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Dossier : Coronavirus

PHOTOS - Les compagnons d'Emmaüs confinés à Villiers-Charlemagne : "Nos clients solidaires nous manquent"

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Par , France Bleu Mayenne

Ils sont 45 confinés au même endroit. Les compagnons de la communauté Emmaüs de la Mayenne à Villiers-Charlemagne s'occupent en nettoyant, réparant et jardinant sur la communauté.

Frédéric, Sileymane et Sarifou s'occupent comme ils peuvent sur la communauté.
Frédéric, Sileymane et Sarifou s'occupent comme ils peuvent sur la communauté. © Radio France - Philippe Leroy - Emmaüs

Confinés, un peu coupés du monde, et en mal d'activité : c'est ce que ressentent les compagnons d'Emmaüs logés sur la communauté de Villiers-Charlemagne, entre Laval et Château-Gontier-sur-Mayenne, installée sur quatre hectares. Comme tous les autres, ils doivent rester au maximum chez eux.

La communauté Emmaüs de la Mayenne.
La communauté Emmaüs de la Mayenne. © Radio France - La communauté Emmaüs de la Mayenne.

Pas de collectes ni de ventes

Ils sont 45 à vivre ici, des personnes aidées, nourries et logées par l'association, et qui travaillent pour Emmaüs. En temps normal, les compagnons collectent des dons, les réparent, les nettoient, les remettent en état, les mettent en vente. Mais toutes les activités de collecte et de vente sont stoppées.

C'est un peu dur de ne pas sortir.

"On arrive à s'occuper, à nettoyer, entretenir les espaces verts, à remettre la communauté au propre. C'est un peu dur de ne pas sortir, mais on arrive à partager de bons moments tous ensemble. Vu que je suis chauffeur et que je vais faire des ramasses, c'est vrai que rester enfermé constamment dans la communauté, ce n'est pas facile de rester sans rien faire. On fait le nettoyage des camions, des locaux, _ce n'est pas qu'on se sent inutiles_, mais on préfère se rendre plus utiles à aider les autres que rester enfermés. De ne pas voir les clients, de pas leur parler, c'est un peu dur", explique Frédéric, qui vit à Villiers-Charlemagne depuis 7 mois.

Ce n'est pas qu'on se sent inutiles, mais on préfère se rendre plus utiles à aider les autres que rester enfermés.

Frédéric, 39 ans, vit au sein de la communauté depuis 7 mois.

"On vit bien, on vit ensemble dans le respect mutuel, tout se passe bien ici. On fait du rangement, on essaie de voir tout ce qu'il y a à refaire, à nettoyer, du jardinage, du nettoyage des stands, des différents ateliers, faire du rangement. On ne peut pas _revoir nos clients solidaires, ça nous manque quand même_. On a la chance d'être à la campagne, on a la chance de voir la nature, ça nous fait du bien. Parfois j'ai des contacts d'amis à Paris dans leurs petits studios, c'est différent ici", ajoute Sarifou, logé à la communauté depuis 8 mois.

Sarifou, 30 ans, vit depuis 8 mois à Villiers-Charlemagne.

Des compagnons isolés et inquiets pour leurs familles

Mais Sarifou, qui est originaire de Guinée-Conakry, est inquiet pour sa famille en Afrique : "On n'arrive pas encore à avoir un remède, tout le monde est inquiet".

Sileymane est aussi inquiet pour sa famille. Il vient du Sénégal et vit depuis six ans au sein de la communauté. "Ce n'est pas une chose facile, _on est habitué à voir des visiteurs, des acheteurs_. On voyait d'autres gens, maintenant on est là entre nous. Mais ce n'est pas facile, étant donné aussi qu'il y a les familles en Afrique, ça devient un peu dur. Je suis inquiet pour ma famille. Actuellement je suis là, on ne sait pas ce qui va arriver"

Sileymane, 54 ans, est aussi inquiet pour sa famille.

Ne pas subir, toujours agir

Des compagnons en mal d'action, une communauté qui vit au ralenti, c'est le contraire du principe même d'Emmaüs explique Philippe Leroy, le directeur d'Emmaüs en Mayenne. "Ce qui est le plus difficile, c'est que notre accueil est basé sur l’activité, quand on supprime l'activité, ça supprime notre façon d'être, d'être ensemble, de travailler ensemble, d'avoir une activité ensemble. _On a un slogan chez Emmaüs, ne pas subir toujours agir_, donc c'est compliqué pour nous dans cette période où l'on a peu de capacité d'action".

Philippe Leroy est le directeur d'Emmaüs en Mayenne.

Alors pour se rendre utiles, les compagnons viennent en aide aux associations. "On a quelques liens avec _le 115 ou la Protection Civile_. On a préparé 20 serviettes de toilette pour l'hébergement d'urgence, pour le 115 de Laval des vêtements pour hommes, des poussettes pour enfants. On a mis du matériel de côté pour l'hôpital de Laval, on a retrouvé dans nos stocks des vêtements de travail, des protections à usage unique", ajoute Philippe Leroy.

Philippe Leroy est le directeur d'Emmaüs en Mayenne.

Une intervenante sociale pour écouter les compagnons

Pendant le confinement, trois salariés d'Emmaüs se relaient toute la semaine à Villiers-Charlemagne pour venir voir et encadrer les compagnons. Une cuisinière vient également pour préparer les repas avec les compagnons, mais également une intervenante sociale. Car certains compagnons sont angoissés.

"On a un tiers des compagnons qui ont des santés fragiles, donc on fait très attention. Mais ça génère de l'angoisse. Un compagnon a été hospitalisé pour des difficultés à respirer. Ce n'était pas le coronavirus, mais c'était lié à l'angoisse, la peur d'être malade", raconte Philippe Leroy.

Philippe Leroy est le directeur d'Emmaüs en Mayenne.

Heureusement pour les compagnons, la communauté de Villiers Charlemagne a été totalement rénovée ces derniers mois. Ils ont chacun leur studio rénové, individuel, tout équipé. Ils prennent leurs repas dans leurs appartements. Cinq compagnons sont par ailleurs logés à Laval également dans des studios.

Quand ils se voient, les bises et poignées de mains sont interdites, et les compagnons doivent respecter un mètre de distance minimum entre eux. "L'enjeu du confinement, c'est de faire en sorte que nous soyons autant à l'arrivée qu'au départ de ce confinement. On leur rappelle la nécessité de se protéger mutuellement". 

La communauté Emmaüs de la Mayenne.
La communauté Emmaüs de la Mayenne. © Radio France - La communauté Emmaüs de la Mayenne.
La communauté Emmaüs de la Mayenne  Villiers-Charlemagne.
La communauté Emmaüs de la Mayenne Villiers-Charlemagne. © Radio France - La communauté Emmaüs de la Mayenne.
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