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Société

Pour l'imam de Limoges, pas besoin de modifier le Coran pour lutter contre l'antisémitisme

mercredi 25 avril 2018 à 10:48 Par Fabienne Joigneault, France Bleu Limousin

Hassan Izzaoui fait partie des responsables musulmans qui s'engagent, via une tribune parue dans Le Monde, à lutter contre la radicalisation et l'antisémitisme. Mais pour le recteur de la grande mosquée de Limoges, il n'est pas nécessaire pour cela de modifier les Écritures.

Hassan Izzaoui fait partie de la trentaine de signataires de la tribune parue dans Le Monde
Hassan Izzaoui fait partie de la trentaine de signataires de la tribune parue dans Le Monde © Radio France - Justine Dincher

Limoges, France

Ils s'engagent contre l'antisémitisme et la radicalisation islamiste. Une trentaine de responsables musulmans ont signé une tribune parue ce mardi dans le journal Le Monde. Parmi eux, le recteur-imam de la grande mosquée de Limoges, Hassan Izzaoui, réputé pour son ouverture. Invité de France Bleu Limousin, ce mercredi à 8h15, il expliquait cette démarche à Justine Dincher.

Une prise de parole inédite

"Jamais des imams ne se sont exprimés d'une voie libre, indépendante de toute association", pose en préambule Hassan Izzaoui, qui estime que c'était le moment de le faire, "alors que le pays traverse un tournant", marqué par des événements dramatiques depuis deux ans. "Nous croyons que notre société a besoin d'entendre une autre voix et qu'il faut répondre à certaines aberrations", poursuit l'imam de Limoges.  

Le message semble tomber comme une réponse au manifeste "contre le nouvel antisémitisme" paru dans le Parisien dimanche, qui rappelle que ces dernières années, 11 Juifs ont été tués parce que juifs, par des islamistes radicaux. Mais le texte des imams était en fait "prévu de longue date", explique Hassan Izzaoui, "il a été écrit il y a trois semaines".

Pas question de modifier le Coran... 

Il répond pourtant à ce manifeste, dans lequel 300 personnalités réclament "que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence (...) afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime", en affirmant que l'Eglise catholique a fait cette démarche lors de Vatican II. "Une contre-vérité" pour Hassan Izzaoui, car "l'Eglise n'a jamais annulé quoi que ce soit ! Elle a interprété les textes dans un nouveau contexte, et c'est ce que nous faisons". 

"L'Ecriture, c'est un patrimoine !

Pour l'imam de Limoges, "l'écriture, c'est un patrimoine, il restera comme il est !" et "ce n'est pas une bonne manière de lutter, au contraire", estime-t-il. "_Il y a des versets qui sont circonstanciels, et qui sont très connus_, même si les littéralistes et les idéologues de la mort tentent de les utiliser (...) dans l'interprétation de Daech pour appeler au faux martyr".  Pour Hassan Izzaoui, le problème reste "socio-économique, lié à la marginalisation" et aux frustrations qu'exploitent les islamistes.