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Dossier : Mouvement des "gilets jaunes"

"Aumône", "insuffisante" : les policiers insatisfaits de la prime de 300 euros

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Les discussions entre le gouvernement et les syndicats de police doivent se poursuivre. Les députés ont voté dans la nuit de mardi à mercredi une prime de 300 euros pour les forces de l'ordre mobilisées ces dernières semaines face aux gilets jaunes. Insuffisant pour les policiers en colère.

Manifestation de policiers en colère le 26 avril 2017, à Paris
Manifestation de policiers en colère le 26 avril 2017, à Paris © Maxppp - Aurelien Morissard

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner doit à nouveau recevoir les syndicats de police en colère qui appellent "tous les policiers de France" à "fermer les commissariats" et "ne sortir que sur appel" d'urgence,  ce mercredi à 22 heures. La réunion qui s'est tenue en début de soirée n'a rien donné. Les négociations entre les syndicats de policiers et le ministre de l'Intérieur se sont interrompues vers 20h, a indiqué un représentant de l'UNSA Police qui sortait de la réunion. Selon lui, Christophe Castaner a "besoin d’arbitrages". La reprise des discussions est fixée à 22h.

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Après un mois de mobilisation des "gilets jaunes", des lycéens et l'attentat de Strasbourg, qui a fait cinq morts, les forces de l'ordre se disent épuisées "par une surcharge de travail". Pour apaiser la colère des policiers, le gouvernement a proposé une prime de 300 euros aux fonctionnaires sollicités en marge du mouvement des "gilets jaunes". Un amendement en ce sens a été adopté dans la nuit de mardi à mercredi à l'Assemblée dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances 2019. Cette prime représente un coût total de 33 millions d'euros.

"La Police Nationale ne fait pas l’aumône"

Un geste insuffisant pour le syndicat de police Alliance. "La Police Nationale ne fait pas l’aumône" a réagi Arnaud Bernard, le secrétaire départemental en Loire-Atlantique. Selon ses calculs, "six semaines de conflit avec les gilets jaunes et avec les lycéens, on est sur des vacations qui peuvent aller, pour certains fonctionnaires, jusqu’à quatorze heures par jour. Vous ramenez ça à la journée, on est sur une prime qui avoisinerait 6,50 euros par jour. C'est le prix d'une formule sandwich. Ça ne nous suffit pas". 

Policier à Bordeaux, Christophe affirme avoir accumulé une cinquantaine d'heures supplémentaires ces dernières semaines et se dit "rincé". "On est surexploité (...) On sait à quelle heure on prend notre service, mais on ne sait jamais quand on va arrêter (...) On se prend des pavés, des clous et des boules de pétanque sur la figure" a-t-il expliqué à France Bleu Gironde, "dans les manifestations, on est le dernier rempart de la République et si ce rempart est mécontent ou mal considéré, ça ne va pas le faire longtemps".

Besoin de renouveler les équipements

Un sentiment partagé par Malika Diffalah, secrétaire départementale adjointe d'Unsa-Police dans le Bas-Rhin, qui évoque une colère et un malaise profond. "On protège les institutions, on assure la sécurité des citoyens et on est oubliés."

"Les collègues sont à bout, tout le monde en a marre" abonde Arnaud Paris secrétaire départemental adjoint d'Alliance dans la Somme. 300 euros pour les 111.000 policiers et militaires qui ont participé aux récentes opérations, "ce n'est pas suffisant". Lui pointe les besoins en personnels supplémentaires mais aussi le manque de "moyens sur le mobilier et pour les équipements". "Les visières sont rayées, on ne voit pas à travers", déplore de son côté Emmanuel Lenglumé, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale en Mayenne, qui assure qu'une partie des personnels achète de l'équipement sur ses fonds personnels, à commencer par gilets tactiques qui permettent d'emporter du matériel.

"Le manque de moyens, ça se traduit par des patrouilles à deux policiers au lieu de trois", insiste Grégory Hugue, secrétaire du syndicat Unité SGP Police FO dans le Limousin. "Quand il faut intervenir, l'équipe est obligée d'attendre du renfort pour être en nombre, ou d'y aller seule, avec les risques que ça comprend. C'est aussi l'absence de repos, de formations, de vacances..."

Plus de policiers pourraient être concernés par la prime de 300 euros

Interrogé sur RMC, le secrétaire d'État à l'Intérieur, Laurent Nuñez a laissé entendre que le chiffre de 111.000 policiers et gendarmes auxquels elle doit être versée cette prime exceptionnelle est "une base de départ". "On discute actuellement du périmètre, c'est-à-dire le nombre de policiers et de gendarmes qui pourraient être concernés", a-t-il ajouté.

"En gros, c'est trois millions d'heures supplémentaires qui sont créées chaque année" a-t-il précisé, "payer l'ensemble de ces heures, c'est un coût qui représente 274 millions d'euros"

© Visactu
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