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Protection de l'enfance : des agents dénoncent le manque de personnel qualifié dans le Cher

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Par , France Bleu Berry

La CGT dénonce notamment le manque de personnel qualifié et formé au sein du Centre départemental de l'Enfance et de la Famille. Le Conseil départemental du Cher répond que la protection de l'enfance a toujours été une priorité.

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- - DR

Des vitres brisées, des volets cassés, des trous dans les murs : le week-end du 1er août, plusieurs jeunes de l'antenne du Centre départemental de l'Enfance et de la Famille à Asnières-lès-Bourges ont dégradé les locaux. Ils ont ensuite décidé de dormir à l'extérieur du foyer en installant un camp de fortune (voir photos). Un épisode qui a fait réagir la CGT du Cher. Le syndicat y voit l'expression du mal-être de ces jeunes en situation difficile. Et la preuve d'un manque de personnel en nombre suffisant. Pour la CGT, il n'y a pas assez d'agents qualifiés et formés. "Les enfants ont pris le pouvoir. On ne leur répond pas sur leur prise en charge, leur famille, leur scolarité... Il ne faut pas s'étonner qu'il y ait des débordements", estime Christian Georges, secrétaire général de la CGT au Conseil départemental du Cher.

Le week-end du 1er août, un camp de fortune a été installé à l'extérieur du foyer par des jeunes du CDEF
Le week-end du 1er août, un camp de fortune a été installé à l'extérieur du foyer par des jeunes du CDEF - DR

"Depuis des mois, nous alertons en vain le président du Conseil départemental quant à la situation des personnels du CDEF et la situation alarmante pour les enfants", ajoute Christian Georges, qui a été contacté par le cabinet du président. "On nous a dit que le président souhaite mettre en place une série de réunions pour la réorganisation du CDEF. Plusieurs sujets seront abordés : l'accueil dans la structure pour que les enfants se sentent bien et en sécurité ; la formation des agents pour que le personnel travaille dans les meilleures conditions possibles et que les enfants puissent se reconstruire grâce à une politique éducative adaptée", précise Christian Georges.

Pas assez de personnels qualifiés et formés ; c'est faux répond le département

France Bleu Berry a recueilli plusieurs témoignages d'agents qui travaillent au sein du Centre départemental de l'Enfance et de la Famille. Ils préfèrent conserver leur anonymat. "On a de gros soucis de personnel. Sur les deux dernières années, on a connu trois directions différentes. On n'a plus que deux cadres pour gérer les équipes éducatives sur tout le département du Cher", souligne Loïc*. Il dénonce une situation qui se dégrade depuis plusieurs années. "Cette institution ne remplit pas son rôle actuellement. La prise en charge des enfants, les missions de protection de l'enfance, on n'arrive plus à les faire parce que les agents sont éreintés", ajoute-t-il.

On met des pansements sur des blessures de guerre

L'une des problématiques avancées par plusieurs agents, c'est le manque de qualification et de formation pour faire face aux difficultés des jeunes placés au CDEF. "On a des enfants de plus en plus cabossés, esquintés par leur parcours de vie. On a des enfants qui ne relèvent plus de l'éducatif mais du soin", estime Antoine*. "Gérer des problèmes qui relèvent du médical, on n'est pas formé pour ça. Mais ces enfants, on vit avec au quotidien, on est obligé de s'en occuper. On ne nous donne pas les moyens d'exercer notre mission de service public et de protection de l'enfance", poursuit Loïc.

Des arguments qui sont démentis par le Conseil départemental du Cher. "Aujourd'hui, toutes les personnes recrutées aujourd'hui sont des personnes diplômées. Elles commencent souvent à travailler l'été au CDEF. Elles postulent ensuite pour être titularisées dans les deux ans qui suivent leur contrat. On est à même de juger leur professionnalisme sur ce temps-là", assure Sophie Bertrand, vice-présidente du département en charge de l'enfance. "Il y a tous les ans un budget pour la formation des agents ; il y a régulièrement des formations proposées aux agents. Il y a suffisamment d'éducateurs", ajoute-t-elle.

Un turn-over trop important des agents

Selon les témoignages recueillis par France Bleu Berry, il y a régulièrement des démissions ou des départs d'éducateurs. Cela a tendance à fragiliser les jeunes placés au Centre départemental de l'Enfance et de la Famille. "Un enfant va se confier à un éducateur un jour, mais le lendemain c'est quelqu'un d'autre. Ça n'est pas possible. Comment voulez-vous construire quelque chose ? C'est comme si on avait une nouvelle maman tous les jours. La finalité, c'est que ça impacte les enfants", déplore Loïc.

Plusieurs éducateurs expliquent également que le projet éducatif n'est pas assez développé. "Je ne vois rien de très concret. Malheureusement, pour beaucoup d'enfants, on constate une dégradation. Il n'y a pas d'évolution positive", ajoute Tony*. "On va droit dans le mur. Dans tout ce qu'on nous présente, on ne voit pas ressortir le projet éducatif. Cela devrait pourtant permettre aux enfants qui arrivent dans la structure de se reconstruire et de repartir dans une vie normale. C'est le but de cette institution. Aujourd'hui, on a plus l'impression que c'est un centre de gardiennage", estime Christian Georges, secrétaire de la CGT Services publics.

Sophie Bertrand, vice-présidente du Conseil départemental du Cher, assure au contraire que tout est fait pour le suivi scolaire des jeunes. "Je peux vous garantir que le Conseil départemental du Cher est très investi sur la protection de l'enfance. On fait partie des 30 départements retenus à travers la feuille de route de protection de l'enfance pour obtenir des budgets pour de nouveaux projets. C'est parce qu'on a été très présent", répond Sophie Bertrand sur France Bleu Berry. "Pendant le confinement, les enfants ont été très bien contenus, des activités ont été proposées. On a des équipes spécialisées qui ont su maîtriser la situation exactement comme il le fallait", conclut la vice-présidente du département en charge de l'enfance.

* Les prénoms ont été modifiés

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