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Société

PHOTOS - L'une des premières équipes de footballeuses se trouvait dans la Drôme

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Par , France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu

A l'occasion du début de la Coupe du monde de football, retour sur l'histoire des Albertines, à Buis-les-Baronnies (Drôme), l'une des premières équipes féminines de football.

Régine, Jean-Pierre et Brigitte près de 45 ans plus tard.
Régine, Jean-Pierre et Brigitte près de 45 ans plus tard. © Radio France - Jade Peychieras

Buis-les-Baronnies, France

Hiver 1974, alors que le tout premier Championnat de football féminin a lieu en France, à Buis-les-Baronnies (Drôme), Jean-Pierre Buix est moniteur de colonies de vacances et fait ce qu'il peut pour occuper les jeunes du village : "Je les emmenais marcher, faire du vélo, se souvient-il. Et le samedi, les garçons jouaient au foot. Alors les filles les regardaient et les supportaient. Et puis un jour elles en ont eu marre et elles m'ont demandé à créer une équipe de filles". C'est le début de la folle épopée des Albertines, du nom de la patronne du bar d'à côté. 

Brigitte Mertz faisait partie des toutes premières du club : "On voulait prouver qu'on n'était pas seulement autour du terrain à admirer les garçons, mais qu'il fallait que ce soit eux aussi qui viennent nous voir"

Les débuts difficiles

Les entraînements commencent alors, mais ne sont pas faciles au début. "C'était assez folklorique, on connaissait à peine les règles !" s'amuse Brigitte. 

Le premier match à Buis-les-Baronnies se joue quelques mois plus tard, contre une équipe de filles d'Avignon. "C'était du délire ! se rappelle Jean-Pierre Buix. A l'époque, des filles qui jouaient en short et couraient après un ballon, dans un petit village comme celui-ci, c'était un événement. Il y avait des centaines et des centaines de personnes, assure-t-il. On a perdu 7 ou 8-0, mais c'était normal, on n'avait jamais joué de match." 

Pourtant, les filles s'obstinent. "On y a pris goût", explique l'ancienne joueuse. "Elles venaient me chercher tous les mercredis, tous les samedis et même les jours fériés pour s'entraîner, affirme Jean-Pierre. Jusqu'au jour où on a marqué notre premier but contre Aubenas. Ça fait partie de la légende des Albertines." 

Les moqueries des garçons

Petit à petit, les filles progressent. Des joueuses plus expérimentées se joignent à elles, comme Régine Tournière, devenue capitaine. "On a commencé à gagner des matchs", se remémore-t-elle. C'est là qu'on a commencé à nous prendre au sérieux"

Car aussi obstinées soient-elles, les footballeuses de Buis-les-Baronnies ne sont pas du goût de tout le monde. "Les garçons se moquaient de nous au début", assure Brigitte. "En nous voyant jouer, poursuit Régine, ils se sont rendus compte que nous étions de vraies footballeuses et qu'on ne jouait pas à la baballe comme ils pensaient, pour nous occuper entre la vaisselle et le ménage"

Régine se souvient d'une anecdote qui l'a particulièrement choquée : "Avec l'équipe, nous sommes allées à Valence pour voir un match entre la France et l'Italie, un match féminin. Et il n'y a pas eu de Marseillaise. Nous étions nombreuses dans les gradins et nous avons donc commencé à chanter. Mais des officiels sont venus nous voir pour nous demander de nous taire, en nous expliquant que la Marseillaise, c'était pour les hommes. Alors qu'il s'agissait de l'équipe de France !" se scandalise-t-elle encore aujourd'hui. "Ça nous a donné envie de nous battre encore plus." 

A Buis-les-Baronnies, pourtant, le terrain de football jauni n'a plus vu de crampons depuis bien longtemps. "Aujourd'hui, il n'y a plus de foot à Buis-les-Baronnies, c'est bien dommage", soupire Jean-Pierre devant le terrain à l'herbe jaunie.

Il restera toutefois une trace de cette belle aventure d'une dizaine d'années. "Je suis professeure des écoles et quand une petite fille me dit avec tout le naturel du monde qu'elle joue au foot, je suis fière de ce que nous avons fait", affirme Régine. Je suis heureuse de cet engouement autour de la Coupe du monde aujourd'hui, conclue-t-elle, mais il y a encore beaucoup à faire"

Comme quoi ? "Pourquoi ne pas commencer par arrêter de préciser qu'il s'agit de la Coupe du monde féminine ? On ne parle pas de coupe du monde masculine..." suggère-t-elle.

La folle aventure des Albertines.

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