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Pisieu : le calvaire d'une quinzaine de familles à cause d'un club de ball-trap tout proche des habitations

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Isère

Ils n'en peuvent plus. Depuis six ans, une quinzaine de familles subit les nuisances sonores d'un club de ball-trap à proximité immédiate de leurs maisons. Regroupées au sein d'un collectif, elles œuvrent pour obtenir raison et faire diminuer les bruits des armes à feu.

Depuis 6 ans, ce collectif lutte pour stopper les nuisances sonores d'un club de ball-trap à proximité des habitations.
Depuis 6 ans, ce collectif lutte pour stopper les nuisances sonores d'un club de ball-trap à proximité des habitations. © Radio France - Bastien Thomas

"Il faut que Monsieur Hernandez entendent notre souffrance parce que c'est une vraie souffrance" raconte Sylvie Perrignon, secrétaire de l'association "Protection de la Verrerie" au sujet du club de ball-trap situé à quelques mètres de sa maison. Par ball-trap, entendez une discipline de tir sur des cibles volantes. Depuis la création de ce club il y a six ans sur les communes de Pisieu, Saint-Julien-de-l'Herms et Pommiers-de-Baurepaire, la vie des riverains a totalement changé. Quatre jours par semaine, de 10 heures à 18 heures, les bruits s'enchaînent. Depuis, ils essaient, tant bien que mal, de faire stopper les nuisances sonores.

"On se croirait en guerre. Ce sont des armes à feu. Ils ne tirent pas avec des lances-pierres" - Sylvie Perrignon, secrétaire de l'association "Protection de la Verrerie"

Avant tout, ces riverains le répètent, ils n'ont "rien contre ceux qui font du ball-trap ou de la chasse, mais contre le bruit que cela occasionne". "Il y a des gens qui sont sous antidépresseurs, il y a des gens qui partent" continue Sylvie Perrignon. "Ça nous rend fous" poursuit-elle. Une des conséquences des bruits de tirs, c'est la valeur des habitations limitrophes. "Nos maisons sont devenues inhabitables et invendables. On les a fait expertiser par des agents immobiliers" détaille Sylvie, la voix pleine d'émotion.

ECOUTEZ Les conséquences des nuisances sonores de ce club de ball-trap pour les riverains

Nuisances sonores et pollution au plomb

Ce qui pose également problème, c'est le lieu où est installé le club. Il s'agit de la zone de la Verrerie, à cheval sur les communes de Pisieu, Saint-Julien-de-l'Herms et Pommiers-de-Baurepaire, près de Vienne. "Nous sommes dans une Zone Naturelle d'Intérêt Écologique protégée, notamment pour l'espèce du busard cendré" explique Sylvie. 

Un fusil et des cibles à toucher en vol lorsque l'on pratique le ball-trap.
Un fusil et des cibles à toucher en vol lorsque l'on pratique le ball-trap. © Radio France - Bastien Thomas

"Les balles utilisées pour tirer contiennent du plomb ultra polluant pour les sols" continue-t-elle. "On voudrait préserver ce territoire où l'on a eu la chance de décider de vivre" dit-elle encore.

Philippe Hernandez, gérant du club, se dit "en toute légalité"

Face à ses opposants, le gérant du stand de tir, Philippe Hernandez, se défend : "pour ce qui est des cibles, on achète français et tout est biodégradable, la terre comme la peinture. Ensuite, on passe avec un broyeur pour éliminer les déchets". Pour les nuisances sonores, là aussi, il estime être en règle. "On a fait trois études acoustiques. A chaque fois, on est dans le positif" dit-il.

Philippe Hernandez assure qu'aucun déchets n'est jeté dans la nature. Ici les cartouches usagées.
Philippe Hernandez assure qu'aucun déchets n'est jeté dans la nature. Ici les cartouches usagées. © Radio France - Bastien Thomas

Le collectif "Protection de la Verrerie" assure que ces tests ne sont pas en règles, pour les deux premiers. Et un doute persiste sur le dernier, "puisqu'il a été réalisé par quelqu'un de la Fédération Française de ball-trap" explique Sylvie Perrignon. L'association souhaite faire elle-même un nouveau test, "en conditions réelles" pour en avoir le cœur net.

Autre aspect conflictuel, l'usage de balles qui contiennent du plomb. "Nous faisons venir une entreprise spécialisée pour récupérer tous les restes de plomb, pour les remettre ensuite dans la chaîne de fabrication" détaille Philippe Hernandez. Un passage qui n'a pas été porté à la connaissance des riverains, "puisque l'on a eu aucune facture ou document officiel justifiant de la dépollution des sols" raconte Sylvie. Une demande qui a aussi été faite par le maire de Pisieu, Jean-Luc Durieux.

Sans dialogue, l'association a saisi la justice

Les riverains ont pourtant tenté la conciliation avec Philippe Hernandez. "Nous avons envoyé des courriers recommandés avec accusés de réception restés sans réponses" dit Sylvie. Ce que conteste le gérant du site de tirs, même s'il comprend parfaitement que "certains puissent ne pas aimer le ball-trap". "Utiliser des silencieux sur les fusils et carabines pourrait limiter les bruits" poursuit la secrétaire de l'association, excédée par la situation.

ECOUTEZ Le reportage France Bleu Isère sur l'action judiciaire de l'association "Protection de la Verrerie"

Face à ce statut quo, la justice a été saisie à trois reprises par l'association "Protection de la Verrerie". "On attend une réponse du Tribunal de Grande Instance de Grenoble le 30 juin" précise Madame Perrignon. "Cela pourra être défavorable mais on ne lâchera rien" dit-elle.

Lors de notre entretien, Philippe Hernandez dit ne pas avoir connaissance d'une procédure judiciaire à son encontre, mais il se défendra "avec son point de vue et ses convictions" dit-il. "Nous avons eu des autorisations signées par le ministère des Sports à Paris. Si nous n'étions pas dans les règles, nous ne serions pas ouvert" clame-t-il.

La justice tranchera et donnera son point de vue sur la situation, notamment à propos des nuisances sonores et la pollution des sols. Deux critères dont le plus strict respect est fondamental selon la préfecture de l'Isère pour autoriser ce stand de tirs à ouvrir.

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