Société

Pollution à Valence : la ville attaquera l'Etat si l'autoroute n'est pas déviée

Par Emmanuel Champale et Nathalie De Keyzer, France Bleu Drôme-Ardèche et France Bleu mardi 14 novembre 2017 à 15:49

Nicolas Daragon, maire de Valence et Corinne Lepage, ancienne ministre de l'environnement
Nicolas Daragon, maire de Valence et Corinne Lepage, ancienne ministre de l'environnement © Radio France - Nathalie De Keyzer

Le maire de Valence exige des mesures radicales pour faire baisser la pollution automobile générée par l'A7 à Valence. Avec l'aide de Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre de l'environnement, il se dit prêt à attaquer l'Etat.

Près d'un an et demi après le passage de l'autoroute A7 à 90 km/h dans la traversée de Valence, le maire hausse encore le ton.

Nicolas Daragon exige du Préfet de la Drôme qu'il mette en place un PPA, "plan de protection de l'atmosphère", obligatoire pour toutes les zones où le taux de pollution dépasse les limites fixées par l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé.

Obliger l’état à dévier l'autoroute A7

A Valence, les relevés montrent des taux deux fois plus importants que les normes autorisées (notamment pour le le dioxyde d'azote et les particules fines). Mais selon Nicolas Daragon, les mesures qui peuvent être prises par le préfet via ce PPA ( construction de murs anti-pollution par exemple ) seront de toutes façons insuffisantes au regard de la pollution générée par l'autoroute A7. Or, le conseil d'état impose depuis cet été une obligation de résultat en matière de lutte contre la pollution de l’air.

Pour le maire, l'Etat n'a pas d'autre choix pour respecter ses obligations légales en matière de santé que de dévier l'autoroute. Il se dit prêt a attaquer en justice si cette décision n'est pas prise. Nicolas Daragon et Corinne Lepage estiment que la meilleure solution pour la déviation serait de longer la Lacra, le contournement de la ville, ou d'élargir son tracé actuel.

Déplacer la pollution ailleurs ?

Mais faire passer l'autoroute plus loin de Valence, n'est-ce pas seulement déplacer la pollution ailleurs dans l'agglomération ? Non, répond le maire de Valence. L’impact sur les populations serait bien moindre et il y aurait moins d'habitants concernés. Car plus on s’éloigne des voies de circulation, plus la pollution baisse. Il y aurait donc moins de personnes touchées et elles seraient en contact avec moins de polluants car la densité urbaine le long de la Lacra est inférieure à celle du centre-ville.

Des études montrent que 55 décès pourraient être évités sur l'agglomération de Valence chaque année si les normes de pollution étaient respectées.