Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

L'enfance de Pierre Cardin à Saint-Étienne, ce fils d'immigrés italiens devenu couturier superstar

Le monde de la mode et de la culture saluent la mémoire de Pierre Cardin, le couturier décédé ce mardi à Neuilly sur Seine à l'âge de 98 ans. Dès l'âge de 8 ans, il a vécu à Saint-Étienne avec ses parents émigrés au milieu des années 20, notamment pour fuir le régime de Mussolini.

Pierre Cardin en compagnie d'une mannequin lors de la présentation des nouveaux modèles de sa collection à Paris le 23 février 1963
Pierre Cardin en compagnie d'une mannequin lors de la présentation des nouveaux modèles de sa collection à Paris le 23 février 1963 © Getty - REPORTERS ASSOCIES

Quasiment un siècle durant le nom de ce fils d'immigré italien aura résonné mondialement comme un symbole du luxe et de la mode à la française. C'est à Saint-Étienne que ses parents ont posé leurs valises en 1930, là aussi que la passion de la mode naitra chez le jeune Pietro.

L'histoire stéphanoise de Pierre Cardin est d'abord une histoire d'immigration. Il née en 1922 en Italie, le pays de ses parents, des propriétaires terriens qui ont tout perdu. Celui qui s'appelle alors Pietro Cardini est le dernier de leurs dix enfants. Son parcours passe en France par La-Tour-du-Pin (Isère), avant donc une arrivée à Saint-Etienne à l'âge de 8 ans.

L'arrivée en France : "sale macaroni"

De ses années stéphanoises, on ne sait pas grand chose, sans doute car la période a été rude pour cette famille comme l'expliquait Jean-Pascal Hesse dans une interview sur Youtube en 2017. "Il est arrivé en France à l'âge de 2 ans, avec une partie de sa famille et ses parents qui sont des gens relativement âgés" explique celui qui a dirigé les relations publiques du couturier pendant 25 ans, jusqu'à publier une autobiographie "Pierre Cardin : 60 ans de création". 

"Ses frères et sœurs sont restés en Italie. Sa famille avait de gros moyens, mais ils ont tout perdu. Il me disait toujours qu'on le trait de "sale macaroni". Il a dû en souffrir et il était animé de cette volonté de réussir et c'est aussi ce qui l'a porté". Lors de l'émission "A voix nue, grands entretiens d'hier et d'aujourd'hui" diffusée en 1992 sur France Culture, Pierre Cardin se souvient d'une période très dure. 

"Je me suis élevé dans une tradition de petit réfugié. J'ai beaucoup souffert à 8 ou 9 ans que mes petits camarades m'appellent le "petit macaroni". C'était très vexant."

À 14 ans, il apprend le métier chez le tailleur Bompuis à Saint-Étienne

La famille arrive à Saint-Étienne en 1930. En 1936, elle obtient la nationalité française et c'est cette année là que celui qu'on appelle maintenant Pierre débute son apprentissage, à Saint-Étienne, chez Bompuis sur la Grand-rue. Il apprend les ficelles du métier chez ce tailleur puis décide de quitter la ville avec le consentement de ses parents.

"Je suis parti de Saint-Étienne à 17 ans. J'avais toujours décidé de monter seul à Paris, seul avec une bicyclette que j'avais acheté avec beaucoup de difficultés à la Manufacture d'armes et de cycles de Saint-Étienne."

Un voyage interrompu par les Allemands qui obligent Pierre Cardin à se rendre à Vichy  où il va poursuivre son apprentissage dans une maison de couture avant de travailler ensuite comme comptable à la Croix-Rouge. 

Le rêve de Paris et la gloire internationale

Saint-Étienne puis Vichy deviennent vite trop étroites pour celui qui se rêve déjà créateur. Le Stéphanois Pierre Cardin monte en 1945 à la capitale comme il l'explique en 1973 dans l'émission "Au fil de l'art" : "J'ai eu la chance de monter à Paris et de rencontrer des gens comme Jean Cocteau et (Christian) Bérard et de travailler dans des grandes maisons comme Schiaparelli et Dior. Il est certain que quand on commence à une vingtaine d'années dans des grandes maisons on a de grande chances de réussir. On est en tout cas plus connu que des modélistes qui travaillent dans une petite maison".

Il rêvait encore des prés stéphanois

La suite c'est un succès ininterrompu et une carrière qui aura duré 70 ans. Le roman hors norme d'un fils d'immigré débarqué à Saint-Étienne à la fin des années 30, une ville qui restera dans son cœur car sa famille y est restée explique Peggy Chabanole, rédactrice en chef de Loire Magazine. 

Pierre Cardin et Saint-Etienne par Peggy Chabanole

Elle avait rencontré le couturier en 2012, dans son bureau : "Il n'avait que Paris en tête, son frère lui voulait être fonctionnaire. Il l'a été, à la mairie de Saint-Étienne. Ses parents et son frère sont restés à Saint-Étienne, d'ailleurs il y sont enterrés. De Saint-Étienne il se souvenait des grands prés, d'une campagne. Des bleuets, des coquelicots, il était petit et tout lui paraissait immense. Il en rêvait. Et à cette époque, alors qu'il allait avoir 90 ans, il me disait qu'il en rêvait encore".

Les Beatles George Harrison, Ringo Starr, Paul McCartney et John Lennon portant des vestes sans col signées Pierre Cardin en 1963 avant un concert
Les Beatles George Harrison, Ringo Starr, Paul McCartney et John Lennon portant des vestes sans col signées Pierre Cardin en 1963 avant un concert © Getty - Harry Hammond/V&A Images
Choix de la station

À venir dansDanssecondess