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Éducation DOSSIER : Dossier du jour de France Bleu Vaucluse

Poids, coût, achat plaisir... Quel cartable pour la rentrée ?

mercredi 30 août 2017 à 6:10 Par Aurélie Lagain, France Bleu Vaucluse

À quelques jours de la rentrée scolaire, la question du cartable se pose pour les retardataires : poids, couleur, confort, roulettes.., C'est plus qu'un accessoire qu'il faut choisir, mais un équipement qui va peser sur les épaules de l'enfant pendant les 36 semaines de l'année scolaire.

Les enfants essaient les cartables avant que les parents n'achètent
Les enfants essaient les cartables avant que les parents n'achètent © Radio France - Aurélie lagain

Chemin de Ramatuel, Avignon, France

Aux rayons fournitures scolaires, il y a un bruit qui par moment couvre le brouhaha de l'hypermarché Carrefour de Courtine, à quelques jours de la rentrée des classes : celui des cartables à roulettes. Plus précisément de deux cartables à roulettes, ceux qu'essaient les deux benjamines de Fatima, en moyenne et grande section à l'école maternelle. Elles ont choisi le même sac, violet, avec une princesse de dessin animé sur le devant.

"On fait plaisir aux enfants." - Christian Turco, chef de rayon

Sauf que la priorité de la maman, tout sourire malgré une heure de courses et de course à la copie double grands carreaux, c'est d'équiper Zaïneb, la grande, qui rentre en sixième.

C'est le troisième magasin qu'elle arpente en quête de l'objet rare, "un joli cartable, rigide, et le budget qui va avec, 40 euros". Soit ça lui plaît à elle et pas à moi... Ce qu'on a vu dernièrement, c'était surtout au point de vue de la qualité. Je n'ai pas envie de racheter un cartable au bout de six mois." Joli ? Pour Zaïneb, c'est "un cartable violet qui fait très collège, avec pas beaucoup de motifs... Enfin si, un peu."

Il va falloir mettre d'accord la mère et la fille. Christian Turco, le chef de rayon sait déjà qui gagnera par K.O. : "C'est toujours des discussions entre les parents et les enfants. C'est chaud... C'est souvent l'enfant qui gagne, on fait plaisir aux enfants."

Pour Christian Turco, c'est déjà la fin de saison de "la maroquinerie". Les cartables sont là depuis le 28 juin, "avant les soldes", précise le chef de rayon. Les ventes ont très bien marché au début, avec une opération commerciale. De nouvelles réductions doivent arriver pour écouler le reste du stock.

Pour un cartable de qualité, estime-t-il, il faut compter dans son rayon au moins 30 euros. Trente euros pour un cartable confortable, "matelassé au niveau des épaules, avec une double épaisseur. Au niveau de la poignée, ergonomique, avec du caoutchouc très bien rembourré, ça ne blesse pas les mains".

Trente euros, c'est aussi souvent le prix des cartables sous licence : dessins animés, super-héros ou marques de vêtements à la mode.

Un maître-mot pour les parents, la solidité

Mais les parents ne se laissent pas convaincre par les couleurs criardes. Il y a un maître mot, c'est la solidité.

On ne la fait pas à Hathika, quatre enfants et un garçon de sixième à équiper. Un nouveau cartable pour son ado : "C'est pour lui donner la sensation que c'est une année exceptionnel, pour le booster". Oui, mais elle est venue sans lui. Elle en a discuté, mais c'est elle qui a choisi "un sac à dos aspect sport. Solide sur les bretelles, la poignée, le rangement, le nombre de pochettes. Le nombre de fermetures éclair". Car de par sa formation en couture, elle sait reconnaître un zip bien posé d'une fermeture qui va se découdre à la Toussaint.

Dépitée, Carole regrette les 50 euros qu'elle a mis dans un sac de marque l'an dernier, et qui n'a tenu que quelques mois : "Il était garanti 10 ans, il a trouvé le moyen de l'exploser. Les sacs voltigent, ils sont maltraités !".

Pas question de mettre autant cette année : Hugo en 4e, aura un cartable de supermarché : "Je l'ai pris par rapport à la qualité dorsale. Il a des bandes réfléchissantes. Il y a un petit parcours à pied, un bon kilomètre."

