Société

Pessac : un nouvel hébergement pour femmes battues

Par Mila Ta Ninga, France Bleu Gironde mardi 3 décembre 2013 à 7:00

Le logement mis à disposition par La Maison de Simone est un T1 Bis
Le logement mis à disposition par La Maison de Simone est un T1 Bis © Radio France - Mila Ta ninga

L'association La Maison de Simone vient d'inaugurer ce lundi soir, son deuxième logement d'urgence pour femmes battues et leurs enfants. Dorénavant, quatre femmes et 6 à 8 enfants peuvent être accueillis, entre une semaine et se mois dans un T1 bis. Depuis l'ouverture du premier logement en 2011, 72 femmes et enfants ont ainsi pu être logés.

L'ouverture de ce second logement d'urgence est plus que bienvenue. En 2012, les violences faites aux femmes ont augmenté de 35 % dans le département et il n'y a que 35 hébergements d'urgence en Gironde. Les femmes qui poussent la porte de l'association La maison de Simone viennent principalement de l'agglomération bordelaise, mais aussi de l'autre bout de la Gironde et d'autres départements.

"Les femmes battues sont de tous les milieux sociaux. Il n'y a pas de milieux exposés ou particulièrement préservés. La plupart du temps, ces femmes font elles-mêmes la démarche de venir, ou alors c'est par le biais des travailleurs sociaux. Le problème c'est qu'à chaque fois qu'on a une place disponible, on instruit cinq dossiers." — Corinne Aimé, présidente de l'association

Celles qui ne sont pas retenues sont dirigées vers d'autres associations, des foyers, à l'hôtel ou vers le Samu Social (115).

L'anonymat, une des clés du succès

Les femmes sont là pour pouvoir se poser, se reposer, se reconstruire... Pour cela, elles ont besoin d'un endroit sécurisé.  Alors, non seulement, l'association leur permet de rester dans l'anonymat, mais en plus, en cas de soucis, elle a la ligne directe du commandant du commissariat de Pessac, ce qui permet des interventions rapides en cas de pépin.

"L'assurance de pouvoir accueillir beaucoup plus de femmes" Céline Lafue, vice-présidente de l'association la maison de Simone

Pour le reste les femmes et leurs enfants sont entourés d'aide sociale, psychologique ou médicale s'il le faut. Elles peuvent rester dans l'appartement d'une semaine à sept mois , le temps de trouver des repères, du travail et un nouveau logement.

"On a été très surpris de l'accueil des voisins. Les enfants jouent ensemble et on a vu par la suite que ces voisins sont même protecteurs. C'est vraiment une grande satisfaction." — Céline Lafue

Pour les enfants : un endroit séparé de la pièce principale de l'appartement de la Maison de Simone - Radio France
Pour les enfants : un endroit séparé de la pièce principale de l'appartement de la Maison de Simone © Radio France - Mila Ta ninga

Le centre d'écoute, une permanence utile

Depuis son ouverture en 2008, La Maison de Simone, a reçu à sa permanence, 350 femmes et a fait plus de 500 entretiens de femmes victimes de violences conjugales. Le centre d'écoute se trouve à la plateforme des Services Publics de Saige à Pessac. Il est ouvert les mardis de 14 h à 17 h et les vendredis de 14 h à 16 h.

L'ancienne ministre des Droits des Femmes, Yvette Roudy et la présidente de l'association La Maison de Simone - Radio France
L'ancienne ministre des Droits des Femmes, Yvette Roudy et la présidente de l'association La Maison de Simone © Radio France - Mila Ta ninga

Hommage à Simone Rousseau

Une Pessacaise, militante pour les droits des femmes et l'alphabétisation, qui n'a pas eu le temps de mener son projet à bien. Ses amis ont pris le relais, soutenu par différents partenaires publiques (mairie, CAF, Conseils Régional et Général) mais aussi par des fondations privées (Fondation Orange et Fondation Caisse d'Epargne).

L'association peut aussi compter sur le soutien moral et financier d'Yvette Roudy, l'ancienne ministre des Droits des Femmes (1981-1986), présente à l'inauguration.

Cela fait une semaine qu'une femme et ses 3 enfants sont installés dans le T1 bis de la Maison de Simone