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Société

"Mon papa a tué ma maman" : 1500 personnes défilent à Strasbourg contre les violences faites aux femmes

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass

L'appel national, relayé par 16 associations féministes bas-rhinoises, a été suivi à Strasbourg par 1650 personnes. Elles ont défilé samedi 23 novembre contre les violences faites aux femmes, deux jours avant la fin du grenelle contre les violences conjugales initié par le gouvernement.

A Strasbourg, 1650 personnes ont manifesté (selon la préfecture) contre les violences faites aux femmes samedi 23 novembre 2019.
A Strasbourg, 1650 personnes ont manifesté (selon la préfecture) contre les violences faites aux femmes samedi 23 novembre 2019. © Radio France - Solène de Larquier

Strasbourg, France

Les écharpes, bonnets, rubans violets étaient nombreux dans les rues de Strasbourg samedi 23 novembre. 1 650 personnes (selon la préfecture) ont manifesté pour dénoncer les violences faites aux femmes et demander au gouvernement des mesures concrètes, à deux jours de la fin du grenelle contre les violences conjugales. L'appel national de "Nous toutes" était relayé par 16 associations féministes bas-rhinoises.

"C'est mon papa qui a tué ma maman"

Une grande majorité de femmes, beaucoup de jeunes, mais aussi des hommes, sont partis de la place de l'étoile à 14 heures pour faire une première halte devant l'hôtel de police sous les cris des manifestants. Puis une jeune fille a pris la parole pour apporter un témoignage bouleversant. Sourde, Ophélie a été traduite par une interprète : "Il y a trois ans, ma maman est morte. J'ai 11 ans et j'ai eu ma maman avec moi pendant seulement huit ans et pour moi c'est très court quand même. C'est mon papa qui a tué ma maman. Merci d'être là." Son frère, Matt, est monté sur l'estrade à son tour : "Cela fait trois ans que ma maman me manque" a-t-il insisté. 

Leur tante, Mélanie, avec qui les enfants vivent aujourd'hui à Strasbourg, monte à son tour sur l'estrade. Elle aussi s'exprime en langue des signes : "Toute la famille de Johanna est là aujourd’hui devant l'hôtel de police, c'était important pour nous parce que ma sœur a appelé au secours, à la mairie, à la police, dans les associations et elle est morte quand même. J'en veux à l'Etat de ne pas avoir su protéger les enfants et ma sœur." Dans l'assistance, l'émotion est très vive. Le frère de Johanna explique les circonstances de sa mort : la jeune maman de 29 ans avait annoncé à son conjoint son intention de le quitter, il l'a alors brûlé vive le 28 juillet 2016 à Saint-Germain-lès-Arpajon dans l'Essonne. L'homme a été condamné à 30 ans de réclusion criminel mais a fait appel. Depuis, les enfants sont revenus en Alsace où toute la famille vit. 

"Elle a porté plainte et elle est morte quand même"

Dans la foule, de nombreuses pancartes, sur l'une d'elles, ces mots : "Elle a porté plainte et elle est morte quand même." Référence à de nombreuses femmes tuées. Depuis le début de l'année 2019, le collectif "féminicides par (ex) conjoint" recense déjà 137 féminicides, dont six en Alsace. Le nom de Sylvia Auchter est d'ailleurs présent sur la banderole en tête de cortège et présent dans de nombreuses têtes. Mathilde rapporte avoir été bouleversée par le témoignage de Stella Guitton, la fille de cette quadragénaire tuée par son époux (le couple était en instance de divorce) le 10 décembre 2019 à Oberhoffen-sur-Moder. "Ça a encore plus éveillé ma conscience" affirme la jeune étudiante bas-rhinoise en reprenant : "Sa fille est arrivée sur place avant les gendarmes... alors qu'ils étaient prévenus, et que la victime avait déjà porté plainte" soupire-t-elle. Aujourd’hui en France, une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint.

Les femmes victimes de violences peuvent contacter le 3919, un numéro de téléphone gratuit et anonyme. Cette plateforme d'écoute, d'information et d'orientation est accessible de 9 heures à 22 heures du lundi au vendredi et de 9 heures à 18 heures les samedis, dimanches et jours fériés.

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