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Société

Nouvelles visites de l'ancienne prison d'Orléans avant sa démolition

mardi 4 décembre 2018 à 19:07 Par Anne Oger, France Bleu Orléans

Avant le début des travaux de démolition de l'ancienne prison d'Orléans, pour y construire son futur centre aqualudique, la ville d'Orléans organise des visites guidées du bâtiment. Une plongée dans l'histoire d'Orléans et dans des conditions de détention qui avaient encore cours il y a quatre ans

Les coursives du batiment de détention de l'ancienne prison d'Orléans
Les coursives du batiment de détention de l'ancienne prison d'Orléans © Radio France - Anne Oger

Orléans, France

En entrant dans le bâtiment de détention de l'ancienne maison d'arrêt d'Orléans, un batiment construit en 1896, on prend la mesure de ce qu'étaient les conditions de vie dans cette prison. Et notamment dans les dernières décennies, quand il n'était pas rare de compter jusqu'à 300 détenus, répartis dans les cellules alignées sur les coursives du bâtiment, alors qu'il n'était prévu au départ que pour une centaine de personnes. 

Une cellule du batiment de détention (il y a encore un lit superposé au-dessus) - Radio France
Une cellule du batiment de détention (il y a encore un lit superposé au-dessus) © Radio France - Anne Oger

C'est une chose de savoir que jusqu'à son déménagement à Saran la maison d'arrêt d'Orléans était une des plus surpeuplées de France. C'est une autre chose de le voir de ses yeux, de voir les étroites cellules dans lesquelles se trouvent encore, pour certaines, les trois lits superposés des détenus. En sachant qu'il n'était pas rare, voire fréquent, qu'on ajoute encore un matelas par terre. Quatre détenus par cellule... 

La prison doit être une privation de liberté, pas une privation de dignité

Pour Adrien Petit, responsable de mission en charge des grands équipements à Orléans Métropole, qui assure les visites, "c'était indigne... La prison c'est la privation de liberté, pas la privation de dignité". Même écho du côté de Philippe Pezet, le conseiller municipal d'Orléans en charge du dossier de la future piscine : "c'est oppressant, on se sent écrasé, on sent que la liberté on ne l'a plus, on n'a pas envie de rester. On imagine que c'était le but, que les prisonniers soient suffisamment marqués pour ne pas avoir envie de revenir"

Un tag dans une cellule de l'ancienne maison d'arrêt d'Orléans - Radio France
Un tag dans une cellule de l'ancienne maison d'arrêt d'Orléans © Radio France - Anne Oger

Sur le sol on trouve encore un gel douche, des tubes de dentifrice. Aux fenêtres, de l'extérieur, on voit quelques traces de ce système qu'utilisent les détenus pour se passer des objets de cellule en cellule. On voit les tags, sur les murs, qui dénoncent, pour certains les conditions de détention. Ce qui frappe, dans la cour du terrain de sport, c'est la proximité avec les immeubles voisins, certains donnent juste au dessus. Et l'on comprend mieux certaines évasions, comme elle-ci, dans les années 80, qu'un ancien surveillant a raconté à Adrien Petit.

Le "mitar" ou quartier d'isolement - Radio France
Le "mitar" ou quartier d'isolement © Radio France - Anne Oger

Deux semaines après son arrivée, il était dehors, il avait découpé le toit de la cour de promenade avec un ouvre-boîte

"C'était un détenu originaire des pays de l'Est, réputé très dangereux. Les surveillants l'avaient placé directement à l'isolement, vous voyez ce sont ces cellules, avec une double porte, plusieurs cellules, et tous les objets scellés au sol. Dès qu'il est entré il a dit : moi pas rester... Deux semaines plus tard il a crocheté quatre serrures, pour sortir dans la cour, et là il a découpé le toit avec un ouvre-boîte. Après, ils ont un peu réhaussé le grillage dans la cour du mitar"

La fresque de l'ancienne maison d'arrêt d'Orléans qui sera conservée - Radio France
La fresque de l'ancienne maison d'arrêt d'Orléans qui sera conservée © Radio France - Anne Oger

Dans un des couloirs du bâtiment principal, qui mène vers l'atelier et le terrain de sport se trouvent deux fresques, dont l'une représente des nageurs. Celle-ci sera conservée, les associations du quartier ont insisté pour garder une trace de l'ancienne prison. Elle sera sans doute déplacée, car c'est exactement à l'endroit prévu pour le bassin principal du futur centre aqualudique. Mais elle trouvera sa place, promet Philippe Pezet. 

Le terrain de sport au milieu des immeubles  - Radio France
Le terrain de sport au milieu des immeubles © Radio France - Anne Oger

Les travaux de démolition, eux, débuteront dès la mi-décembre, des travaux de désamiantage. La démolition du site en lui-même devrait prendre six mois, à l'intérieur du mur d'enceinte, qui sera conservé jusqu'à la fin du chantier et qui sera abattu en dernier, sans doute à la mi-2019. 

De nouvelles visites lors des week-ends du mois de décembre

Mise à jour du 10 décembre 2018 : devant le succès des précédentes opérations lors des deux derniers week-ends, la mairie d'Orléans organise de nouvelles visites jusqu'au 23 décembre prochain. Elles durent 45 minutes et sont assurées par un guide de l'Office de Tourisme les 14, 15, 16 et les 21, 22, et 23 décembre . L'inscription préalable est obligatoire à l'Office de Tourisme d'Orléans ou par téléphone au 02 38 24 05 05. Il faut se munir de chaussures fermées pour cette visite.