Société

Plus de constructions et moins de normes : Emmanuel Macron présente sa réforme du logement depuis Toulouse

Par Thibaut Lehut et Vanessa Marguet, France Bleu Toulouse et France Bleu lundi 11 septembre 2017 à 18:09 Mis à jour le lundi 11 septembre 2017 à 19:10

Emmanuel Macron a présenté son plan logement à Toulouse, le 11 septembre 2017.
Emmanuel Macron a présenté son plan logement à Toulouse, le 11 septembre 2017. © AFP - Pascal Pavani

Emmanuel Macron a présenté lundi à Toulouse les grands axes de sa réforme du logement. Avec notamment la création de 50.000 places pour les plus précaires ainsi qu'une "libération" de la construction par une "réduction" des normes environnementales et sociales.

Emmanuel Macron était à Toulouse, ce lundi, avec pour objectif de présenter les grandes lignes de sa réforme du logement. À l'issue de ce déplacement, trois annonces : la création de 50.000 places remplaçant notamment les nuitées d'hôtel pour les plus précaires, la construction de 40.000 logements très sociaux par an, et "réduction" des normes environnementales et sociales pour les logements neufs.

50.000 places pour les plus précaires

Premier volet du plan présenté par le président de la République, "Logement d'abord". Cet aspect de la réforme est destiné aux personnes en grande précarité. Il prévoit la création de 50.000 places supplémentaires pérennes, dont 10.000 dans des pensions de famille et 40.000 dans le parc locatif. Elles doivent remplacer des nuitées d'hôtels, que le chef de l'État juge inadaptées et "très coûteuses".

"Je souhaite qu'on change très profondément de philosophie, c'est à dire construire plus de logements très sociaux et plus de logements accompagnés" - Emmanuel Macron

En pratique, les 40.000 places dans le parc locatif comporteront des mécanismes "d'intermédiation locative" : des plateformes intermédiaires assumeront le risque locatif. Ce qui permettra de proposer à ces personnes des logements "beaucoup mois chers, en ville", a promis Emmanuel Macron. Ce volet fera l'objet d'une "mise en oeuvre accélérée dans 15 territoires volontaires dont Toulouse", a précisé le Président.

Construire 40.000 logements "très sociaux" par an

Le plan "Logement d'abord" prévoit également la production de 40.000 logements "très sociaux" (les logements PLAI) par an dès 2018, destinés aux plus défavorisés. Pour le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert, ces mesures vont dans le bon sens, notamment les places en intermédiation locative, mais "il faudrait aller plus loin dans la construction de logements très sociaux".

"Il va y avoir encore un effort à faire sur la plan budgétaire" - Christophe Robert de la fondation Abbé Pierre

Au-delà de ces dispositifs destinés au plus précaires, la réforme du logement prévoit aussi, et c'est le deuxième volet, d'augmenter le nombre de logements sociaux disponibles. Emmanuel Macron souhaite "faire tourner davantage le parc social en faisant rentrer beaucoup plus de monde et activer une politique de baisses des prix" des logements sociaux.

Assouplir les règles pour encourager la construction

Le dernier volet de la réforme consiste à provoquer un "choc d'offre", déjà évoqué par le chef de l'État dans le passé, en libérant le marché de la construction. Avec une méthode : réduire "les exigences des normes environnementales et sociales" pour obtenir "une production massive" en quelques années. "Notre pays en construit trop peu car notre système est bloqué par la sur-réglementation", a estimé Emmanuel Macron. Il faut "diminuer cette réglementation pour la rendre plus pragmatique, y compris sur des normes qui relèvent de très bons sentiments, quelques fois environnementales et sociales".

On me dire que je ne respecte par l'environnement ou parfois le handicap [...], mais il faut du pragmatisme" - Emmanuel Macron

"Vous en entendrez parler, il y aura énormément de (gens) qui s'élèveront contre ça, tous ceux qui ont dit (que) ces normes (sont) sur tout le territoire pour tout le monde" : "on me dira que je ne respecte pas l'environnement, ou parfois le handicap, parfois ceci ou cela. Mais il faut du pragmatisme", car "c'est essentiel pour résoudre le problème du logement", a-t-il conclu.

"Notre système est bloqué par la sur-réglementation" - Emmanuel Macron

Le président de la République avait également annoncé, il y a quelques semaines, qu'il envisageait d'aller au-delà de la baisse controversée des aides personnalisées au logement (APL) "dans le cadre d'une transformation profonde qui doit faire baisser les loyers".