Société

Près de 150 personnes en soutien des policiers à Cherbourg

Par Pierre Coquelin, France Bleu Cotentin mercredi 26 octobre 2016 à 16:41

Pas de banderoles mais des affiches "Policiers en colère !" à Cherbourg
Pas de banderoles mais des affiches "Policiers en colère !" à Cherbourg © Radio France - Pierre Coquelin

Alors que le mouvement de colère perdure depuis une dizaine de jours en France, un rassemblement a réuni près de 150 personnes devant le commissariat de Cherbourg ce mercredi midi. Des policiers, mais aussi des habitants venus apporter leur soutien.

Parfois, un cri de colère peut être silencieux. A Cherbourg, ce jeudi midi, pas de banderoles, ni de prises de parole syndicales. Tout juste une dizaine de petites affiches "Policiers en colère !". Certains fonctionnaires sont venus en famille des quatre coins du département, "par solidarité pour nos collègues parisiens et pour tout ce qu'on subi nous aussi dans la Manche", explique Cyril, fonctionnaire de police à Coutances.

Dans les têtes, l'attaque de Viry-Châtillon, en région parisienne. Une patrouille prise pour cible à l'aide de cocktails Molotov. Quatre policiers blessés, dont l'un vient tout juste de sortir du coma artificiel dans lequel il était plongé. "Les malheureux qui se sont fait cramer (sic) dans leur bagnole, et qui n'avaient pas le droit de sortir leurs armes sinon ça ne se serait pas passé comme ça, c'est honteux !", lance Eric, venu de Barfleur en soutien. Un soutien populaire "qui représente beaucoup", commentent les fonctionnaires. Un rassemblement à l'appel des syndicats, mais qui se veut avant tout un mouvement "de la base". "On ne veut pas de récupération politique", explique Cyril.

Vitres de voitures rafistolées avec du scotch

Premier motif de grogne : le manque de moyens. Et dans les rangs des policiers, chacun y va de son anecdote sur un quotidien devenu insupportable. Des vitres de voitures rafistolées avec du scotch, du plâtre qui tombe sur les bureaux... "Il y a trois semaines, avec les collègues de Coutances, on est partis en mission de maintien de l'ordre. On avait un fourgon de 200 000 kilomètres sans lumières ni radio, avec des portes qui ne peuvent pas s'ouvrir de l'intérieur. Imaginez un cocktail Molotov là dedans ! Autre exemple : si on devait partir sur une alerte attentat, il n'y aurait pas de gilets pare-balle pour tout le monde. C'est ahurissant !", commente Cyril.

De son côté, Marie, une Cherbourgeoise, dénonce une forme de "laxisme" de la justice. Les délinquants "on les arrête, on les emmène à l'hôtel de police et on les relâche. Et les policiers les retrouvent le lendemain dans les rues. Alors on peut parler du nombre de places dans les prisons, mais c'est trop facile. Il fallait y penser avant", note la retraitée.

Des Cherbourgeois venus soutenir les policiers

Ce soutien populaire "représente beaucoup" - Cyril, un policier

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