Société

Près de Toulouse, les lycéens de Tournefeuille testent le moi(s) sans tabac

Par Vanessa Marguet, France Bleu Toulouse et France Bleu lundi 14 novembre 2016 à 20:52

Les lycéens soufflent dans un testeur de monoxyde de carbone
Les lycéens soufflent dans un testeur de monoxyde de carbone © Radio France - Vanessa Marguet

Le lycée Françoise de Tournfeuille teste le Moi(s) sans tabac avec une journée spéciale ce lundi et différentes animations jusqu'à la mi-décembre, pour inciter les jeunes à arrêter la cigarette. Dans cet établissement, ils sont 20% à déclarer fumer.

Le lycée Françoise de Tournefeuille, à l'ouest de Toulouse, est le seul de l'Académie à participer à l'opération nationale "Moi(s) sans Tabac", ce défi collectif qui court sur tout le mois de novembre pour inciter les Français à arrêter de fumer.

Ce lundi, une partie des 1200 élèves ont pu échanger à la sortie du réfectoire avec des professeurs, une infirmière et une psychologue de l’Hôpital Larrey, ainsi qu'une représentante de l'IREPS, l'instance régionale d'éducation et de promotion de la santé, sur les dangers du tabac et les moyens de s'en défaire. Ils ont installé des panneaux à la porte du réfectoire. Mais ce qui a le plus intrigué et intéressé les les élèves, c'est le testeur de monoxyde de carbone, ce petit boitier dans lequel on souffle pour mesurer le taux de CO dans l'air expiré.

Nathalie De Barros, une psychologue de l'Unité de coordination de l'aide au sevrage tabagique de l’hôpital Larrey, se sert de cet outil pour discuter par exemple avec Guillaume, un élève de 17 ans qui fume depuis 2 ans et dit que ça l'aide à faire face au stress.

"Je fume car ça m'aide. Je suis en terminale S et il y a beaucoup de pression " - Guillaume, 17 ans

La psychologue lui explique qu'il sera confronté toute sa vie au stress et que la cigarette ne détend pas. Elle donne l'illusion que ça déstresse.

"Moi je fume, je ne m'en rends même plus compte, c'est un automatisme" - Guillaume 17 ans

Dans ce lycée, 20% des élèves environ ont déclaré qu'ils fumaient lors d'une enquête menée ces dernières semaines (cigarettes, tabac à rouler, chichas...). Mais ils sont à l'âge où le message de l'arrêt a du mal à passer. Ils ont souvent l'impression qu'ils peuvent arrêter quand ils le veulent, qu'ils ne sont pas encore dépendants et ne se projettent pas dans l'avenir. La psychologue leur explique alors que "la nicotine est un produit plus addictif que l’héroïne". Comme tous les intervenants présents, elle aimerait au moins commencer à les faire réfléchir, semer une petite graine dans leur tête. Rares sont les élèves comme Pierre, un terminale, à se dire prêt à tenter l'arrêt avec ce "Mois sans tabac".

J'ai déjà essayé d'arrêter plusieurs fois, mais je n'y arrive pas car il y a beaucoup de gens qui fument dans la cour*, et on s’entraîne les uns les autres. Il faudrait tous arrêter ensemble" - Pierre, 17 ans

Pour ceux qui veulent tenter d'arrêter comme lui, le lycée Françoise ne va pas s'arrêter à une journée d’informations. Jusqu'au 14 décembre, il y aura plusieurs animations proposées pour aider les jeunes fumeurs, comme des séances de marche après le repas, pour éviter de prendre la cigarette plaisir "d'après manger', des séances de relaxation aussi menées par des professeurs comme Chantal Cassé qui a fait partie du comité de pilotage pour organiser ce mois sans tabac. Avec ses collègues, ils ont même fait venir ce lundi un ancien International de rugby, Patrick Tabacco, pour expliquer aux jeunes que le sevrage tabagique était une compétition. On peut prendre des matchs, l'important c'est de gagner à la fin.

L'argent est le premier argument des jeunes pour arrêter  - Radio France
L'argent est le premier argument des jeunes pour arrêter © Radio France - Vanessa Marguet

Ecoutez le reportage de Vanessa Marguet

Reportage sur le mois sans tabac au lycée Françoise

* les lycéens peuvent à nouveau fumer dans la cour dans un espace délimité depuis la rentrée, pour éviter qu'ils ne soient massés à l'extérieur. Cela fait partie des mesures de sécurité prises suite aux attentats.