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Société
Dossier : Attentat de Nice

Photos de l'attentat de Nice : pas de retrait de Paris Match, mais les images ne pourront plus être publiées

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Azur, France Bleu

L'hebdomadaire Paris Match a publié, ce jeudi, des images de la vidéo-surveillance de l'attentat de Nice sur la Promenade des Anglais le soir du 14 juillet 2016. Le parquet de Paris a tenté de faire retirer en urgence ce numéro de la vente, en vain.

Hommage aux victimes de l'attentat de Nice le 14 juillet 2016
Hommage aux victimes de l'attentat de Nice le 14 juillet 2016 © AFP - ANDREAS GEBERT /

Le numéro de Paris Match paru ce jeudi ne sera finalement pas retiré des kiosques, a tranché la justice jeudi soir. Le tribunal a estimé que même si les photos de l'attentat de Nice diffusées dans le journal "portent atteinte à la dignité humaine", le retrait n'aurait aucune efficacité "dès lors que le numéro litigieux est déjà en vente".

Le parquet de Paris avait assigné en référé Paris Match, ce jeudi, pour obtenir en urgence le retrait du numéro du magazine contenant des images de la vidéosurveillance de l'attentat de Nice. Un numéro qui a suscité la colère des victimes et l'indignation des associations et du maire de Nice, Christian Estrosi. Lors de l'examen de la demande, le procureur a déclaré que cette publication présentait "un profond mépris pour les victimes", étant donné que selon lui, "on peut identifier les victimes qui sont face au camion sur au moins deux des photos". Le directeur de la publication, quant à lui, "défend le rôle de la presse".

Interdiction de publication à l'avenir

En revanche, le tribunal a interdit "toute nouvelle publiction" de ces deux images, sous peine d'une astreinte de 50.000 euros par infraction commise. Il a également interdit la diffusion "sous forme numérique" de ces images, qui vont donc devoir être retirées du site internet du journal.

Le ministère public, qui assigne Hachette Filipacchi Médias et la directrice de publication de Paris Match, "demandait au tribunal d'ordonner le retrait de la vente" du magazine et "l'interdiction de diffusion sous tous formats, notamment numérique", a indiqué le parquet de Paris, qui a également ouvert une enquête pour "violation du secret de l'instruction et recel" de ce délit.

"Faire du sensationnel"

Selon Maître Eric Morain, l'avocat de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs, "Paris Match a fait le choix éditorial assumé de publier des photos extraites des bandes de vidéo-surveillance de la ville de Nice et placées sous scellés". Dès mercredi, il appelait le parquet anti-terroriste de Paris "à faire cesser ce trouble manifestement illicite".

Une requête soutenue par l'association Promenade des anges, qui rassemble les proches des victimes de l'attentat au camion bélier le 14 juillet 2016. Les associations dénoncent "des captures d'écran, publiées sans précaution aucune, qui portent atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches" , publiées "uniquement pour faire du sensationnel" et "créer une atmosphère morbide et voyeuriste". Le maire de Nice, Christian Estrosi, parle quant à lui d'images "insoutenables et abjectes" et dit avoir écrit "au ministre de la Justice afin qu'il se saisisse de cette nouvelle parution".

À Nice, de nombreux kiosquiers refusent de vendre le numéro de Paris Match. Exemple ici sur la Promenade des Anglais. Selon les informations de France Bleu Azur, ils sont une trentaine à réagir ainsi.

"la tristesse d'une ville et de ses victimes ne se monnaye pas", message d'un kiosquier sur la Promenade des Anglais - Radio France
"la tristesse d'une ville et de ses victimes ne se monnaye pas", message d'un kiosquier sur la Promenade des Anglais © Radio France - Maxime Bacquié

Le devoir de la presse

Olivier Royant, directeur de la publication de Paris Match, a justifié ce jeudi matin cette publication sur franceinfo avant que le parquet demande le retrait du journal. "On défendra cet après-midi dans un référé le droit des citoyens et en premier chef le droit des victimes de savoir ce qui s'est passé exactement", a-t-il précisé. "On ne veut pas que les victimes soient oubliées, c'est le devoir de la presse de montrer ce qui s'est exactement passé", a ajouté le directeur de la publication.

A la suite de l'attentat de Nice, plusieurs médias avaient déjà été pointés du doigt pour avoir notamment diffusé des images de victimes sur la Promenade des Anglais. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel avait appelé l'ensemble des médias audiovisuels à "la prudence et à la retenue, protectrices de la dignité humaine et de la douleur des personnes".

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