Société

Pollution : l’Etat baisse de 15% sa subvention à Airparif

Par Martine Bréson, France Bleu Paris Région mardi 14 avril 2015 à 5:00

Pollution Paris 3/3  (18 mars 15)
Pollution Paris 3/3 (18 mars 15) © Radio France/Martine Bréson

L’Etat a décidé, pour 2015, de donner moins d’argent à Airparif pour cause de restriction budgétaire. Sa contribution baisse de 15%. L’organisme chargé de mesurer la qualité de l’air en Ile-de-France est inquiet. Pour les élus écologistes de Paris cette décision est inadmissible.

Airparif se demande comment il va pouvoir continuer à faire face à la surcharge de travail provoquée par les pics de pollution. L’Etat a décidé de baisser sa contribution de 15% pour 2015. Avec cet argent en moins Airparif estime qu’il sera plus difficile d’installer le matériel nécessaire, de faire des mesures et d’informer le public. Il se demande s’il pourra boucler son budget.

L’organisme chargé de mesurer la qualité de l’air en Ile-de-France doit faire face à de fortes demandes en raison des pics de pollution à répétition et il estime que ce sera de plus en plus compliqué de faire le travail. Avec les épisodes de fortes pollutions, les réunions sont plus nombreuses, il y a des astreintes et du travail à faire le weekend. Les analyses d’Airparif doivent permettre aux Pouvoirs publics de prendre les bonnes décisions au bon moment. "Une baisse brutale de 15% (des subventions) sur une année est incompréhensible d’autant plus que c’est un sujet très sensible ", indique Jean-Félix Bernard, le président d’Airparif.

Cela fait 4 ans que le budget d’Airparif n’a pas augmenté

Avec cette baisse de 15% en 2015, l’Etat ne finance plus l’organisme qu’à hauteur de 25% sur un budget d’environ 6,1 millions d’euros.

Les autres contributeurs sont les grosses collectivités (la région Ile-de-France, la ville de Paris) qui versent 30% du budget total. Il y a aussi un certain nombre de départements qui participent au financement mais pas tous car les Hauts-de-Seine se sont retirés pour cause de difficultés conjoncturelles. Les industriels financent 29% du budget de l’organisme, ce sont les seuls qui ont augmenté leur contribution.

"On nous demande de faire plus avec moins" : Jean Félix Bernard, président d'Airparif

Selon Airparif les demandes qui leur sont faites sont plus pointues. Il s’agit par exemple de faire des prévisions à deux jours, ce qui est assez compliqué sur le plan technique. Il s’agit d’être le plus précis possible pour que les Pouvoirs publics puissent prendre les bonnes décisions. Il y a beaucoup d’argent en jeu rappelle Jean-Félix Bernard "une journée de circulation alternée c’est 4 millions d’euros parce que les transports en commun sont gratuits. Nous, on parle de dizaines de milliers d’euros en plus ou en moins pour pouvoir faire les mesures qui répondent le mieux aux enjeux ".

Airparif signale aussi que selon le principe de "pollueur/payeur " il devrait y avoir d’autres contributeurs. Les transports et l’agriculture qui polluent ne participent pas au financement d’Airparif, signale Jean-Félix Bernard.

Les élus écologistes de Paris sont consternés

Les Verts du Conseil de Paris sont étonnés et consternés. Ils sont aussi en colère car ce désengagement partiel de l’Etat arrive à un moment où les pics de pollution se multiplient. Les écologistes ont déposé un vœu qui devrait être examiné mardi ou mercredi au Conseil de Paris. Ils demandent au maire de Paris, Anne Hidalgo, d’intervenir auprès du ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, pour que l’Etat revienne sur sa décision.  

Pour les Verts, baisser la subvention, c’est renier la qualité du travail d’Airparif. Les écologistes considèrent qu’il faut, au contraire, soutenir un organisme qui travaille déjà à flux tendu. David Belliard, coprésident du groupe Vert au Conseil de Paris, dénonce l’attitude du ministre de l’Ecologie : "Ségolène Royal a remis en question à plusieurs reprises la qualité des informations qui étaient données par Airparif pour justement ne pas agir " affirme David Belliard qui pense que dire qu’Airparif fait du mauvais travail permet de lui donner moins de subventions.