Société

Pour ou contre les quotas de femmes en politique?

Par Aurélie Locquet, France Bleu Alsace jeudi 5 mars 2015 à 10:49

Les chiffres des femmes en France
Les chiffres des femmes en France © IDÉ

La journée internationale de la femme ce dimanche, alors que cette année les binômes font leur apparition pour les élections départementales. Vous réagissez...

Retrouvez l'interview en intégralité de Mine Günbay, adjointe au maire de Strasbourg

Retrouvez l'interview en intégralité d'Arlette Grosskost, députée UMP de Mulhouse

L'autonomisation des femmes, c'est le thème retenu par l'ONU pour la journée internationale de la femme cette année. L'Onu qui rêve d'un monde "où les femmes et les filles peuvent exercer leurs choix. Elles doivent pouvoir acquérir une éducation, bénéficier de revenus, vivre dans des sociétés exemptes de violence et de discrimination, et participer à la vie politique."

A 15 jours du premier tour des élections départementales en France, ce dernier point est particulièrement d'actualité: pour la première fois, la loi impose la création de binômes homme / femme pour ces élections. Dès avril prochain, il y aura donc autant d'hommes que de femmes dans les conseils départementaux. C'était loin d'être le cas jusqu'à présent en Alsace. Dans le Haut-Rhin, on compte deux femmes seulement dans une assemblée de 31 conseillers, elles sont un peu plus nombreuses, 8 sur 44.

Des progrès, mais presque pas de femmes aux postes de direction

Plus globalement, l'observatoire des inégalités a constaté des progrès, "depuis 2012, la proportion de femmes députées atteint 26,9 %, en net progrès par rapport à 2007 où elle s’élevait à 18,5 %. A ce rythme de progression en nombre de sièges obtenus par les femmes la parité serait atteinte à l’Assemblée dans une quinzaine d’années".

Au niveau local, du fait de la loi sur la parité, le nombre des femmes est en hausse dans les conseils municipaux et les conseils régionaux. "Malgré ces chiffres encourageants, seuls 16 % des maires sont des femmes," constate l'observatoire des inégalités. "ll en est de même pour les régions et les conseils généraux. La progression du nombre de conseillères ne s’est pas traduit par une féminisation des exécutifs (...). Les hommes ont cédé une partie des sièges, mais pas les postes de direction."

C'est le constat que fait aussi Mine Günbay, adjointe au maire de Strasbourg en charge des droits des femmes: "la parité a fait avancer les choses, mais les postes clés sont toujours aux mains des hommes." Pour les départementales, au delà des binômes, rien n'est prévu pour faire changer la situation souligne Mine Günbay: "rien ne prévoit un exécutif paritaire" . De plus la plupart des femmes choisies pour ces binômes l'ont été par des hommes, rappelle Arlette Grosskost, première femme élue députée UMP en Alsace en 2002. "Ce sont les hommes qui nomment les femmes de telle sorte qu'elles ne puissent pas déranger."

Alors comment changer la donne? "J'en appelle aux femmes pour qu'elles prennent conscience qu'elles ont la capacité de faire de la politique, elles doivent laisser tomber la façon de voir des hommes" , lance Arlette Grosskost. Mine Günbay, elle, demande des lois plus contraignantes: "les grands partis financés par les fonds publics continuent à payer des amendes parce qu'ils ne respectent pas la loi sur la parité, ça n'est plus possible."