Société

Pierre Torres, ex-otage en Syrie, ne croit pas au versement d'une rançon par la France

Par Eric Turpin, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) samedi 26 avril 2014 à 17:02

Pierre Torres, ex otage en Syrie, au club de la presse de Rouen
Pierre Torres, ex otage en Syrie, au club de la presse de Rouen © Marine Laugénie - Radio France

Pierre Torres, ex-otage en Syrie, ne croit pas que la France a versé une rançon de 18 millions de dollars (13 millions d'euros) pour le libérer lui et ses trois autres camarades journalistes. "Ca me parait vraiment irréaliste" a déclaré samedi le photographe rouennais, lors d'une conférence de presse à Rouen

Une semaine après la libération des quatre journalistes otages en Syrie et leur retour en France, Pierre Torres a donné son témoignage lors d'une conférence de presse à Rouen. Le photographe rouennais a réagi aux allégations de l'hebdomadaire allemand Focus sur le versement par la France d'une rançon de 18 millions de dollars (13 millions d'euros) pour la libération des quatre journalistes français. 

"Si on m'a acheté 18 millions de dollars, c'est flatteur. C'est la première fois que j'entends ce chiffre. Ca me parait beaucoup trop" , a déclaré Pierre Torres. "Je suis absolument convaincu que la France n'a pas payé. Je ne sais pas si quelqu'un a payé, si ça a été quelque chose en argent, si ca a été une pression d'un autre type" .

"Attirer l'intérêt sur ces questions me parait dangereux"

Le photographe rouennais qui a rejoint sa famille en Haute-Normandie depuis quelques jours, se dit surpris qu'une telle information paraisse. "Je pense que c'est assez embêtant pour nous journalistes de sortir des chiffres, surtout des chiffres comme çà qui sont énormes . Là ça me parait totalement irréaliste" , a ajouté Pierre Torres. "On a deux confères qui ont été tués au Mali parce que sûrement leurs ravisseurs se sont dits que les journalistes ça vaut cher. Attirer l'intérêt des gens sur ces questions là me parait dangereux"

Pierre Torres, ex otage en Syrie, décroche la banderole de soutien - Radio France
Pierre Torres, ex otage en Syrie, décroche la banderole de soutien © Radio France
"Je suis extrêmement surpris par la mobilisation"

Lors de la conférence de presse qui se déroulait au club de la presse de Haute-Normandie à Rouen, Pierre Torres a expliqué avoir été surpris par la mobilisation, tant en Haute-Normandie où vit sa famille qu'en France. Devant les journalistes, il est revenu sur ses conditions de captivité. "Je pense que des quatre otages, je suis celui qui a eu les plus faciles" , a t-il expliqué. "Les preneurs d'otages ont essayé de nous donner les meilleurs conditions possibles" .

L'ex otage français en Syrie a confié que ses ravisseurs avaient peur d'une intervention occidentale contre eux. "Lors de nos déplacements, ils s'arrangeaient toujours pour qu'on ne reconnaisse pas les lieux" . Les quatre journalistes étaient alors menottés et ils avaient toujours les yeux bandés. " Ce n'était pas facile mais ça a été vivable" , a conclu le photographe rouennais.

"18 millions d'euros, c'est irréaliste"

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