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Plus d'accompagnement, plus de langues : que prévoit la réforme des collèges ?

France Bleu mercredi 11 mars 2015 à 7:58 Mis à jour le mercredi 11 mars 2015 à 12:54

La cour de récréation d'un collège (photo d'illustration)
La cour de récréation d'un collège (photo d'illustration) © Marlene Awaad - MaxPPP

Ce mercredi, la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem a présenté au Conseil des ministres sont projet de réforme du collège, qui devrait entrer en vigueur d'ici 2017. Un chantier compliqué, qui prévoit notamment de laisser plus d'autonomie aux établissements, et la mise en place d'une deuxième langue dès la classe de 5e.

Le chantier, politiquement complexe, arrive avec un an de retard sur le calendrier initialement prévu : ce mercredi, Najat Vallaud-Belkacem a levé le rideau en Conseil des ministres sur un nouveau projet de réforme de la scolarité au collège. 

Le constat de départ qui a donné lieu à l'élaboration de cette réforme, c'est que le collège "ne garantit pas l'acquisition des apprentissages de base " , selon la ministre de l'Education nationale. "En dix ans, les élèves ont régressé dans leurs apprentissages fondamentaux, notamment en maths, en français, en histoire ", précise-t-elle. Et d'ajouter à cela "l'ennui " suscité par "l'abstraction de certaines disciplines ", et le sentiment de beaucoup d'enseignants d'être "bridés dans leurs initiatives ". 

Que prévoit donc le projet de réforme du collège ?

Une deuxième langue dès la 5e : de même que l'apprentissage d'une première langue doit être mis en place dès le CP, l'étude d'une deuxième langue vivante sera avancée à la classe de 5e, plutôt que la 4e aujourd'hui. La contrepartie, c'est que les sections européennes et les classes bilingues, qui ont justement pour particularité d'apprendre plus de langues plus tôt, disparaîtront. L'organisation de 20% du temps de cours sera laissée à la discrétion de chaque établissement : il s'agira d'un temps consacré à deux types d'enseignements. D'une part l'accompagnement personnalié, qui ne sera plus limité à la classe de 6e. D'autre part, des enseignements pratiques interdisciplinaires, destinés à à croiser des disciplines pour "donner du sens" aux apprentissages. Evalués au brevet, ces enseignements interdisciplinaires pourront tourner autour de huit thèmes : "développement durable", "sciences et société", "corps, santé et sécurité", "information, communication, citoyenneté", "culture et création artistiques", "monde économique et professionnel", "langues et cultures de l'antiquité", et "langues et cultures régionales et étrangères".  Une pause d'au moins 1h30 à la mi-journée. Les pauses d'une seule heure entre 12h et 13h ne seront plus autorisées.Des "moments forts" dans l'année scolaire, qui pourront prendre la forme de commémorations, de spectacles de fin d'année, mais aussi de journées spéciales comme la journée de la laïcité.La généralisation des conseils de vie collégienne , sur le modèle des conseils de vie lycéenne déjà en place.Le numérique pour tous les collégiens, avec la mise à disposition de tablettes et la création de ressources en ligne. A LIRE AUSSI > à Bordeaux, des collégiens apprennent le portugais en plus de l'anglais

Un mois de consultation

En parallèle à cette réforme de l'organisation du collège, le ministère prévoit une réforme du socle commun , c'est-à-dire de tout ce que doit avoir acquis un élève à la fin de sa scolarité obligatoire (soit à 16 ans). Et cela viendra en même temps qu'une réforme des programmes scolaires, que le ministère promet "plus progressifs et plus cohérents ". 

Après sa présentation ce mercredi, le projet va être débattu pendant un mois avec les membres de la communauté éducative , débat qui s'annonce houleux car les syndicats trouvent que cette réforme va soit trop loin, soit pas assez, en particulier en ce qui concerne l'interdisciplinarité. A l'issue de ce mois de concertation, le Conseil supérieur de l'éducation détaillera le 10 avril les éléments concernant les horaires, l'évaluation des élèves, et l'évolution du Diplôme national du brevet. 

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