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Société

Projet "Tero Loko" à Notre-Dame-de-l'Osier, pour conjuguer insertion et dynamisation des zones rurales

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Par , France Bleu Isère

Dans un petit village de l'Isère, une association baptisée "Tero Loko" propose de faire travailler des réfugiés et des publics locaux en insertion. La commune va y gagner des logements et... une boulangerie.

Le vieux Foyer communal de Notre-Dame-de-l'Osier abritera des logements sociaux
Le vieux Foyer communal de Notre-Dame-de-l'Osier abritera des logements sociaux © Radio France - Laurent Gallien

Notre-Dame-de-l'Osier, France

"Ce sont des besoins qui se rencontrent". Face au vieux foyer municipal de sa commune, Alex Brichet-Billet, le maire de Notre-Dame-de-l'Osier explique pourquoi il a été séduit, il y a un peu plus d'un an maintenant, par la proposition d'une toute nouvelle association : Tero Loko

Le reportage à Notre-Dame-de-l'Osier

"Nous sommes une petite commune de 500 habitants avec pas forcément de commerce et avec quand même une demande de la part des habitants d'avoir une boulangerie, un multi-services... Choses qui ne sont pas forcément réalisables. On avait aussi beaucoup de patrimoine bâti ancien, dont on souhaitait notamment faire des logements sociaux". Seulement voilà : rentabilité incertaine pour le commerce et coût de rénovation pour les logements avaient jusque-là empêché l'élu d'atteindre ses ambitions. Jusqu'à Tero Loko donc.

L'association a été créée il y a deux ans par deux jeunes femmes qui travaillaient dans un lieu d'accueil pour demandeur d'asile, dont Adeline Rony qui explique : "On faisait toutes les deux le constat qu'il y avait vraiment des lacunes pour l'insertion des personnes réfugiées une fois qu'elles avaient obtenu le statut de réfugiés et que l'utilisation de l'agriculture et de la terre c'est aussi un super support pour l'insertion". Et c'est à Notre-Dame-de-l'Osier qu'elles ont trouvé une oreille attentive.

Accueil, formation, nourriture bio et circuits courts

D'ici deux ans, dix logements (du T1 au T4) vont être réalisés par le bailleur Pluralis, au sein de l'ancien foyer municipal. Les salariés en insertion et leurs familles, embauchés pour 7 mois à des activités et formations en maraîchage et en boulangerie, y logeront. La commune avait des terrains loués à un maraîcher bio : il devient formateur au sein de l'association et l'activité boulangerie se fera autour du four communal. Du bio, des circuits courts, de l'accueil, de l'insertion mais aussi du participatif : les habitants, c'est la volonté de Tero Loko, sont activement invités à la co-construction du projet et certains mettent déjà la main à la pâte du maraîchage. 

Un tiers de publics locaux et deux tiers de réfugiés

Ce projet, néanmoins, ne va pas de soi pour tout le monde dans la commune. Le maire Alex Brichet-Brillet se souvient d'une première réunion publique en octobre où "ça a été tendu, voire même violent par moment". Les débats ont aussi été nombreux au sein du conseil municipal. Le pari pour l'avenir est celui que le service rendu, que des enfants à l'école et qu'une meilleure connaissance des personnes qui vont arriver, effacent ou au moins estompent les réticences. Pour ça le projet a aussi pris soin de ne pas créer un "ghetto" de réfugiés. 

"C'est avant tout un projet d'insertion, explique Adeline Rony, avec des réfugiés, mais aussi un tiers de publics locaux". "Des réfugiés qui ne débarquent pas de Calais" ajoute Alex Brichet-Billet. "Ceux que nous allons accueillir sont en situation régulière, ont un statut de 'réfugié' et sont volontaire pour venir. Ce sont des gens qui ont envie de faire leur vie ici". Il faut avoir envie, c'est vrai, de venir vivre à Notre-Dame-de-l'Osier. "Ce sont des gens qui aspirent au calme ou qui sont originaires d'un milieu rural". Le projet de Notre-Dame-de-l'Osier est de leur mettre le pied à l'étrier dans leur nouvelle vie.  Avant "des besoins", ce sont peut-être des envies qui se rencontrent dans le projet Tero Loko.