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Société

Près de 1.500 personnes mobilisés à Paris pour défendre la petite enfance

jeudi 28 mars 2019 à 18:43 Par Mélodie Pépin, France Bleu Paris et France Bleu

Des crèches fermées partout en France jeudi, les professionnels de la petite enfance se sont mobilisés pour dénoncer la réforme à venir dans le secteur. Ils dénoncent une logique de rentabilité, au détriment des enfants et de leurs conditions de travail.

Les professionnels de la petite enfance se sont rassemblés devant le ministère de la Santé à Paris.
Les professionnels de la petite enfance se sont rassemblés devant le ministère de la Santé à Paris. © Radio France - Mélodie Pépin

"Les bébés ne sont pas sardines", "non à la négligence de la petite enfance" : 1.500 personnes (selon les organisateurs) se sont rassemblées devant le ministère de la Santé pour dénoncer une réforme des modes d'accueil qui inquiète les professionnels de la petite enfance. Une trentaine de rassemblements partout en France à l'appel du collectif "Pas de bébé à la consigne".

Rentabilité contre bien-être

Beaucoup de femmes, dans le cortège, puisqu'elles représentent 99% de la profession, mais aussi quelques élus, des syndicalistes CGT, CFDT, FO et des parents venus en soutien. 

Ils dénoncent une logique de "rentabilité" et de "productivité" avec cette réforme au dépend de la qualité de l'accueil des enfants. Parmi les mesures envisagées : un taux d'encadrement supérieur, une réduction de la surface d'accueil par enfant (5.5 m2 au lieu de 7 m2), le recours à plus d'employés non qualifiés. "On court à la catastrophe", prévient Delphine Depay, à la CGT services publiques.

"On ne nous donne plus les moyens d'être bienveillant" 

Les professionnels s'inquiètent du bien-être des enfants et de leurs conditions de travail déjà difficiles. Christophe, la trentaine, a déjà fait un burn-out quand il travaillait en crèche hospitalière à Paris : "J'ai connu cette situation d'être dans un état d'épuisement professionnel, de faire du mauvais travail, d'être maltraitant envers les enfants, on ne nous donne plus les moyens d'être bienveillants, c'est simplement une usine à fric, plus on remplit de bébés, plus on ramène des sous, mieux c'est."

Avec la réforme, la surface d'accueil par enfant pourrait passer de 7m2 à 5.5m2. - Radio France
Avec la réforme, la surface d'accueil par enfant pourrait passer de 7m2 à 5.5m2. © Radio France - Mélodie Pépin

"Tous les jours on manque d'effectif, abonde Amélie, qui travaille dans une crèche du 15e arrondissement de Paris, on est toutes les larmes aux yeux, fatiguées, à se demander si on va revenir." C'est donc en connaissance de cause, qu'Amélie a  fait le choix de ne pas mettre ses enfants en crèche, "avec la plus grande des bienveillances c'est déjà compliqué, alors avec une réforme ça serait dangereux".

La sécurité des enfants en jeu

"La santé et la sécurité de l'enfant sont en danger", lit-on sur une énorme banderole qui face au ministère de la Santé. "Il y a des accidents, et il y en aura de plus en plus", prévient une directrice de crèche à Morsang-sur-Orge, dans l'Essonne. La danger vient aussi de recours à de plus en plus de non-professionnels. Aujourd'hui, sur 10 encadrants, seulement 4 sont des professionnels de la petite enfance, 6 sont des employés non formés. 

Le secteur de la petite enfance s'inquiète de la réforme des modes d'accueil en cours d'élaboration. - Radio France
Le secteur de la petite enfance s'inquiète de la réforme des modes d'accueil en cours d'élaboration. © Radio France - Mélodie Pépin

De son côté, le gouvernement répond qu'il n'y a aucune volonté de sacrifier la qualité de l'accueil des enfants. La direction générale de la cohésion sociale (DGCS) qui pilote la réforme rappelle que le texte est en cours d'élaboration et sera affiné lors d'une seconde phase de concertation.