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Société

Pour la Toussaint, le collectif grenoblois des morts de rue fleurit les tombes des SDF

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Isère, France Bleu

En ce week-end de Toussaint, comme chaque année, le Collectif des morts de rue a rendu hommage aux sans domicile fixe décédés cette année. 13 personnes sans domicile fixe sont mortes depuis janvier 2019 en Isere. Le collectif a baptisé son action : une fleur contre l'oubli.

Une fleur contre l'oubli, pour honorer la mémoire des SDF, morts dans l'indifférence, au cimetière du Grand Sablon, à La Tronche
Une fleur contre l'oubli, pour honorer la mémoire des SDF, morts dans l'indifférence, au cimetière du Grand Sablon, à La Tronche © Radio France - Véronique Pueyo

Grenoble, France

Les allées du cimetière du Grand Sablon à La Tronche (Isère), près de Grenoble, sont pleines de monde. Malgré la pluie fine qui tombe, les familles, les bras chargés de chrysanthèmes, se dirigent vers les tombes de leurs proches disparus. Au carré 16, quelques anonymes sont réunis. Ce sont les membres du collectif "morts de rue". 

"On est les seuls à suivre leur cercueil" - Michèle

Il n'y a pas encore si longtemps, on appelait cet endroit le carré des indigents. Aujourd'hui, il a été rebaptisé le carré commun. Plusieurs croix en bois sont alignées, sur lesquelles on a accroché une plaque avec le nom du SDF décédé, avec son année de naissance et celle de sa mort. Devant l'une de ces tombes minimalistes, Michèle, membre du Collectif morts des rues, se recueille, avant de déposer à même la terre, une brassée de glaïeuls. 

"On les accompagne de leur vivant et dans la mort. On les a oubliés dans leur vie sur terre, pourquoi les oublier dans la mort ? Non ! C'est une question de dignité humaine ! Quand il y en a un qui part dans l'année, on est les seuls derrière le cercueil. Je suis émue... Quel gâchis ! Aujourd'hui, en France, on s'est habitué à voir des gens allongés par terre, dans la rue, à passer à côté d'eux, sans les regarder, sans s'émouvoir. On ne devrait pas s’habituer à cela !" s'indigne Michèle.

Les membres du collectif morts de rue devant le Carré 16, au cimetière du Grand Sablon, à la Tronche, près de Grenoble - Radio France
Les membres du collectif morts de rue devant le Carré 16, au cimetière du Grand Sablon, à la Tronche, près de Grenoble © Radio France - Véronique Pueyo

Ils s'appelaient Juliana, Hubert, Ali, Pascal...

Monique est la secrétaire du collectif des morts de rue de Grenoble. Elle a pris la parole lors d'une petite cérémonie, pleine d’émotion, qui s'est tenue devant les tombes, fraîchement fleuries. "Depuis le début de l'année, nous avons accompagné 13 personnes jusqu'à leur dernière demeure. Ils s'appelaient : Thibault, Memeth, René, Juliana, Joseph, Michel, Hubert, Ali, Momo, Mireille, Nadia, Jean-Joseph, Pascal. Il faut savoir que vivre dans la rue tue ! L'âge moyen des morts de rue est de 49 ans, soit 30 ans plus jeune que la moyenne des français qui meurent dans leur lit et il y a 9% de femmes."

Ecoutez le témoignage de Michèle, membre du Collectif des morts de rue

Le collectif des morts de rue, en alertant les médias, chaque année, à la Toussaint, espère peu a peu changer les mentalités et le regard que l'on porte sur ceux que personne n'attend, que tout le monde a oublié...

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