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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Près de l'aéroport du Havre, les gilets jaunes passeront Noël "dans la bonne humeur" sur leur rond-point

vendredi 7 décembre 2018 à 18:03 Par Marie-Jeanne Delepaul, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Depuis le 17 novembre, ils sont là tous les jours au rond-point de l'aéroport d'Octeville-Le Havre (Seine-maritime) : des retraités, des salariés, des familles... Pas de barrage, mais une manifestation "bon enfant" qui n'est pas prête de s'arrêter.

Près de l'aéroport du Havre, les gilets jaunes passeront Noël "dans la bonne humeur" sur leur rond-point
Près de l'aéroport du Havre, les gilets jaunes passeront Noël "dans la bonne humeur" sur leur rond-point © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

Le Havre, France

Près du Havre, c'est l'un des rares points qui n'a pas été délogé depuis le 17 novembre : le rond-point de l'aéroport d'Octeville. Depuis presque un mois, les "gilets jaunes" s'y relaient tous les jours, sans bloquer la circulation.

"On filtre, on ne bloque pas ! Les motards et la police municipale viennent prendre leur café avec nous, on n'a pas de soucis !" sourit Georges, 63 ans, qui habite Cauville-sur-mer, à dix minutes de là. Au fil des jours, un véritable campement s'est organisé sur le rond-point. Une tente a même été installée, et les automobilistes apportent régulièrement du pain, des croissants ou du chocolat chaud.

Au fil des jours, un véritable campement s'est organisé sur le rond-point. - Radio France
Au fil des jours, un véritable campement s'est organisé sur le rond-point. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul
Les "gilets jaunes" se relaient tous les jours, retraités ou familles. - Radio France
Les "gilets jaunes" se relaient tous les jours, retraités ou familles. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

"On ne peut plus supporter la misère"

Ce samedi 8 décembre, une partie de ces "gilets jaunes" restera sur le rond-point. L'autre ira manifester dans le centre-ville du Havre. Mais personne ici ne veut aller à Paris : trop dangereux. Surtout, ce qui s'y passe nuit selon eux à l'image du mouvement.  C'est ce que pense Georges : "Manifester à paris ne nous intéresse pas, on n'est pas des violents, on est pacifistes. les gilets jaunes ne sont pas là pour se battre, mais pour faire valoir un droit légitime et humain. On ne peut plus supporter la misère !"

Georges, 63 ans : "Manifester à Paris ne nous intéresse pas, on est des pacifistes"

Au rond-point d'Octeville-Le Havre, tenu depuis le 17 novembre. - Radio France
Au rond-point d'Octeville-Le Havre, tenu depuis le 17 novembre. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

Parmi les irréductibles, Jean-Jacques, 67 ans, qui "a du mal à finir les fins de mois". "Ici c'est bon enfant, le samedi [en centre-ville] on défile, il y a eu des débordements mais rien à voir avec les gilets jaunes !"

Jean-Jacques : "les casseurs, ce ne sont pas des gilets jaunes !"

Mickael et Amandine, un jeune couple qui a "le frigo vide" est là aussi depuis le début. Ils manifestent pour la première fois de leur vie. Les annonces du gouvernement ne les satisfont pas : "Enlever les taxes en 2019, certes, mais en 2020, on recommence ? Il faut des vraies solutions ! J'ai un enfant de trois ans, bientôt un deuxième... je n'ai que 26 ans mais je me demande à quoi va ressembler l'avenir. Noël, on le passera ici, on n'a pas les moyens." Elle ne cessera pas la seule, pour le réveillon, sur le rond-point de l'aéroport : Georges a déjà prévenu ses proches qu'il continuerait de manifester pendant les fêtes. Un sapin a même déjà été installé dans la tente.

Mickael et Amandine, jeunes parents : "On se bat pour l'avenir de nos enfants"