Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Pourquoi les professeurs ne sont-ils pas toujours remplacés ?

lundi 5 novembre 2018 à 5:01 Par Théo Hetsch, France Bleu Auxerre

30 000 heures de cours non-remplacées depuis la rentrée (de la maternelle au lycée) : c'est le bilan réalisé au niveau national par la principale associations de parents d'élèves, la FCPE. Des professeurs malades, en formation ou des postes non-pourvus. La problématique s'aggrave selon les parents.

En 3 ans, l'académie de Dijon a perdu 140 professeurs remplaçants pour le second degré.
En 3 ans, l'académie de Dijon a perdu 140 professeurs remplaçants pour le second degré. © Maxppp - Theillet Laurent

Auxerre, France

Pourquoi manque-t-on de professeurs remplaçants ?

La principale explication est à chercher du côté des suppressions de postes : en trois ans, l'académie de Dijon a perdu 140 professeurs remplaçants pour le second degré, des TZR (titulaires sur zone de remplacement). Ce sont des professeurs titulaires, mais pas affectés à un seul établissement. Ils sont mobiles sur toute une zone (le département ou l'académie) et remplacent leurs collègues malades.

Pour Olivier Thiébaut, délégué SNES-FSU et professeur d'histoire au lycée Fourier d'Auxerre, ce n'est pas étonnant que ces postes soient supprimés en premier : "ce sont des collègues "invisibles", les parents d'élèves ne se rendent pas compte tout de suite qu'il y a des professeurs en moins dans les établissements, donc ce sont des postes plus simples à toucher que les autres". Aujourd'hui, ils sont 400 professeurs remplaçants, mobiles sur le territoire.

Pourquoi a-t-on du mal à recruter des contractuels ?

Quand ces professeurs remplaçants ne suffisent pas, l'Education nationale va chercher ailleurs, des contractuels. Le ministre Jean-Michel Blanquer a d'ailleurs annoncé que leur nombre sera augmenté. Mais pas sûr que cela règle la question pour l'Yonne : "on sait que pour les zones rurales, comme l'Yonne, cela ne réglera pas la question puisqu'on a déjà du mal à en trouver, explique Olivier Thiébaut, les contractuels, demandeurs d'emploi mais avec une formation universitaire importante, sont plutôt dans les centres urbains".

Le problème concerne-t-il autant le primaire que les collèges ou lycées ?

Le problème semble moins conséquent dans le primaire, en tout cas dans l'Yonne. C'est ce qu'assure la directrice d'académie dans l'Yonne Annie Partouche : "les remplacements ont été assurés sans problème car nous avons une brigade de remplaçants conséquente, environ 8 à 10% des effectifs de professeurs des écoles".

Pour l'année scolaire 2017-2018, l'Education nationale comptabilise 1 819 enseignants dans l'Yonne pour le premier degré (maternelle et primaire). Ce sont donc autour de 180 professeurs qui sont consacrés au remplacement.

Pourquoi les professeurs sont-ils absents ?

Pour des arrêts maladie, mais pas que : "nous avons tous les jours 40 enseignants qui partent en formation" explique Annie Partouche, afin d'acquérir de nouvelles compétences, de s'adapter aux nouvelles réformes, très régulières dans l'Education nationale.

Mais tout simplement, on manque également d'enseignants. Le métier n'attire plus. En l’espace de quinze ans, le nombre d’inscrits aux concours de recrutement du second degré a chuté de près de 30 %. Les professeurs français sont parmi les moins bien payés d'Europe. Alors certains, à bout, claquent tout simplement la porte de l'Education nationale. En 7 ans, le nombre de profs démissionnaires a doublé. Ils étaient près de 1 200 l'an dernier.

Et cette semaine, n'oubliez pas de voter pour le sujet qui vous intéresse le plus :