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Société

"Plus vous jetez, plus vous payez" : des puces dans les poubelles de 153 communes de la Marne

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu

A partir de ce mois d'avril, 153 communes de quatre communautés de communes de l'Est de la Marne vont avoir des puces dans leur poubelles. Objectif, compter le nombre de fois où chaque foyer sort ses ordures. Et, s'il la sort plus de 18 fois par an, le foyer devra payer un supplément, dès janvier.

Moins de sacs dans les poubelles, pour payer moins cher, c'est l'objectif des 40 000 nouveaux habitants.
Moins de sacs dans les poubelles, pour payer moins cher, c'est l'objectif des 40 000 nouveaux habitants. © Maxppp - ILLUSTRATION

Sainte-Menehould, France

"C'est comme le compteur électrique, vous avez un abonnement, et en plus, vous payez ce que vous consommez. Ce n'est pas aux autres de payer pour vous". En ce début avril, Yves Renollet s'apprête à tout changer dans la collecte des ordures d'un peu plus de 40 000 habitants. Il est responsable du service technique du Symsem, le Syndicat mixte du sud-est marnais.

A partir de ce mois d'avril 2019, la tarification incitative va démarrer. Des puces vont être activées dans les poubelles des 19 000 foyers des communautés de communes de Moivre à la Coole, de l'Argonne Champenoise, des Côtes de Champagne et Val de Saulx, du Perthois Bocage et Der.

Les communes qui vont changer de système de collecte des ordures. - Aucun(e)
Les communes qui vont changer de système de collecte des ordures. - Symsem

Un test jusqu'à la fin de l'année

Une phase de test, où les habitants recevront des factures "à blanc", jusqu'à fin septembre. Ils ne devront commencer à les payer que le 1er janvier 2020

Concrètement, chaque foyer a le droit à 18 ramassages, soit un peu peu moins d'un tous les trois semaines. Ceux qui sortent leur poubelle moins souvent paieront quand même la redevance correspondant à 18 ramassages. Au delà, ils paieront (voir les tarifs ci-dessous). Ainsi, un couple avec deux enfants qui voudrait continuer de sortir sa poubelle une fois par semaine paiera une pénalité de 144 euros par an.

La nouvelle grille tarifaire des communes concernées. - Aucun(e)
La nouvelle grille tarifaire des communes concernées. - Symsem

"Les gens ne dépassent jamais les 26 levées, au vu des autres collectivités auprès desquelles nous nous sommes renseignés, compte Yves Renollet. Et les pénalités, on les fera un payer un tiers de ce que ça nous coûtera réellement". 

30% des habitants des Ardennes ont déjà ce système 

Pour acheter des bacs équipés de puces, et installer les lecteurs, sur le camion, le Symsem a dépensé 600 000 euros. "Le but premier, c'était de faire des économies, pour ne pas augmenter les prix, le coût du traitement des déchets augmentant", explique Yves Renollet. 

Pour l'instant, dans la Marne, seule la communauté de communes du Sud Marnais applique la tarification incitative. Avec l'ajout des 19000 foyers couverts par le Symsem, ce sera 8% de la population. Le département est très en retard sur son voisin des Ardennes, où 30% de la population sera couverte en 2020, selon L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). En retard, aussi, sur le total de la région Grand Est, et de la France (22% chacune). 

En Ardenne Thiérache, le système est en place depuis 2014 : "ça me convient, se réjouit Monique. Le seul problème, ce sont les odeurs l'été, il faut prendre des précautions". 

Reportage France Bleu en Ardenne Thiérache

Et ce chiffre devrait encore augmenter. A la mi-octobre, les députés ont adopté un amendement au projet de budget 2019, pour faciliter la mise en place par les collectivités d'une part incitative de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), pour encourager financièrement les redevables à produire moins de déchets.

Un risque de dépôt sauvage ?

Le risque, et c'est ce que craint le Symsem, c'est que, pour ne pas payer davantage, les habitants décident de déposer leurs sacs au bord des routes, de manière sauvage.  "La triche existe toujours à la marge, reconnaît Yves Renollet. C'est surtout observé sur la première année. Exemple dans l'Yonne, où, hormis Auxerre, tout le département est en redevance incitative. Ils collectent 4 000 tonnes au bord des routes, soit autant que la mise en place du système. Ceux qui polluaient avant polluent aujourd'hui." 

Dans le Sud du département, la communauté de commune du Sud Marnais a été la première à mettre ce système en place, dès 2009. Son vice-président Roland Boulard partage cet analyse. "Il n'y a pas plus de triche qu'avant. Par contre, le petit souci que l'on a, c'est qu'on est embêté au niveau du volume des déchets dans les déchetteries".

La première économie c'est le tri

Alors, pour éviter de sortir sa poubelle trop souvent, il y a des conseils pratiques, dit Yves Renollet. "On peut s'arranger avec son voisin, en alternant celui qui sort les ordures, pour pouvoir sortir les poubelles toutes les semaines". 

Mais, au-delà de ça, le plus simple reste de réduire son volume de déchets. "La première économie c'est le tri, surtout le verre, reprend-il. Parce que c'est lourd, mais aussi le plastique, les bio déchets que l'on peut mettre au compost, les achats avec moins d'emballage... Une fois que l'on fait ça, on réduit de 50% facile". Et la préoccupation qui était d'abord économique, devient aussi écologique. 

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