Société

Pessac : un centre d'hébergement pour les réfugiés sahraouis... mais seulement la nuit

Par Charlotte Coutard, France Bleu Gironde mardi 15 septembre 2015 à 6:55

Le campement des Sahraouis au pied du pont Saint-Jean de Bordeaux.
Le campement des Sahraouis au pied du pont Saint-Jean de Bordeaux. © Radio France - Radio France

On pensait ce dossier en passe d'être réglé, mais c'est loin d'être le cas. La solution d'hébergement trouvée à Pessac pour les réfugiés sahraouis de Bordeaux ne convient pas aux associations : il s'agit d'un hébergement uniquement la nuit, et pour une partie seulement des réfugiés.

C'est bien, mais c'est loin d'être suffisant !  Les associations, qui viennent en aide depuis des semaines aux réfugiés Sahraouis qui campent au pied du pont Saint-Jean à Bordeaux, sont en colère. Comme annoncé, un centre d'hébergement vient d'ouvrir à Pessac. Mais il s'agit d'un accueil de nuit seulement, et destiné à une toute petite partie des réfugiés.

Les Sahraouis ne veulent pas de cette solution  

Ce centre d'hébergement a ouvert depuis ce lundi soir route d'Arcachon à Pessac. C'est un immeuble désaffecté de Bordeaux-Métropole qui a été réhabilité, Emmaüs en devient le gestionnaire. Il y a 57 places disponibles sauf que ce lundi soir, à peine une dizaine de Sahraouis s'y étaient installés.

Le collectif de soutien aux Sahraouis a en quelque sorte boycotté l'ouverture, parce qu'il considère que l'hébergement uniquement de nuit est insuffisant.  Ce collectif regroupe plusieurs associations, comme Médecins du monde, la Ligue des droits de l'Homme, la Cimade, ou encore l'ASTI.

Ils ne sont pas 60, ils sont 300 !

— Jean Claude Guicheney

Jean Claude Guicheney est le Président de la Ligue des Droits de l'Homme en Gironde , et pour lui, cette solution n'est pas la bonne : "Ce que l'on regrette, c'est que l'Etat n'aille pas au bout de son engagement, au bout de ses responsabilités. Pourquoi ne pas ouvrir ce site toute la journée ? Plutôt que de l'ouvrir uniquement entre 18h et 9h du matin. Ça rime à quoi ? Le reste du temps ils vont faire quoi ? Ils vont se balader dans la rue ? Ou alors il faudrait concevoir un dispositif spécifique avec la mairie de Pessac, de façon à permettre à ces gens là d'aller dans les centres sociaux".

Par ailleurs selon Jean Claude Guicheney, il faut trouver une solution pour l'ensemble des réfugiés. "60 places c'est bien, mais ils ne sont pas 60, ils sont 300 ! Pour l'instant, ni Emmaüs, ni les Sahraouis, ne savent qui peut s'y rendre. La solution qui a été trouvée est donc certes une avancée, mais elle ne répond pas aux conditions d'un accueil cohérent des populations concernées".

Jean Claude Guicheney