Société

Pokémon Go : les commerçants alsaciens surfent sur le phénomène

Par Sophie Cambra, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu jeudi 11 août 2016 à 5:43

Pokémon Go : les commerçants alsaciens surfent sur le phénomène
Pokémon Go : les commerçants alsaciens surfent sur le phénomène © Maxppp - Lionel Vadam

Le phénomène Pokémon Go déferle sur la France depuis mi-juillet. L'application smartphone pour capturer les créatures bat des records de téléchargements et les commerçants alsaciens en profitent pour attirer des clients.

Le but du jeu et de l'application pour smartphone Pokémon Go : attraper des pokémons, faire des combats dans des arènes et récupérer des potions dans des pokéstop. Ces endroits spécifiques ont été choisi par Niantic, le créateur de Pokémon Go. Généralement, ils se trouvent dans des lieux de grands passages comme les lieux historiques (mairie, office du tourisme, musée ou cathédrale) mais aussi dans des lieux commerciaux (boutiques, bar, restaurant).

En Alsace, certains commerçants tournent à leur avantage l'engouement pour ce jeu

C'est le cas du Musée du chocolat à Geispolsheim. Le site a investi une dizaine d'euros pour acheter des leurres pour attirer les pokémons et donc les chasseurs. "On s'est dit qu'on pouvait offrir ce service à nos clients" explique Tony Valentini, le directeur du musée.

A Strasbourg, quai des pêcheurs, le Rafiot surfe aussi sur la vague Pokémon go. Le bar a le statut de pokéstop, un endroit stratégique pour récupérer des objets utile à la chasse aux créatures. "Il y en a qui s'arrête, joue et consomme bien sûr!" explique Amandine, une serveuse.

Justement sur la terrasse du Rafiot, il y a Corentin et Amaury, ils sont scotchés à leur téléphone. "On vient d'Obernai pour attraper des pokémons. On a vu que le bar est un pokéstop alors on s'est arrêté boire un verre" confie Corentin. En réfléchissant un peu, les deux adolescents se rendent compte de l'aspect très commercial pour certaines marques. "Entre un MacDo qui est pokéstop et un Quick qui ne l'ai pas, on ira au MacDo" raconte Amaury. Difficile de chiffrer ce que rapporte réellement ce jeu aux commerçants. Si pour le moment, devenir une arène ou un pokéstop est gratuit, Niantic pourrait envisager de faire payer le service à l'avenir. Le brasseur alsacien Schutzenberger par contre n'en veut pas. Il le clame haut et fort sur sa page facebook "Schutzenberger avise les futurs intrus que les personnes qui pénétreront sur le site feront l'objet de poursuites judiciaires. Et qu'il n'est pas exclu de porter plainte contre l'éditeur de ce jeu qui nous occasionne de nombreux déboires."

Des situations comiques mais aussi dangereuses

Certaines situations prêtent à sourire comme cet employé d'un fast-food nîmois qui démissionne pour aller chasser le Pokémon en Australie. Mais d'autres situations sont dangereuses comme à Besançon où un joueur de Pokémon Go a percuté un muret au volant de sa voiture. En Alsace, les forces de l'ordre ont noté une augmentation des imprudences et des accidents depuis le lancement de ce jeu. "Utiliser son téléphone sur un vélo ou au volant c'est interdit et passible de 135 euros d'amende" rappelle Joël Irion, chargé de communication de la police de Strasbourg. La mairie de Mulhouse a lancé une campagne de communication via les réseaux sociaux pour sensibiliser les "pokémons-addicts" pour qu'ils jouent en toute intelligence.

Mieux vaut en rire

Tout le monde parle des joueurs de l'application Pokémon Go, mais ceux qui n'y jouent pas refusent de se taire... Habillés en Pikachu, des acteurs suisses jettent des pokéballs géantes en poursuivant à toute vitesse les joueurs Pokémon Go dans les rues de Bâle. L'idée provient de la municipalité elle-même. Joueurs de Pokémon Go, vous êtes prévenus. La ville de Bâle n'est en réalité pas si hostile aux dresseurs : elle recense sur son site les pokémon se situant à Bâle.