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Dossier : Coronavirus Covid-19

Pourquoi le Haut-Rhin compte-t-il près de 30% de non-vaccinés ?

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass

Près d'un tiers des Haut-Rhinois n'ont reçu aucune dose du vaccin contre le Covid. Le département compte parmi les plus bas taux de vaccination du pays. Un phénomène aux causes multiples qu'observent les médecins sur le terrain.

Deux infirmières préparent des doses de vaccin dans un local du gymnase d'Altkirch (Haut-Rhin).
Deux infirmières préparent des doses de vaccin dans un local du gymnase d'Altkirch (Haut-Rhin). © Radio France - Patrick Genthon

Malgré une première vague de Covid dévastatrice, le Haut-Rhin est toujours le département le moins vacciné contre le Covid du Grand Est. 71% de ses habitants ont reçu au moins une dose du vaccin. Un rejet qui ne détonne pas pour ce département historiquement peu vacciné pour des raisons socio-économiques et idéologiques.

Dans les classes défavorisées, on se vaccine moins

Le docteur Patrick Vogt, médecin généraliste à Mulhouse, s'interroge notamment sur l'importance des conditions de vie des non-vaccinés : "est-ce-que c'est à cause d'un taux de pauvreté plus grand ? On sait bien que dans les classes défavorisées, dans les populations immigrées, on se vaccine moins". 

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Comme l'indique cette carte détaillée de la vaccination par établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). L'agglomération de Mulhouse, affiche le taux de premières injections le plus faible du département (67,1%). Elle abrite des populations particulièrement défavorisées. Le taux de chômage s'élève à 18,3% à Mulhouse. Une personne sur trois y vit sous le seuil de pauvreté. 

Au sud, le bastion antivaccin des anthroposophes 

Les agglomérations du sud du département, comme le Sundgau et l'agglomération de Saint-Louis, plus prospères que Mulhouse enregistrent des taux de vaccination similaires. 

"C'est compliqué, ces territoires. On les a identifié, on a essayé d'y aller. Le Vaccimouv' s'y est rendu. Certains endroits du Sundgau en particulier. Ça nous paraissait très compliqué de toucher cette population. On a vraiment du mal en tant que soignant de trouver la raison de leur refus, et de trouver la solution", constate le docteur Frédéric Tryniszewski, président de SOS Médecins Mulhouse, désemparé. 

Il n'ignore pas que l'anthroposophie, un courant de pensée historiquement opposé aux vaccins né en Suisse, est bien implanté dans cette zone frontalière. Un rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) de 2017 estime qu'un quart des disciples de cette mouvance sont installés en Alsace et établit des liens clairs entre rejet de la vaccination et anthroposophie. 

"Il y a sans doute une part d'influence dans ces populations-là de ces mouvements de pensée. Ce sont des gens qui refusent catégoriquement la vaccination", remarque-t-il. "Il y a un terrain homéopathie, anthroposophie, naturopathie très influent, en Allemagne et en Suisse. Ces gens là ont fait du militantisme plus que convaincant car ils ont distribué des milliers de tracts incitant à ne pas se faire vacciner", confirme le docteur Vogt. 

"On ne sait plus quoi leur dire" 

Les soignants déplorent également les réticences de la part de ceux qui s'estiment suffisamment robustes pour se passer du vaccin. "Je connais beaucoup de gens dans le vignoble qui pensent être à l'abri, car ils seraient de constitution assez forte pour résister à la Covid. J'ai eu des discussions assez intenses avec des amis du monde rural qui pensaient ne pas avoir à se vacciner parce qu'ils n'en auront pas besoin. Ils en sont parfaitement convaincus", déplore Patrick Vogt. 

Le médecin mulhousien l'avoue, cette lutte permanente pour convaincre des non-vaccinés campés sur leurs positions est épuisante. "Certains jours, on baisse les bras parce qu'on voit des gens qui ont un rejet absolu du vaccin, alors qu'ils ont toutes les preuves sous les yeux. J'ai vu récemment un monsieur qui faisait un Covid long. La première chose qu'il m'a dit c'est "docteur, je ne ferai pas vacciner mes enfants". J'avais les jambes coupées. Je ne savais pas quoi lui dire."

La vaccination obligatoire ? "Je ne suis pas loin de penser, malheureusement, que la seule façon d'y arriver ce sera par une obligation. Je crois qu'on en est là", conclut-il. 

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