Société

Pour sauver les festivals, le gouvernement tente d'apaiser le conflit avec les intermittents

Par Thibaut Lehut, France Bleu mardi 10 juin 2014 à 18:01 Mis à jour le mercredi 11 juin 2014 à 10:46

La ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti
La ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti © Maxppp

Alors que le conflit qui oppose les partenaires sociaux, l'Etat et les intermittents du spectacle se durcit à quelques semaines des vacances estivales, la ministère de la Culture Aurélie Filippetti a annoncé mardi qu'elle souhaitait que la discussion prévue pour l'automne ait lieu "au début de l'été".

La température monte à quelques semaines de l'été, car les intermittents font désormais planer la menace de perturbations sur les très nombreux festivals qui rythment la vie estivale dans le pays. Une crise que le gouvernement tente d'endiguer.

Concertation "au début de l'été"

Premier acte ce week-end, avec la nomination d'un médiateur par le gouvernement. Le député PS Jean-Patrick Gille s'est vu confier une mission de dialogue avec les intermittents, et doit remettre ses propositions au gouvernement "sous 15 jours". Deuxième acte, la promesse effectuée par la ministre de la Culture Aurélie Filippetti d'avancer la réunion tripartite réunissant l'Etat, les partenaires sociaux et les intermittents. Cette concertation était "prévue à l'automne et sera avancée au début de l'été", a-t-elle annoncé mardi à l'Assemblée nationale.

Des tentatives d'apaisement qui montrent que le conflit se crispe. La convention chômage censée valider la réforme du statut des intermittents doit être examinée le 18 juin par le Conseil national de l'emploi, pour être signée à la fin du mois par le ministère du Travail et entrer en vigueur dans la foulée. Or une grande partie des représentants des intermittents refuse catégoriquement d'entériner la réforme en l'état. Ces réponses des pouvoirs publics sont "des brèches qui s'ouvrent dans le refus du gouvernement, mais ce n'est justement pas le moment de cesser de se mobiliser", avait d'ores et déjà prévenu le secrétaire général de la CGT spectacle samedi, syndicat qui a déposé un préavis de grève pour tout le mois de juin.

Montpellier, Toulouse et Châlons déjà touchés

A mesure que les festivals estivaux se rapprochent, les intermittents pèsent davantage dans la balance. Dès samedi soir, ils ont brièvement occupé l'Opéra Bastille à Paris, retardant la représentation de "La Traviata". Autre victime du mouvement : le "Printemps des Comédiens" à Montpellier. Le festival de théâtre, paralysé par une grève depuis mardi dernier, a vu le mouvement s'amplifier ce mardi avec le renfort de troupes programmées et l'annulation de deux nouveaux spectacles. En assemblée générale, le personnel salarié et les équipes artistiques ont voté la poursuite du mouvement pour une durée de 48 heures.

A Montpellier, aucune représentation n'a eu lieu depuis le début du festival "Printemps des Comédiens", mardi dernier - Maxppp
A Montpellier, aucune représentation n'a eu lieu depuis le début du festival "Printemps des Comédiens", mardi dernier © Maxppp
A Châlons-en-Champagne, plusieurs compagnies ont annulé lundi soir leur spectacle, organisés dans le cadre du festival d'arts de rue "Furies". A la place, une information au public. Pas de grève totale prévue pour le reste du festival, jusqu'à samedi, mais des "débrayages tout au long de la semaine pour mener des actions militantes", a promis le directeur artistique des "Furies". Une délégation d'artistes complètement nus est allée accueillir Aurélie Filippetti, en déplacement à Guise (Picardie) mardi midi.

A Toulouse, les intermittents et salariés du festival de musiques du monde Rio Loco ont annulé ce mardi la moitié des spectacles prévus. Cette grève partielle est reconductible et la suite du mouvement doit se décider au jour le jour. Une autre assemblée générale est donc prévue mercredi matin. Le même jour, huit autres théâtres de la ville vont également se mettre en grève. Une série de perturbations qui pourrait s'amplifier si le dialogue ne reprend pas, et jouer les troubles-fêtes à Avignon, Aix-en-Provence ou encore Montpellier, début juillet.

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Le régime des intermittents du spectacle