Société

Pourquoi les tarifs de l'électricité vont continuer à augmenter

Par Marie Mutricy, France Bleu jeudi 10 juillet 2014 à 12:16

le prix de l'électricité va encore augmenter en France - photo d'illustration
le prix de l'électricité va encore augmenter en France - photo d'illustration © MaxPPP

Cet automne, les tarifs de l'électricité réglementée pourraient encore augmenter d'une trentaine d'euros. Même si le gouvernement tente à chaque fois de limiter ces hausses, la justice administrative lui donne à chaque fois tort. Mais pourquoi l'électricité doit-elle être facturée plus chère ? Francebleu.fr vous dit tout.

Régulièrement, le gouvernement modère la hausse prévue des tarifs réglementés de l'électricité. Et tout aussi régulièrement, le Conseil d'Etat lui donne tort et ordonne que nos factures d'énergie augmentent. Un imbroglio judiciaire qui a conduit les députés a voté mercredi la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le sujet.

Les tarifs réglementés de l'électricité sont encadrés par les pouvoirs publics. Cela signifie que le prix et son évolution sont soumis à autorisation, ce qui garantit une certaine stabilité au consommateur.

Mais pourquoi doit-on payer plus cher le courant ? Francebleu.fr répond, en deux points.****

Un combat judiciaire entre l'Etat et les producteurs d'énergie

Ces dernières années, la Commission de l'énergie qui étudie et propose le meilleur tarif possible pour que le prix facturé au consommateur couvre les frais de production de l'électricité, a autorisé des augmentations. Les centrales nuclaires françaises vieillissent, ce qui a un coût, et la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon, en mars 2011, a nécessité de renforcer encore les mesures de sécurité. Mais le coût de l'énergie est un enjeu politique. Pour un gouvernement, une hausse de l'électricité n'est jamais une bonne nouvelle, car elle grève directement le budget des Français. Le médiateur national de l'énergie, Jean Gaubert, chargé de la défense des consommateurs a rappelé que l'énergie est une préoccupation importante pour près de 80% des foyers , soit 10 points de plus qu'en 2010, selon le Baromètre Energie-Info de 2013. Alors le gouvernement modère systématiquement les hausses de tarifs. A peine arrivé au pouvoir, Jean-Marc Ayrault a par exemple limité à 2% l'augmentation des tarifs réglementés d'EDF, qui concernent 29 millions de clients, soit 92% des ménages, en 2012.Les concurrents d'EDF ont alors saisi le Conseil d'Etat pour contester cette décision politique et ils ont obtenu gain de cause. "Et les consommateurs se sont retrouvés avec non seulement des hausses de tarifs mais en plus des hausses rétroactives liées au rattrapage... " explique Dominique Esway, la journaliste spécialiste de la consommation sur France Bleu.

La hausse des tarifs en octobre

Or la ministre de l'Energie a de nouveau annulé la hausse prévue des tarifs réglementés au 1er août. Décision à nouveau immédiatement attaquée par les producteurs indépendants devant le Conseil d'Etat.Selon Ségolène Royal, il faut réformer la manière dont est fixé le tarif de l'électricité en France, grâce à la future loi sur la transition énergétique, en cours de préparation. Elle souhaite intégrer les prix du marché dans le calcul, ce qui pourrait limiter les hausses.Pour le moment, les tarifs sont fixés sur le prix de l'Arenh , l'Accès régulé à l'électricité nucléaire historique. Une partie de ce prix devra maintenant prendre en compte 20% environ de prix de marché, c'est-à-dire des tarifs pratiqués par les concurrents d'EDF. Ces prix sont bas, actuellement, cela devrait donc limiter, voire faire baisser les tarifs réglementés de l'électricité.Mais les associations de consommateurs, comme la CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie) ne sont pas convaincues et demandent notamment qu'il y ait plus de transparence dans le mécanisme de fixation des tarifs de l'électricité.