Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société DOSSIER : Mai-68

Pour l'historienne Anne Dalmasso, Grenoble a eu aussi son Mai-68 étudiant et ouvrier

mercredi 2 mai 2018 à 13:54 Par Florine Boukhelifa et Nicolas Crozel, France Bleu Isère

A l'occasion des cinquante ans de Mai-68, l'historienne grenobloise Anne Dalmasso revient sur les grandes mobilisations de l'époque dans une ville déjà très universitaire et ouvrière. Elle était l'invitée de France Bleu Isère ce mercredi 2 mai.

Manifestation à Grenoble pendant le mois de mai 68
Manifestation à Grenoble pendant le mois de mai 68 © Maxppp -

"Grenoble a vécu un Mai-68 à l’image des autres villes à la fois universitaires et industrielles. On y retrouve la conjonction, ou la coexistence, de deux grands mouvements : le mouvement étudiant et le mouvement des salariés." Pour Anne Dalmasso, les mouvements sociaux d'il y a cinquante ans étaient bel et bien particuliers dans la capitale des Alpes. Elle rappelle que si  les étudiants du campus de Saint-Martin-d'Hères se sont mobilisés les premiers, il existait déjà des luttes sociales dans les entreprises, bien antérieurs à la colère étudiante, dès 1967. 

Autant, le mouvement étudiant s'est tenu dans le rue, autant dans les usines, c'était plutôt des occupations d'usines comme à Merlin Gérin (aujourd'hui Schneider Electric) , Neyrpic.

"Aujourd'hui on bloque, il y a cinquante ans on occupait" 

"A l'époque, la mobilisation se traduisait surtout par des occupations d'usines, c'était une des spécificités du mouvement, on était à l'intérieur, pour changer les choses. C'est très différent des blocages d'aujourd'hui où l'on empêche les gens d'accéder à un lieu" analyse Anne Dalmasso. "A l'intérieur des usines, la  volonté était de libérer la parole, comme on l'avait fait en 1936". Pour l'historienne grenobloise, les acquis de Mai-68, c'est la libération de la parole des jeunes sur les campus et dans les entreprises, où ils travaillaient beaucoup plus tôt qu'aujourd'hui.  

Les syndicats ont joué des rôles différents selon les centrales

"La CGT, beaucoup critiquée, a 'cadré' le mouvement pour qu'il débouche sur des acquis sociaux, même si ce sont les fameux accords de Grenelle qu'elle n'a finalement pas signés.* Pendant ce temps, la CFDT était le grand mouvement qui portait l'autogestion". 

Vers un nouveau Mai-68 ?

Grève à la SNCF, colère du milieu hospitalier, blocages des universités contre la loi Orientation et Réussite des Etudiants (ORE), la France marquée par de nombreux mouvements sociaux ces dernières semaines va-t-elle voir, 50 ans après Mai-68, une "convergence des luttes", comme le souhaitent les syndicats et notamment l'UNEF (Union Nationale des Etudiants en France) ?  Anne Dalmasso n'y croit pas : "Les grands événements ne se décrètent pas. La force de Mai-68, c'était la surprise . Personne ne l'a décidé. Savoir pourquoi, ça a pris, c'est difficile à dire et mystérieux."

Anne Dalmasso, historienne, invitée de France Bleu Isère le mercredi 2 mai à 7h50

Manifestation Cours Berriat à Grenoble en mai 68 - Maxppp
Manifestation Cours Berriat à Grenoble en mai 68 © Maxppp -