Société

Pour ou contre la tolérance zéro pour l'alcool au volant?

Par Aurélie Locquet, France Bleu Alsace mardi 25 mars 2014 à 11:13

Éthylotest pour mesurer l'alcoolémie des conducteurs
Éthylotest pour mesurer l'alcoolémie des conducteurs © MaxPPP

En Allemagne, les députés pourraient voter avant l'été le passage à la tolérance zéro pour l'alcool au volant. Une proposition défendue par les Verts et soutenue par die Linke, ainsi que par certains membres du SPD.

Retrouvez l'interview en intégralité de Michèle Muhlmann-Weil, médecin au Conseil National de la Sécurité Routière

Retrouvez l'interview en intégralité de Monique Fritz, présidente de l'association Aivar

Le sujet revient régulièrement au coeur des discussions sur la prévention des accidents de la route. En France, plus de 1.000 personnes sont tuées chaque année dans des accidents avec l'alcool, un quart d'entre elles a entre 18 et 24 ans. La prévention routière a lancé en février une nouvelle campagne de sensibilisation sur le sujet.

Bientôt la tolérance zéro pour l'alcool au volant en Allemagne?

En Allemagne, les Verts ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Ils souhaitent faire passer avant l'été une loi sur l'interdiction de l'alcool au volant. Cette interdiction est déjà en place chez nos voisins pour les jeunes conducteurs. En Allemagne, la conduite est tolérée avec 0,5 g/L de sang, mais en cas d'accident, le permis peut être retiré dès que la limite des 0,3g/L est dépassée.

Interdire totalement l'alcool au volant serait une mesure "difficilement acceptable et difficile à faire respecter en France" selon Michèle Muhlmann-Weil, médecin au Conseil National de la Sécurité Routière. "Il faut traiter l'alcool au volant comme un problème de santé publique et donc traiter les personnes concernées. Par ailleurs on peut éviter les récidives en installant des éthylotests couplés au démarrage du véhicule. "

 

"En France, on manque de courage politique"

En France comme dans de nombreux autres pays européens, la limite est à 0,5g/L. Si elle est légèrement dépassée, le conducteur risque des amendes et le retrait de 6 points de son permis. Les sanctions sont beaucoup plus graves en cas d'accident. 5 ans d'emprisonnement en cas de blessures graves et  une amende de 75 000 euros. En cas d'accident mortel, le conducteur est passible de 7 ans de prison, d'une amende de 100 000 euros et d'une annulation de plein droit de 10 ans du permis de conduire.

"En France, on a un vrai problème de lobbying des alcooliers" , dénonce Monique Fritz, présidente de l'association Aivar, une association d'aide aux personnes victimes de la route. "Les décideurs ne sont pas assez courageux." Son association plaide par ailleurs pour plus d'efforts au niveau de l'éducation des jeunes, avec notamment l'introduction d'explications sur la baisse des réflexes liée à la consommation d'alcool dans les programmes scolaires.