Société

Près de Bordeaux, on accueille déjà des réfugiés

Par Clément Carpentier, France Bleu Gironde lundi 7 septembre 2015 à 17:59

La famille irakienne entourée par le père Christophe et les bénévoles
La famille irakienne entourée par le père Christophe et les bénévoles - Clément Carpentier

La paroisse de Sauveterre-de-Guyenne n'a pas attendu l'appel du pape François pour accueillir des réfugiés. Depuis juin, le père Christophe abrite une famille originaire de Mossoul en Irak.

François Hollande a annoncé qu'à partir ce mardi il y aurait des vols de reconnaissance au dessus de la Syrie. Le président de la République a aussi déclaré que la France allait accueillir 24.000 réfugiés dans les deux prochaines années. 

Depuis des semaines, des milliers de réfugiés fuient le Moyen-Orient pour rejoindre l'Europe de l'Ouest. La question de l'avenir de ces migrants devient de plus en plus brûlante chaque jour. Ce week-end, le pape François a appelé toutes les paroisses d'Europe à accueillir au moins une famille de réfugiés. 

Près de Bordeaux, on accueille déjà des réfugiés

En Gironde, c'est déjà le cas dans la paroisse de Sauveterre-de-Guyenne. Depuis juin, le père Christophe accueille une famille irakienne. Les yeux sont encore humides quand le père de famille se met à raconter leur voyage vers la France :

"Nous sommes partis en pleine nuit, sans rien, presque nu. J'ai vendu les bijoux de ma femme pour nous payer le voyage. On est passé par la Jordanie, Istanbul, Paris et Nantes avant d'arriver ici".

Aujourd'hui, il partage le presbytère avec le père Christophe :

"Grâce à Dieu tout va bien. L'accueil a été génial, on respire de nouveau. On est apaisé".

Les deux enfants sont déjà scolarisés même si l'apprentissage du français reste la grande difficulté pour l'aîné :

"C'est dur avec la langue. J'ai des cours particuliers sinon je communique avec les gestes quand on joue".

Les parents ont deux heures de français par semaine et puis il faut aussi réapprendre à vivre loin de Daech. D'ailleurs le père de famille l'assure, il n'est pas prêt de repartir en Irak. Toute la famille a obtenu le statut de réfugié politique :

"Par exemple, avant mon enfant dessinait des armes et des hommes morts. Aujourd'hui, il dessine des animaux, des fleurs, des roses. C'est une autre vie,  l'avenir de mes enfants est ici".