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Société

PMA : "depuis 2013, les témoignages médiatisés des familles homoparentales ont contribué à l'évolution des mentalités"

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Par , France Bleu Occitanie

Six ans après le mariage pour tous, la révision des lois de bioéthique sera débattue pendant deux semaines à partir de ce mardi, avec un symbole, l'ouverture de la PMA à toutes les femmes. Un anthropologue toulousain nous éclaire sur l'évolution des mentalités.

Paris, le 27 janvier 2013 - Manifestation nationale en faveur du mariage pour tous, avec de nombreuses familles homoparentales.
Paris, le 27 janvier 2013 - Manifestation nationale en faveur du mariage pour tous, avec de nombreuses familles homoparentales. © Maxppp - Marlene Awaad

Toulouse, France

Le projet de loi bioéthique arrive ce mardi à l'Assemblée nationale, promettant des débats intenses sur l'extension de la PMA - procréation médicalement assistée - à toutes les femmes, la première grande réforme sociétale du quinquennat Macron. Le texte, qui aborde aussi d'autres sujets comme le don d'organes ou l'auto-conservation des ovocytes sera débattu jusqu'au 9 octobre. Des associations, dont la Manif pour Tous, appellent à manifester contre le projet de loi le 6 octobre, mais les crispations semblent moins fortes qu'en 2013, lors du mariage pour tous.

Jérôme Courduriès, anthropologue, maître de conférences à l’université Jean-Jaurès à Toulouse et auteur de nombreux ouvrages sur les couples et les familles homoparentales, était notre invité ce mardi matin.

Le débat sur la PMA ouverte à toutes les femmes déchaîne moins les passions qu'il y a six ans, celui sur le mariage homosexuel. C'est votre sentiment aussi ?

"Oui, on le constate avec nos enquêtes qui témoignent depuis un certain temps que les familles homoparentales vivent dans un environnement globalement acceptant. Les événements de 2013 ont déformé la réalité de ce qui se passe dans l'entourage de ces familles-là. Les Français sont beaucoup plus acceptants qu'il n'y parait.

Est-ce que ceux qui restent hostiles, que ce soit au mariage homosexuel ou à la PMA, sont identifiables ? Par l'âge, la classe sociale, l'engagement politique ?

Il y a très peu de travaux là dessus. Mais si on se fie aux sondages publiés, on peut supposer que l'âge est un facteur déterminant : on trouve plus de résistance dans les générations les plus âgées. Pour le reste, ça n'est probablement pas uniforme et cela traverse les appartenances politiques. Evidemment, plus on va vers les conservateurs traditionnels, plus on va trouver des résistances à ces changements familiaux. 

Cela signifie t-il que dans trente ou cinquante ans, l'homophobie, comme les postures anti-IVG, auront presque disparu ou en tous cas se limiteront à des minorités agissantes ?

On peut l’espérer. Je crois à la vertu de la pédagogie, de la médiatisation de ces sujets qui font qu'ils participent de plus en plus au quotidien des Français. Je crois aussi qu'il ne faut pas résumer tous les opposants au mariage pour tous autrefois et à l’ouverture de la PMA aujourd'hui à des homophobes. Certains le sont, mais d'autres sont réticents car ils connaissent mal, ils se font de fausses idées. C'est là que les médias et la recherche ont un rôle à jouer.

Si la PMA soulève moins de passion que le mariage homosexuel, est-ce aussi parce que c'est techniquement plus complexe, entre qui est concerné (les femmes, pas les hommes), les histoires de GPA, etc ?

C'est possible mais je n'adhère pas complètement à cela. En 2013, un des premiers arguments avancés par les opposants c'était l'ouverture à venir de la PMA et la reconnaissance de l'homoparentalité. Cela a sous-tendu les résistances. Aujourd'hui si il y a de moins en moins de résistances, c'est que tout un chacun peut comprendre le désir d'enfant. Qu'ils soient ou non concernés directement par l'homosexualité, qu'ils soient parents ou pas, les Français n'ont pas de mal à imaginer que des femmes et des hommes homosexuels puissent éprouver ce désir d'enfant. Ensuite, je pense que les familles homoparentales ont été davantage médiatisées. Leurs témoignages, notamment celui des enfants devenus adultes, ont contribué à montrer aux gens qu'il n'y a pas de problème majeur, que ces enfants sont globalement heureux. C'est le résultat de toutes les enquêtes qui sont faites depuis vingt à trente ans dans le monde entier et les résultats commencent à être diffusés auprès du large public".

Jérôme Courduriès sortira en janvier 2020 un livre intitulé "Homoparentalités. La famille en question?", aux éditions François Bourin, coécrit avec un anthropologue brésilien, Flávio Tarnovski.

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