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Société DOSSIER : Grande Guerre : les commémorations de l'Anzac Day 2018 dans la Somme

Première Guerre Mondiale : il y a cent ans, la bataille de Villers-Bretonneux

mercredi 18 avril 2018 à 7:07 Par François Sauvestre, France Bleu Picardie

Chaque jour avant l'Anzac Day, France Bleu Picardie se penche sur l'histoire de la bataille de Villers-Bretonneux du 24 au 26 avril 1918. Le premier portrait de la série est celui d'un lieu, cette commune de l'Est de la Somme quasiment entièrement détruite il y a tout juste cent ans.

L'église de Villers-Bretonneux détruite en avril 1918
L'église de Villers-Bretonneux détruite en avril 1918 - Copyright : Musée franco-Australien

Villers-Bretonneux, France

C'est un coin d'Australie au milieu de la Picardie. La commune de Villers-Bretonneux, dans le département de la Somme est comme tout les ans, au centre des commémorations de l'Anzac Day, le jour où l'Australie et la Nouvelle-Zélande rendent hommage à leurs soldats qui ont combattu dans les rangs de l'empire britannique pendant la Première Guerre Mondiale.

26. 000 victimes

Les 24, 25 et 26 avril 1918, les troupes alliées et les allemands ont livré bataille à Villers-Bretonneux. 26 000 hommes sont tombés au cours de ces trois journées d'affrontements sanglants entre soldats d'infanteries mais aussi entre chars. Les tirs d'artilleries ont également détruit la commune à 80%

Rue de la gare à Villers-Bretonneux - Aucun(e)
Rue de la gare à Villers-Bretonneux - Copyright : Musée franco-Australien

Pour le premier portrait de la série consacrée à cette bataille, France Bleu Picardie s'attache à la description d'un lieu plutôt qu'un des acteurs. Avec Yves Taté, administrateur de l'association franco-australienne de Villers-Bretonneux et du musée du même nom, nous nous plongeons dans l'histoire de la commune samarienne.

La prospérité d'avant-guerre

Avant la guerre, explique Yves Taté, Villers-Bretonneux était "industrielle et prospère. 800 personnes travaillaient dans le textile, la bonneterie surtout avec une spécialité de confection de gilets de chasse". Ce bretonvillois né en 1934 explique qu'avant que le conflit n'éclate, la commune comptait pas moins de 6 200 habitants. "Et 42 cafés et bistrots", ajoute Yves Taté !

Épargnée entre 1914 et 1916 la commune va ensuite subir la guerre de plein fouet. Et c'est donc en 1918, en avril précisément que Villers-Bretonneux se retrouve sur la ligne de front. "Les allemands ont lancé une offensive avec pour but Amiens puis la côte pour couper la connexion entre français et britanniques", explique l'administrateur du musée franco australien de Villers-Bretonneux.

Reportage France Bleu Picardie

Comme le détaille Bernard Vaquez dans son ouvrage "La bataille de Villers-Bretonneux", à partir du 20 avril, "les rapports des observateurs terrestres, des aviateurs, les interrogatoires des prisonniers sont convergents : les allemands préparent une nouvelle action de masse. Les alliés sont vigilants et effectuent des tirs d'artillerie préventifs", poursuit Vaquez. Les allemands s'emparent finalement de Villers-Bretonneux le 22 avril.

Reprendre Villers-Bretonneux "à tout prix et sans délai"

Dans ses mémoires, le Maréchal Foch qui a hérité du commandement unique en mars 1918 écrit : "l'établissement de l'ennemi à Villers-Bretonneux devait avoir pour nous les conséquences les plus fâcheuses. Il lui fournissait des observatoires et des emplacements qui lui permettaient d'entreprendre le bombardement, l'attaque et la conquête d'Amiens (...) Villers-Bretonneux, localité importante, allait constituer en ses mains un point d'appui des plus forts, si on lui laissait le temps de l'organiser. Il nous fallait à tout prix le reprendre sans délai.

Les forces alliées, et notamment les australiens sur la butte nord où est érigé le mémorial ont repris la ville "en 48 heures", détaille Yves Taté. "C'est une ligne pratiquement une ligne continue qui séparait les deux camps au milieu de la ville", poursuit-il avant de rappeler que "80% des bâtiments ont été détruits". 

Cette bataille et l'histoire de la Grande Guerre ont profondément marqué Yves Taté qui se rappelle de ses jeux d'enfants "à qui trouvera le plus de balles ou de morceaux de ferraille d'obus dans les champs. Aujourd'hui la trace physique de la guerre ce sont les cimetières et les musées de Villers-Bretonneux", poursuit celui qui s'est donné pour mission de perpétuer le souvenir de cette bataille et de ceux qui l'ont mené.