adoption de l'état d'urgence revient à mettre en place un état policier. "C'est directement l'Etat qui va décider que untel est un danger public sans passer par le juge", déplore Mélodie. Un peu plus loin, Pascal est exactement sur la même longueur d'onde : "On est à la merci de n'importe quel policier, n'importe quel préfet". 

Vraiment efficace l'état d'urgence ?

Un peu trop alarmiste ces manifestants ? Non répondent-ils. Et s'il existent un contrôle a posteriori de la justice, celui-ci intervient trop tard selon eux. Surtout, l'état d'urgence n'a pas de réelle efficacité à les croire. "On n'avait déjà Vigipirate, je ne vois pas la différence dans la rue" estime Alexandre. "Il y a déjà des lois qui font qu'on peut rechercher des gens malfaisants qui veulent attenter à des personnes" renchérit Mélodie. 

"Il faut imposer ses droits démocratiques".

Dans le cortège, beaucoup de militants politiques et de militants syndicalistes sont présents.  Et une crainte revient à chaque fois dans leur bouche : celle de voir leur liberté de manifester et leur liberté d'opinion bafouées. Pascal pointe d'ailleurs du doigt le comportement des autorités lors de la conférence sur le climat COP 21 à Paris en décembre dernier. "Les assignations à résidence de militants écologistes qui ne présentaient aucun risque m'a mis en colère". 

Pourtant, ils ont bien eu le droit de manifester contre l'état d'urgence. "On l'impose, il faut imposer ces droits démocratiques" s'emporte Jean. 

Reste que ces manifestants sont toujours minoritaires dans l'opinion. Deux mois après les attentats, sept français sur dix  sont favorables à une prolongation de l'état d'urgence. "Contre la peine de mort, il y avait 63% des français qui voulait la garder" rappelle Anne, une des organisatrices de la manifestation avant de conclure :  "quand on fait un tout petit peu avancer la société, on est pas forcément majoritaire".  

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