Société

Plus d'un million d'heures supplémentaires non payées aux gardes du corps de la République

Par La rédaction de France Bleu, France Bleu jeudi 24 septembre 2015 à 8:32

Les gardes du corps de la République en colère - illustration
Les gardes du corps de la République en colère - illustration © Max PPP

C'est une enquête du service "Secrets d'Info" de Radio France que France Bleu relaie ce jeudi : le service de la protection des personnalités est épuisé, au point que certains policiers de ce service prestigieux, qui veille notamment à la sécurité du Président, envisagent de déposer plainte.

Du président de la République, à des personnes menacées, le Service de la protection des personnalités est l'un des plus prestigieux de la police française. Mais aujourd'hui, il est à bout de souffle. C'est ce que révèle une enquête du service "Secrets d'Info - Investigation & Décryptage" de Radio France ce jeudi. 

Plus d'un million d'heures supplémentaires non payées

1,3 million d'heures supplémentaires effectuées au sein de ce service n'ont pas été payées, selon le syndicat Alliance. Jean-Claude Delage, le patron de cette organisation, en appelle au gouvernement : "Il faudrait prendre en compte ce qu'ils ressentent. Ça éviterait peut-être justement que des fonctionnaires aillent saisir, par l'intermédiaire d'un avocat, la Justice pour exprimer le mal-être qu'ils vivent dans ce service qui a toujours été considéré comme un service d'élite et où on n'a jamais connu, jusqu'à présent, un tel malaise." 

Ce sont des milliers et des milliers d'heures par fonctionnaire qui se sont accumulées, avec des cadences souvent infernales, des récupérations souvent impossibles. Tout ça jusqu'à épuisement du fonctionnaire - Jean-Claude Delage du syndicat Alliance

Quatorze membres du Service de la protection envisagent de déposer plainte pour mise en danger de la vie d’autrui et travail dissimulé. 

L'épuisant plan Vigipirate

Les policiers sont également épuisés par le plan Vigipirate, notamment à Paris et dans la région où ils sont nombreux à être mobilisés. En Seine-Saint-Denis le week-end, il n’y a quasiment plus de policiers pour assurer les missions ordinaires, la police du quotidien, selon Erwan Guermeur, policier à Bobigny : "Par exemple on mutualise un véhicule pour faire l'ensemble des missions de police secours parce qu'on a mobilisé l'ensemble des autres véhicules pour assurer des gardes statiques sur des lieux confessionnels ou des domiciles de personnes qui peuvent être exposées. Et du coup, les autres interventions sont assurées quand on peut. Par exemple quand une personne appelle et qu'on constate un délit flagrant et qu'on n'a absolument aucun véhicule à envoyer. le temps qu'un véhicule se libère, les individus ne vont pas attendre la police pour partir avec leur butin ou autre chose. Donc c'est sûr que des interventions, on en rate".

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