Mais c'est une année blanche pour Lola qui va garder son sac en toile une deuxième année au collège. Consigne des parents parce qu'un cartable, "ça coûte cher". C'est Nina, la petite sœur à l'école maternelle qui a eu un cartable violet.

Le sac de Lola, pourtant en a vu défiler des kilos de livres : "J'ai déjà eu mal au dos avec mon sac, il était lourd, très lourd".

Plus de huit kilos sur les épaules des enfants

Ca ne fera pas mentir la Fédération des conseils de parents d'élèves, qui estimait en 2013 que le cartable d'un collégien, c'est l'équivalent d'un pack d'eau sur le dos, soit 8,5 kg.

Pourtant, selon le ministère de l'Éducation nationale, le poids du sac ne doit pas dépasser 10% du poids de l'enfant. Le calcul est simple : pour un adolescent de 40 kg, c'est 4 kg maximum le cartable. "Le poids des cartables représente aujourd’hui environ 20% du poids de l’élève. Il est donc en moyenne deux fois trop élevé", estime le ministère.

Et ce n'est pas nouveau !

Alors quel cartable choisir ? Yann Marcel, ostéopathe à Avignon, conseille des bretelles larges, réglables, pour que le sac (cartable ou sac à dos) colle bien au dos. La besace ? Non, car elle ne pèse que sur une épaule.

Yann Marcel voit ainsi arriver dans son cabinet des enfants avec des maux de dos, voire souffrant de migraines ! "Ça va tasser un peu le dos. En pleine croissance, c'est difficile d'accepter 10 à 12 kg sur le dos et marcher toute la journée avec. Ils n'ont pas la charpente nécessaire pour supporter tout ça trop longtemps."

Et c'est bien pour ça que les cartables à roulettes "marchent" moins bien, selon Christian Turco : "Depuis trois ans, on a diminué les ventes de moitié !". Ils sont plus lourds, explique le chef de rayon : "Ils doivent monter les escaliers. Avec un cartable qui fait 2-3 kg, plus les livres à l'intérieur, les petits se retrouvent avec un poids assez conséquent."

Pas assez de casiers dans les collèges

Pourtant, questions poids à l'intérieur des cartables, les professeurs font des efforts, avec des préconisations au collège Roumanille à Avignon. Kaci Diha, le principal, demande aux professeurs, et surtout à ceux de sixième, de "réfléchir à harmoniser les fournitures scolaires d'une discipline à l'autre, de choisir des formats classeur ou cahier grand format qui peuvent servir à plusieurs matières."

Dans certains cours, c'est des photocopies pour ne pas à avoir à ramener le livre au collège. Ou un livre pour deux. "C'est une pratique assez courante pour alléger les cartables. Certains enseignants gardent un double jeu dans la salle quand c'est possible au niveau des moyens de l'établissement."

Et puis il y a les casiers. Bien pratique au collège pour Lola : "Les livres, j'en laisse à la maison, heureusement qu'on a les casiers entre deux cours." Mais le soir, Lola vide son casier et c'est reparti pour une nouvelle balade livres sur le dos : "Peut-être que j'aurai besoin des livres, des classeurs, des cahiers, pour les devoirs à la maison."

Le soir, justement, Kaci Diha demande aux élèves de vider les casiers, installés en salle de permanence, pour éviter le vandalisme. Ils sont réservés d'ailleurs aux élèves de sixième. Difficile de faire autrement. Il n'y a que 40 casiers pour 120 élèves. Pas de nouveaux casiers prévus pour le moment. Il a lancé un appel aux autres collèges au cas où ceux-ci en auraient en trop. Pas de réponse pour le moment.

Faire du sport pour avoir moins mal au dos

"Il y a aussi beaucoup de sédentarité, estime Yann Marcel, l'ostéopathe. Pendant les heures de cours, ils restent très statiques. Les heures de sport au collège, ce n'est pas suffisant. Le fait de faire du sport, il va muscler sa colonne, et ce sera plus facile de supporter le poids du sac."

Alors quelle solution ? Le principal voit l'avenir et le cartable numérique : "C'est le cartable idéal, le plus léger qui soit. Les ressources seraient sur une clef USB, avec un petit ordinateur portable ou une tablette où les élèves pourraient prendre leur cours. On va perdre le geste de l'écriture, qui est un geste noble, mais on va vers ça... Vers un cartable numérique qui va considérablement améliorer la situation de nos élèves."