Société

"Pronostic vital engagé" pour les ambulanciers de Bourgogne

Par Faustine Mauerhan, France Bleu Bourgogne mercredi 16 septembre 2015 à 19:41

Une quarantaine d'ambulances se sont garés devant l'ARS de Bourgogne
Une quarantaine d'ambulances se sont garés devant l'ARS de Bourgogne © Radio France - Faustine Mauerhan

Crise oblige, les ambulanciers de toute la France et de Bourgogne sont au bord de l’asphyxie. L’organisation des gardes de nuit, les remboursements des déplacements ne leur permettent plus de vivre correctement. Près de 40 ambulances manifestaient ce mercredi devant l'ARS de Bourgogne à Dijon.

Ce n’est pas de l’état de santé des patients qu’ils transportent tous les jours vers les hôpitaux dont on parle maintenant, mais bien de celui des hommes et des femmes qui prennent soin d’eux pendant ces déplacements, souvent dans l’urgence. Car les ambulanciers privés, sous contrat avec l’Etat, ne s’en sortent plus. En cause : le prix de leurs interventions, pas assez remboursés seulement 94 euros en moyenne. Mais avec l’essence, le crédit du véhicule à 80.000 euros et les salaires à payer, ce n’est plus suffisant pour vivre affirme François Bonnet, président de la chambre régionale des services d’ambulance de Bourgogne Franche Comté. "On n’a plus de marge avec ça. La plupart des entreprises n’arrivent plus à assurer leurs obligations de gardes ce qui met en danger toute la chaîne de soin." Selon lui, il y aurait déjà un millier de dépôts de bilan en France depuis ces deux dernières années.

L’ARS de Bourgogne fait le même constat

"Oui le fonctionnement actuel n’est pas satisfaisant, reconnaît Christophe Lannelongue, le directeur de l’Agence régionale de santé de Bourgogne. Il n’est satisfaisant ni pour eux, ni pour nous, car en sortant des plannings de gardes, les ambulanciers créent des carences."  Comprenez qu’il n’y a pas assez d’ambulances privées mobilisables pour les urgences. Cela oblige les autorités à mobiliser les ambulances des pompiers et cela coûte plus cher. "Il faut que nous expérimentions un dispositif mieux organisé. Nous n’avons pas pu le faire cette année, avoue le directeur, mais la fusion des régions sera l’occasion de le faire."