Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Les employés de la maison de retraite de Saint-Jean-De-Fos craignent une fermeture

mercredi 14 mars 2018 à 6:32 Par Elena Louazon, France Bleu Hérault

La maison de retraite de Saint-Jean-De-Fos (Hérault) est menacée de fermeture suite à une offre de rachat formulée par un groupe privé. Direction, employés et pensionnaires ont décidé de s'unir en coopérative pour tenter de sauver l'établissement, avec peu d'espoir que leur projet aboutisse.

Les employés de la maison de retraite "Le Roc Pointu" se mobilisent depuis le début de l'année pour sauver l'établissement
Les employés de la maison de retraite "Le Roc Pointu" se mobilisent depuis le début de l'année pour sauver l'établissement © Radio France - Elena Louazon

Saint-Jean-de-Fos, France

À la fin du mois de novembre, les actionnaires de la maison de retraite privée "Le Roc Pointu"annoncent vouloir revendre l'établissement, ainsi que le bâtiment qui l'héberge. Direction et salariés craignent que le rachat par une société privée soit synonyme de fermeture de l'établissement, et pour les pensionnaires de délocalisation.

Rachat collectif

Avec le soutient de la mairie, ils ont décidé de riposter en rédigeant leur propre proposition de rachat par le biais d'une Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC). 

Aux dires des salariés, la proposition de rachat déposée par la coopérative aurait été écartée, au profit de l'offre d'une société privée. "On a proposé un prix qui se situe dans la fourchette très haute des normes en la matière mais c'est insuffisant. Il doit y avoir environ 300 000€ de différence entre ce que nous on propose et le projet qui devrait être retenu, s'étrangle Matthias. Est-ce que la vie des 28 pensionnaires, des 26 employés et des toutes les familles concernées vaut moins que 300 000€ ?"

Désert économique

Avec 26 employés, la maison de retraite est le principal pourvoyeur d'emplois dans la commune. Le marie redoute l'impact sur le village.

"On assassine un village." Matthias Vilain, représentant du personnel

Matthias Vilain, représentant du personnel

"Enlever 26 emplois c'est terrible, s'indigne Matthias Vilain, représentant du personnel de la maison de retraite. Ils vont aller travailler où ? Ces familles vont devoir partir ! Et il faut ajouter à ça tous les emplois indirects, la pharmacie, les professionnels de santé, etc."

Matthias Vilain, représentant du personnel de l'EHPAD

Autre motif d'inquiétude : le déplacement des pensionnaires hors de Saint-Jean-De-Fos. "Certains n'ont plus personne, nous sommes leur seule famille. Ce serait un vrai déracinement pour eux", s'émeut Fanny Simon, animatrice à l'EHPAD depuis trois ans. 

Un projet de longue date

Le rachat de la maison de retraite aurait dû être l'occasion de mettre en place un projet de développement de la ville. La directrice de l'établissement Florence Angleviel mûrit le projet d'un déménagement de l'EHPAD dans la ville depuis plus de trois ans. "L'idée c'est de dynamiser le village, mais aussi de créer du lien social", précise-t-elle.

Reportage à Saint-Jean-de-Fos

Le projet propose la création d'une nouvelle maison de retraite, "avec quelques lits médicalisés en plus, et avec de l'accueil de jour", se réjouit la directrice. Egalement au programme, une maison familiale, des petits commerces, et surtout un service de restauration commun à la maison de retraite et à l'école. 

C'est de là qu'est né le projet de coopérative, en partenariat avec les actionnaires d'alors. Les rendez-vous auprès des banques et des pouvoirs publics pour évaluer la faisabilité du plan se sont enchaînés, puis le projet a été abandonné. Avant d'être réactivé en décembre dans l'urgence. 

Les opposants au projet de rachat font aujourd'hui appel au Conseil départemental, ils demandent un moratoire sur la vente de la maison de retraite. Le temps pour eux de peaufiner leur proposition d'achat, et de trouver d'éventuels investisseurs supplémentaires près à s'engager dans le projet.