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Société

Porcherie d'Ossun : "Il n'y aura pas de passage en force" assure le préfet des Hautes-Pyrénées

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Par , France Bleu Béarn

Brice Blondel, le préfet des Hautes-Pyrénées, a tenu à mettre les choses aux claires concernant le projet de porcherie industrielle à Ossun. Mis en cause récemment par le collectif "No Porcharan" opposé à ce projet, il assure garder son impartialité dans cette affaire.

Le préfet des Hautes-Pyrénées, Brice Blondel, avec la directrice départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations, Catherine Famose.
Le préfet des Hautes-Pyrénées, Brice Blondel, avec la directrice départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations, Catherine Famose. © Radio France - DG

Ossun, France

"Ce dossier n'est pas celui du préfet" assure Brice Blondel. "No Porcharan", le collectif d'opposants au projet de porcherie industrielle à Ossun, a publié un communiqué ces derniers jours dans lequel il s'interroge : "Le préfet sous influence ?", dénonçant selon eux le manque d'impartialité de Brice Blondel dans ce dossier, et la valeur de l'arrêté pris par ce dernier le 28 mars donnant le feu vert au projet. Lors du passage du Tour de France à Ossun, les opposants avaient encore fait entendre leur voix pacifiquement.

On ne passe pas sur la tête des gens avec un bulldozer"    
Brice Blondel — Préfet des Hautes-Pyrénées

Le projet au point mort

"La Préfecture a pour mission de faire que les parties qui ne sont pas d'accord puissent dialoguer" garantit Brice Blondel. Depuis le printemps, deux réunions de concertation ont eu lieu, permettant d'évoquer la capacité financière des porteurs du projet (la société Sélec'Porc et la coopérative béarnaise Fipso) ou encore les aménagements à apporter pour rassurer riverains et opposants. Ainsi, le plan d'épandage a été revu à la baisse, le groupe consent aussi à une meilleure intégration paysagère, un meilleur système d'aération ou encore une meilleure gestion de l'approvisionnement en eau a détaillé la directrice départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations, Catherine Famose.

"Ces instances de concertation, les opposants ne s'en sont pas saisis" regrette le préfet des Hautes-Pyrénées. Des contentieux devant la justice administrative ont été déposés, "ils ne seront pas jugés avant le courant de l'année 2020, et d'ici là le porteur de projet s'y est engagé, il n'y aura aucune initiative de prise", poursuit Brice Blondel. Cela laisse donc selon lui le temps d'essayer d'enfin nouer le dialogue. Quoi qu'il en soit, Brice Blondel prévient : "On tirera les conclusions de cette concertation, mais je le répète comme je l'avais dit au moment où j'ai pris l'arrêté, on ne passe pas sur la tête des gens avec un bulldozer. Il n'y aura pas de passage en force".

Le communiqué du collectif "No Porcharan"

Voici retranscrit dans son intégralité le dernier communiqué du collectif, en date du 26 juillet 2019 : "Le départ de la 14e étape du Tour de France, étape splendide en tout point, qui a vu la victoire d'un doublé français au sommet du Tourmalet, a été retardé de dix minutes et décalé de 6,5 km samedi dernier. Les membres de l'association, la population et les sympathisants opposés au projet de porcherie d'Ossun étaient venus nombreux, avec leurs familles, dans une ambiance festive et conviviale, agrémentée de chants pyrénéens. Nous aimons et soutenons le Tour, événement populaire, mondialement reconnu, dont nous sommes fiers et fidèles. Notre action ne visait pas à bloquer les coureurs mais à nous faire entendre par nos représentants de l'État, en nous invitant après le passage de la caravane, sans heurts ni violence. À ce titre, nous saluons l'attitude des forces de l'ordre avec lesquelles nous avons pu dialoguer dans le calme. Dialogue qui a porté ses fruits puisque M. le préfet a, sous la contrainte, daigné nous recevoir dix minutes le lundi 22 juillet.

Affaire personnelle et décision arbitraire !

Lors de cette rencontre, M. le préfet nous fait savoir qu'il n'a pas apprécié notre action et laisse entendre qu'il en fait une affaire personnelle ! Nous lui avons répété que son arrêté est basé sur un dossier non complet et non régulier qui présente beaucoup de lacunes techniques et financières. Tous ces points de droit sont détaillés dans le recours gracieux qui arrive à terme le 27 juillet. Nonobstant nos arguments juridiques, étayés et véritables, M. le préfet s'ancre dans sa non-objectivité et prétend que le porteur du projet est fiable malgré les déséquilibres financiers de sa société. À la date de l'arrêté, le 27 mars 2019, ses fonds propres connus étaient négatifs à hauteur de – 348.459 € (pour un capital social d'à peine 10.000 €) et il paie ses fournisseurs à 476 jours !

Aucune prescription sur le volet financier dans l'arrêté d'enregistrement, cela ressemble à un chèque en blanc ! M. le préfet persiste à dire qu'il ne contraindra pas le porteur du dossier et apparemment, n'annulera pas l'arrêté qu'il a pris en désavouant le Coderst, où siègent des élus et des spécialistes de l'environnement et qui avait donné un avis négatif au dossier ! Il propose une concertation maintenant que tout est signé qui, pour l'association No porcharan, est hors cadre. En effet, sur le plan réglementaire si cher au préfet, elle n'a aucune valeur. L'objet des revendications de l'association porte sur la décision d'enregistrement du 27 mars.

Recours contentieux

Compte tenu de la position ferme de M. le préfet, en refusant probablement notre recours gracieux, nous déposerons un recours contentieux, et selon les conclusions, nous nous réservons le droit de porter notre dossier devant d'autres juridictions judiciaires.

Le préfet sous influence ?

Nous sommes surpris de l'emprise exercée par l'agrobusiness sur la décision du préfet qui perd toute objectivité sur notre affaire, qualité intangible que doit maîtriser tout serviteur de l'État. Ou bien est-ce pour l'attrait d'une projection future de carrière qu'il sacrifierait, par une décision grave et subjective, l'avenir sanitaire et écologique des habitants du territoire d'Ossun et des communes environnantes ?

Déterminé jusqu'au bout !

No porcharan est plus que jamais déterminé pour faire interdire ce dossier. Nous avons jusqu'à présent agi en toute légalité respectant les règles de bonne conduite de la collectivité. Force est de constater que l'institution préfectorale ne prend pas au sérieux nos revendications, malgré les nombreuses manifestations rassemblant de plus en plus de sympathisants, malgré un dossier étoffé et argumenté face à un projet présentant beaucoup de zones d'ombre techniques et financières.

Après le 27 juillet, selon la décision de M. le préfet, l'action prendra une autre tournure. Les prochaines élections nous conduiront à mettre sur le devant de la scène l'opposition entre les récents engagements écologiques du Président et les décisions arbitraires de M. le préfet qui manifestement démontrent une grave entorse aux promesses du gouvernement et un réel mépris de la ruralité et de l'environnement. Peut-être a-t-il de son propre gré programmé la mort de nos campagnes et la fin des paysans traditionnels ?"

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