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Société

INFO FRANCE BLEU PARIS - Aulnay-sous-Bois veut tester la "police de sécurité du quotidien"

mardi 5 septembre 2017 à 17:31 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris et France Bleu

Sept mois après l'affaire Théo, Bruno Beschizza, le maire d'Aulnay-sous-Bois, a écrit au ministre de l'Intérieur. Il souhaite expérimenter dans sa ville le déploiement de la nouvelle "police de sécurité du quotidien" promise par Emmanuel Macron pendant la campagne.

La barre du Galion, dans la cité des 3000, à Aulnay-sous-Bois
La barre du Galion, dans la cité des 3000, à Aulnay-sous-Bois © Radio France - Rémi Brancato

Aulnay-sous-Bois, France

Bientôt le retour d’une police de proximité à Aulnay-sous-Bois ? C'est en tout cas ce que souhaite le maire (LR) de la ville de Seine-Saint-Denis, Bruno Beschizza. Il a écrit, mardi 29 août, au ministre de l'Intérieur Gérard Collomb pour lui demander de faire partie des villes pilotes du dispositif de police de sécurité du quotidien. Une promesse formulée par Emmanuel Macron pendant la campagne. Cet été, Gérard Collomb l’a confirmée, précisant que la mise en place interviendrait début janvier 2018 dans certaines villes.

"Je vous fais part solennellement de l'intérêt de ma commune afin de participer à cette expérimentation", écrit Bruno Beschizza dans son courrier à Gérard Collomb, que France Bleu Paris s'est procuré.

Le débat sur la police de proximité relancé par l'affaire Théo en février

Cette demande s'inscrit dans le contexte d'un débat sur la police de proximité relancé après les événements survenus dans sa ville en février 2017 : Théo, jeune homme de 19 ans, a été grièvement blessé lors d’une interpellation par la police dans la cité des 3000. Un policier est toujours mis en examen pour viol dans cette affaire. C'est quelques jours après qu'Emmanuel Macron rappelle sa promesse de créer une police de de sécurité du quotidien. Selon lui, il ne s'agit pas de "ressusciter" la police de proximité mise en place par la gauche de Lionel Jospin et Jean-Pierre Chevènement mais de "déployer une police mieux ancrée dans les territoires [et] qui connait les populations".

Un sarkozyste favorable au retour d'une forme de police de proximité

La position du très sarkozyste Bruno Beschizza, ancien syndicaliste policier, peut paraître surprenante quand on sait que c'est justement Nicolas Sarkozy qui avait supprimé cette police de proximité, jugeant que les policiers ne devaient pas être des "travailleurs sociaux". Pour l'entourage du maire d'Aulnay-sous-Bois, il n'y a pas de contradiction, mais une position pragmatique face à une situation "tendue" dans certains quartiers, notamment dans la cité des 3000. Plusieurs policiers y ont été agressés cet été.

Des rapports très tendus entre jeunes et policiers

Dans sa lettre Bruno Beschizza souligne d'ailleurs que suite à "l'affaire dite "Théo", la tension reste palpable" et que le "dialogue semble rompu entre une partie de la population et les forces de l’ordre en particulier dans le quartier de la Rose des Vents".

Un sentiment partagé par les habitants du quartier. "La police est de plus en plus absente", regrette notamment Habib. Pour la plupart des aulnaysiens de la cité, le constat est sans appel : les rapports sont très tendus entre les policiers et certains jeunes. Beaucoup sont d'ailleurs très sceptiques quant au retour d'une éventuelle police de proximité. "Ce sera toujours policiers contre jeunes de la cité, aucun espoir : je compte quitter Aulnay-sous-Bois, y en a marre" lâche Aminata.

Les habitants d'Aulnay-sous-Bois sont sceptiques. Reportage au marché de la Rose des Vents.

"Tirer les leçons de l'échec de la police de proximité"

Mais selon un proche du maire, l'expérimentation mérite d'être lancée. Il faut "restaurer la confiance" entre habitants et policiers, et leur permettre d’intervenir lors de tournées "pédestres" ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. "Actuellement les policiers ne font plus la différence entre voyous, jeunes et dealers" regrette encore cette source, qui espère avec ce nouveau dispositif retrouver des agents qui connaîtront les habitants et vice versa.

Dans son courrier, Bruno Beschizza exprime malgré tout ses "interrogations" face aux annonces encore floues du ministre de l'Intérieur. Selon lui, il faut "tirer les leçons de l’échec de la police de proximité, imaginée en 1997 sous le gouvernement Jospin" qui n'était "pas définie, à l’origine, comme une police d’ordre public".

Bruno Beschizza veut un dialogue entre police nationale, police municipale et médiateurs

Il estime qu'il faut une "coproduction de sécurité avec les autres acteurs de la sécurité du quotidien". En clair, Bruno Beschizza en appelle à un dialogue de la police nationale "avec la Police municipale et les services de médiation municipaux qui sont au plus près de la population" et "avec les acteurs privés, comme les sociétés privées de sécurité et de gardiennage".

Si la ville est retenue pour l'expérimentation, une période de discussion va s'ouvrir avec le ministère de l'Intérieur, pour discuter des modalités, encore tres floues du dispositif. Selon son entourage, le maire entend militer pour voir intervenir dans sa ville "des agents expérimentés, formés et surtout fidélisés". "Qu'ils ne repartent pas au bout d'un an, sinon ce n'est pas la peine", glisse encore cette source.