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Dossier : Coronavirus Covid-19

"Plus rien dans le frigo", 3.000 allocataires RSA supplémentaires en Vaucluse

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Par , France Bleu Vaucluse

La crise sanitaire du coronavirus a fait augmenter de 20% le nombre d'allocataires du revenu de solidarité active en Vaucluse. Les CDD et contrats précaires n'ont pas été renouvelés dans la restauration ou hôtellerie. Les demandes d'aides pour manger ou payer le loyer explosent.

3.000 personnes supplémentaires ont obtenu le versement du revenu de solidarité active en Vaucluse à cause de la crise sanitaire.
3.000 personnes supplémentaires ont obtenu le versement du revenu de solidarité active en Vaucluse à cause de la crise sanitaire. © Radio France - Philippe Paupert

Le nombre d'allocataires du RSA a augmenté de 20% en 2020 en Vaucluse. C'est une conséquence de la crise sanitaire : la fermeture des hôtels et restaurants, le confinement des entreprises agro-alimentaires ont mis au chômage beaucoup d'employés saisonniers. 

Le Revenu de Solidarité Active est indispensable pour payer le loyer et les factures. En Vaucluse, les associations qui accueillent ces travailleurs pauvres évoquent un combat contre la pauvreté qui devient une lutte pour la survie.

Emploi perdu avec la crise sanitaire

À 25 ans, Wiam est étudiante en master de mathématiques à Avignon. Depuis la crise sanitaire, elle calcule davantage puisque sa mère a perdu son emploi avec la crise sanitaire : "elle travaillait de temps en temps dans un hôtel comme femme de ménage".

Cette femme seule avec trois enfants étudiants a donc demandé le revenu de solidarité active, indispensable pour le quotidien : "nous n'avons pas de sous pour manger, pas de sous pour payer le logement. Les Restos du Cœur nous aident pour manger, mais pas pour les vêtements d'hiver. On parle beaucoup d'argent entre nous depuis que nous n'en avons plus"

Emprunter aux voisins pour manger

Ce père de deux enfants devait venir témoigner au micro de France Bleu Vaucluse, mais finalement "non. Il préfère garder l'anonymat. Pour lui, c'est comme lui afficher une étiquette sur la tête. Pour ses enfants, il préfère garder sa dignité"

C'est donc sa voisine Anissa qui décrit la situation de cet Avignonnais : "il ne s'en sort pas à cause de la crise sanitaire. Il est aidé par la Croix-Rouge, sinon il ne pourrait pas manger. Avant le Covid, il était agent d'entretien en restauration. Il a perdu son travail. Il ne peut pas payer son logement social. Il n'avait rien dans son frigo.

C'est nous, les voisins, qui lui avons apporté à manger. Il a dû emprunter 2.500 euros à ses voisins pour se nourrir. Ça devient grave." Aujourd'hui, ce père a retrouvé un intérim dans la sécurité mais la situation est très précaire. 

CDD et intérim non renouvelés

À l'association RTSA de relais pour le travail sur la Rocade d'Avignon, Murielle Thevenoux a vu fondre les CDD et intérim. Sa mission d'insertion socio-professionnelle est devenue une aide sociale avec des rendez-vous pour faciliter les démarches administratives : "les contrats n'ont pas été renouvelés pendant et après les confinements. Les personnes en situation précaire se sont retrouvées du jour au lendemain dans une situation plus que précaire. Ça a été une explosion de demandes de démarches".

Tout le monde ne touchera pas le RSA

3.000 allocataires supplémentaires perçoivent le RSA en Vaucluse. Le département de Vaucluse a voté 110 millions d'euros pour financer le RSA, mais tout le monde n'y aura pas droit s'inquiète Fathia El Majdouli, conseillère d'insertion : "il faut avoir travaillé deux ans dans les cinq dernières années.

Si la personne en travail saisonnier n'a pas réussi à cumuler deux années complètes, elle ne peut pas prétendre au RSA. Vers qui va-t-elle se tourner pour compléter ce manque d'argent et de nourriture ?"

Pour Samira Hamoussa, la présidente de l'association RTSA, la crise sanitaire a modifié le combat : "quand on dit lutte contre la pauvreté, c'est devenu la lutte pour la survie désormais". 

Tomber dans le RSA, c'est perdre sa fierté

Samira Hamoussa, la présidente du relais pour le travail, multiplie désormais les interventions pour négocier un étalement des loyers ou des factures d'électricité. "Maintenant les gens n'arrivent plus à se nourrir. Ils n'ont plus rien du tout". Elle a vérifié que c'est "la conséquence de la fermeture de tous ces employeurs dans l'hôtellerie ou la restauration.

Ces emplois de femmes de ménage ou d'employés de restauration, c'était leur fierté de travailler, de renouveler leurs droits et de ne pas tomber dans le RSA. Pour eux, le RSA, si on tombe dedans, c'est qu'on est au bout du rouleau après la crise du Covid-19".

110 millions d'euros pour le RSA en Vaucluse

Le département de Vaucluse a voté 110 millions d'euros pour financer le RSA 2020. Le RSA, c'est 565 euros par mois, pour une personne seule sans enfant. Le RSA dépasse à peine 1.150 euros pour un couple avec deux enfants. Mais tous les demandeurs d'emploi de la crise sanitaire ne pourront pas en bénéficier, car il faut avoir suffisamment travaillé les années précédentes pour le percevoir.

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