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Polémique autour d'un drapeau patriotique mis aux enchères à Fécamp : il est retiré de la vente

La maison des ventes Chalot, à Fécamp, retire un drapeau patriotique qui devait être mis aux enchères samedi 24 avril. Une vente légale mais polémique. Deux plaintes ont été déposées : l'une par l'association le Souvenir français, l'autre par la commune d'où est originaire le drapeau.

Le drapeau polémique a été retiré de la vente aux enchères (capture d'écran)
Le drapeau polémique a été retiré de la vente aux enchères (capture d'écran) - Interencheres.com

Jean-Pierre Mennessier est chargé pour le Souvenir français - association qui entretient la mémoire des anciens combattants - de faire de la veille sur les sites de vente en ligne. C'est ainsi qu'il a découvert le drapeau patriotique mis initialement aux enchères ce samedi 24 avril par la Maison Chalot, à Fécamp. 

L'ancien militaire, originaire de Friville-Escarbotin, dans la Somme, a demandé que l'objet soit retiré de la vente et, face au refus du commissaire-priseur, il a déposé plainte. "Ce drapeau est marqué par le sang versé pour notre liberté. Je trouve scandaleux et irrespectueux de le voir en vente. Tout cela pour mettre dans le bureau d'un collectionneur. Mais ce n'est pas sa place!", s'insurge Jean-Pierre Mennessier. Pour le Souvenir français, un drapeau patriotique doit rester dans l'espace public, comme les mairies ou les écoles. "Nous, les drapeaux, nous les plaçons dans les écoles car c'est le berceau de la République", explique-t-il.

Quand donc il apprend ce mercredi soir que la maison Chalot a retiré le lot de la vente, il affiche sa satisfaction. Mais pour lui, ce n'est qu'une demi-victoire "parce que le commissaire-priseur l'a rendu au vendeur." Et il ajoute : "J'espère qu'on va savoir son nom avec les deux plaintes parce qu'on on ne s'arrêtera pas là".

La maire de Sainte-Mesme, village des Yvelines d'où est originaire ce drapeau d'anciens combattants, a également le sourire à l'annonce de la nouvelle. Isabelle Copetti a déposé plainte contre X pour vol d'objet culturel. Pour elle, "c'est un patrimoine de notre commune". L'élue veut  désormais récupérer le drapeau pour l'exposer au musée municipal ou dans un autre lieu symbolique de la commune. Elle aussi a tenté, sans succès, ces derniers jours de convaincre le commissaire-priseur. Il lui a suggéré d'acheter le drapeau (mis à prix à 60-80 euros) mais l'élue a refusé, "par principe".

Mardi pourtant, le commissaire priseur affirmait ne pas vouloir céder à la "pression" du Souvenir français. La vente de drapeaux patriotiques étant légale, Me Sébastien Chalot parlait de cette affaire comme d'un "non-événement" . Et de préciser que "seuls les drapeaux régimentaires n'ont pas le droit d'être vendus". Est ce l'appel des gendarmes cet après-midi là qui l'a convaincu de retirer le drapeau ? Toujours est-il que la polémique enflait de plus en plus suite à ces deux plaintes déposées. Elle est même remontée jusqu'au gouvernement.

Une atteinte à la propriété pour le commissaire-priseur

Le Souvenir français a en effet sollicité le député de la Seine-Maritime, Xavier Batut, qui a interpellé Geneviève Darrieusecq, la ministre chargée des Anciens Combattants, à travers un courrier puis une question écrite. On a fait comprendre au député que "l'Etat ne pouvait pas faire grand chose". Et bien qu'une proposition de loi ait été votée au Sénat en 2019 pour interdire cette pratique, elle n'est toujours pas programmée à l'Assemblée nationale. 

Xavier Batut espérait donc que la maison des ventes de Fécamp et la mairie de Sainte-Mesme parviennent à un terrain d'entente, comme cela s'est déjà vu ailleurs en France : "En général dans ce genre de situations, au niveau déontologique, les commissaires-priseurs essaient de retirer ces lots des ventes et de trouver ensuite une solution directement avec les communes qui vont en être destinataires."

La maison Chalot fait finalement le choix de retirer le drapeau de la vente mais le rend à son propriétaire. Mardi, le commissaire-priseur déclarait que cette affaire posait "un problème d'atteinte à la propriété et à la liberté". La même maison de ventes a déjà fait l'objet d'attaques en février, lors de la mise aux enchères d'objets nazis dont une étoile jaune. Une vente là encore légale à condition que les objets n'aient pas été exposés. 

Pour en revenir au drapeau patriotique, il a été déposé en 2016 par un client, qui vidait la maison de de son père décédé. Le plus cocasse, c'est qu'il a été mis plusieurs fois en vente et n'a jamais trouver preneur.

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